Renault : nomination imminente de Luca de Meo

 |   |  572  mots
(Crédits : Albert Gea)
Le conseil d'administration du constructeur automobile français aurait tranché et choisi l'actuel patron de Seat. Luca de Meo succéderait à Thierry Bolloré, et mettrait ainsi fin à plus d'un an de grave crise managériale...

La rumeur courait depuis un mois... Luca de Meo était le favori pour prendre la tête du constructeur automobile français, avaient alors annoncé nos confrères du Figaro. Ce mardi, c'est l'AFP qui confirme que le conseil d'administration de Renault aurait validé le choix du patron de Seat pour succéder à Thierry Bolloré, brutalement remercié le 11 octobre dernier.

"Luca de Meo est le candidat préféré du conseil d'administration", a confié mardi à l'AFP une source proche du dossier, sous couvert d'anonymat, à l'issue d'une réunion rassemblant les administrateurs du groupe.

"Ce sera Luca de Meo", a confié à l'AFP une deuxième source proche du dossier, une information confirmée par une troisième personne au fait de la procédure.

L'agence de presse ajoute que les représentants de l'Etat au conseil d'administration ont également approuvé le choix de l'italien. Patrick Koller, patron de Faurecia, serait donc exclu du processus de recrutement alors qu'il figurait parmi les favoris. La candidature de Clotilde Delbos, directrice financière de Renault qui a pris la direction générale par intérim suite au départ de M. Bolloré, n'a pas non plus été retenue.

Un bon bilan chez Seat

Luca de Meo jouit d'un bilan positif à la tête de Seat qu'il dirige depuis 2015. Passé par Fiat et Lancia, il évolue depuis 2009 dans l'univers Volkswagen où il a été successivement directeur marketing, avant de prendre la direction des ventes et du marketing d'Audi. Il incarne le redressement spectaculaire de Seat à travers une stratégie de repositionnement de marque.

Lire aussi : Luca di Meo, le patron qu'il faut pour Renault ?

Pour de nombreuses voix, Luca de Meo est le plus à même à répondre aux problématiques de Renault confronté une faiblesse produit notamment sur les segments supérieurs, soit les plus profitables. Son charisme reconnu aurait également pesé sur la balance dans un groupe en proie à une grave crise de leadership.

Ce polyglotte de 52 ans doit toutefois lever la question de la clause de non concurrence qui le lie au groupe Volkswagen. Jean-Dominique Senard, le président de Renault, espère toujours officialiser la nomination de Luca de Meo avant la fin de l'année.

Une année catastrophique pour Renault et l'Alliance...

Cette nomination mettrait un terme à plus d'un an de crise managériale issue de l'arrestation spectaculaire de Carlos Ghosn en novembre 2018 au Japon. Cette crise avait conduit à une vacance à la tête de Renault, mais également à la tête de l'Alliance avec Nissan. En un an, c'est une véritable hécatombe qui a ébranlé les patrons de l'Alliance. Chez Nissan, les anciens proches de Carlos Ghosn ont été poussés à la sortie, tandis que chez Renault, c'est désormais les proches de Thierry Bolloré qui ne sont plus les bienvenus. La chute de Hiroto Saikawa, patron de Nissan puis de Thierry Bolloré, ont achevé cette année catastrophique d'un point de vue managérial, non sans conséquences sur les opérations.

A ce propos, Renault vient d'annoncer des résultats commerciaux très décevants et des perspectives pas plus réjouissantes avec un avertissement sur résultats. C'est dans ce contexte complexe que Luca de Meo est attendu. Seule consolation, l'Etat français, d'ordinaire très intrusif dans les affaires du constructeur, semble s'en être remis au Président Jean-Dominique Senard.

Lire aussi : Qui est Luca de Meo, le patron qui voit Seat en grand

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/12/2019 à 9:53 :
Seat, des carrosseries pour chassis, moteurs Volkswagen,
Quand vous achetez une Seat, vous achetez en fait une Volkswagen.
Volkswagen, pas d'Ethique, une morale douteuse,
un management completement compromis, voir le scandale du Dieselgate.
Luca de Meo, ne sait pas construire une voiture, un mercenaire..
A-t-on besoin de lui ?
N'y a-t-il pas en France un ingenieur/ manageur competent ?
a écrit le 11/12/2019 à 11:20 :
Un CV se lit en fonction des compétences attendues pour le poste à pourvoir.
On manque d'informations sur les compétences demandées à celui qui sera l'adjoint du Président. Comment vont-ils s'organiser ? Qui sera en responsabilité des relations avec Nissan et Mitsubishi ?
Je reste interrogatif sur ce candidat car ce ne sont pas ses références chez SEAT qui peuvent nous faire croire qu'il est capable de diriger Renault : un groupe mondial ne se pilote pas comme une filiale "moyenne" intégrée dans un groupe mondial.
Wait and see... mais il y a urgence à remettre en place une direction stable chez Renault et dans l'Alliance
a écrit le 11/12/2019 à 10:32 :
L'Etat français très en retrait : la voiture du peuple européenne est en train de naître, sans Carlos et sans Nissan. C'est le retour de la raison pure.
a écrit le 11/12/2019 à 9:29 :
Nul doute que son débauchage de chez le groupe WV a dû coûter une petite fortune, car HT potentiel pour ce groupe.
Carrière réussie sur plusieurs postes jusqu'à ce jour ds l'automobile chez le major mondial, sachant la complexité de ce secteur encore accrue avec la montée en puissance de l'électrique, cpte tenu du durcissement extrême des normes antipollution.
Réponse de le 11/12/2019 à 10:09 :
Vous confondez les dirigeants d'entreprises avec les footballeurs. Il n'y a pas de prime de transfert entre les entreprises alors le recrutement qui coûte une petite fortune?
Réponse de le 11/12/2019 à 13:34 :
@ Kereo : Dans le monde merveilleux des affaires, cela s'appelle un "golden hello" ou un "golden shake-hand" et c'est le "joueur" qui l'encaisse. Il est pas beau le monde des affaires !
a écrit le 11/12/2019 à 9:01 :
Seat vehicule bas gamme 12000 salariés..150000 véhicules vendus par an....filiale à 100 pour 100 de wv
La catastrophe se poursuit pour Renault..
Comment ce mr luca di meo peut diriger un groupe de 150000 salariés 3.5 millions de vehicules mondial !!!!!
Réponse de le 11/12/2019 à 9:26 :
Les autres ne sont pas disponibles, Renault ce n'est plus très vendeur avec Bercy qui gère l'entreprise.
Réponse de le 11/12/2019 à 10:32 :
Ne sous estimez pas cet Italien sous prétexte qu'il n'a jamais été à la tête d'un groupe mondiale. Il a fait un sans faute dans toute les responsabilités auquel il a été chargé donc, c'est peut-être l'homme de la situation et peut être le digne héritier de Carlos Gohsn. On le voit bien avec le Canadien qui a repris avec succès AirFrance-KLM .De toute manière, les grands capitaines industries ont souvent commencé par des groupes plus modestes avant de prendre la main de géant. Donc laissons faire les choses .
Réponse de le 11/12/2019 à 17:53 :
Il peut etre bien meilleur que Ghosn qui :
- a tué le style twingo 1 et donc la twingo 2 et 3
- a conservé le nom laguna pour la 3 eme , pour enfin se rendre compte qu'il valait mieux changer pour la 4 eme
- qui évoquait l'imbecilité de l'hybride sur les voitures ( quelle clairevoyance !! )

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :