Immobilier: « À chaque fois que l'État a sauvé la construction de logements, cela s'est traduit par une hausse des prix » (Xavier Lépine)
César Armand et Éric Benhamou
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Xavier Lépine
C.A.
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Xavier Lépine
C.A.
LA TRIBUNE- Vous étiez le conseiller logement du candidat Macron lors de la dernière élection présidentielle. Que vous inspire la double nomination de Sabrina Agresti-Roubache et de Patrice Vergriete aux ministères de la Ville et du Logement en remplacement d'Olivier Klein ?
XAVIER LÉPINE- Séparer la politique de la ville de celle du logement, c'est reconnaitre les difficultés et les enjeux de l'urbanisation et de la civilisation des urbains qui en résulte. Les évènements récents nous ont dramatiquement rappelé que dans de trop nombreuses villes, la problématique du vivre-ensemble est vitale. Restaurer l'autorité de l'État dans les zones de non-droit passera nécessairement par la concrétisation de promesses d'insertion dans une société porteuse d'avenir pour des personnes trop souvent exclues. Sabrina Agresti-Roubache, et singulièrement son rattachement au ministre de l'Intérieur, est une évidence pour ce poste. La politique du logement en 2023, c'est avoir une vision, non-partisane - trop souvent logement social contre privé -, de refaire du logement un facteur de réduction des inégalités sociales - entre propriétaire et locataire -, territoriales - zones tendues versus non-tendues - et générationnelles.
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Cette vision a été une réalité pour des générations entières de l'après-guerre aux années 1980. Malheureusement, elle ne l'est plus depuis des décennies et au-delà des solutions techniques qui sont trop souvent des pis-aller, elle nécessite de repenser profondément nos modèles économiques, juridiques et sociétaux qui ont vécu. A l'heure des injonctions plus contradictoires que jamais - le logement est inabordable pour une partie croissante de la population, les coûts d'adaptation aux dérèglements climatiques sont monstrueux, reconstruire la ville sur la ville - Patrice Vergriete, par la hauteur de vue qu'il amènera, est « l'homme » de la situation. Je n'ai qu'un seul grand regret, que son ministère ne soit que celui du logement et non pas celui de l'immobilier. A l'heure où l'avenir du bureau est questionné, où de très nombreux Français travaillent partiellement de chez eux, où l'immobilier de l'Etat est une partie intégrante de la solution, de mon point de vue, il me semble évident que les barrières des usages sont floutées et qu'une approche plus holistique de l'immobilier (résidentiel et tertiaire) serait plus efficace.
César Armand et Éric Benhamou