LA TRIBUNE- Sur vos 34,8 milliards d'euros d'actifs sous gestion, 33% sont déjà des immeubles de santé et d'éducation. Pourquoi avez-vous décidé d'acquérir une quote-part de la participation d'Icade dans Icade Santé pour un montant de 1,1 milliard d'euros fin juillet (et 2,6 milliards à horizon 2025)?
LAURENT FLECHET- La santé n'est en effet pas un secteur que nous découvrons, étant positionnés sur cette classe d'actif depuis dix ans. Connaissant bien ce secteur et parlant régulièrement aux acteurs, nous sommes convaincus qu'il y a un vrai manque d'infrastructures sociales en Europe. C'est la raison pour laquelle nous voulons encore nous renforcer sur ce secteur. C'est en outre une classe d'actifs qui est très peu volatile avec des baux longs. Elle offre de la visibilité sur ses flux de revenus locatifs pour les investisseurs, qu'ils soient personnes physiques et institutionnelles. Nous gérons aujourd'hui 11 milliards d'encours en immobilier de santé. Après le closing de l'opération avec Icade, nous gèrerons 18 milliards d'euros d'actifs en immobilier de santé, devenant ainsi le leader incontestable des infrastructures socialement utiles en Europe. Nous reprendrons la gestion de ce portefeuille d'une extrême qualité composé à 83% d'établissements de court séjour, principalement des cliniques privées, portefeuille qu'il aurait été difficile de reconstituer aujourd'hui. L'immobilier de santé va ainsi devenir notre première classe d'actifs sur les 42-43 milliards d'euros que nous gérerons à l'issue de l'opération. Il représentera environ 42% de notre allocation globale avec un portefeuille équilibré au sein de la classe d'actifs santé entre les établissements de court, moyen et long séjour.
Post-closing, les classes d'actifs immobilières alternatives (santé, résidentiel, commerce et hôtellerie) représenteront 60% de nos encours et le bureau 40%, soit 17 milliards d'euros sous gestion. Concernant notre portefeuille de bureau, 90 % des actifs sont localisés au cœur du Grand Paris, à proximité immédiate des services et des transports. Certes, la crise économique et la remontée des taux d'intérêt impactent l'immobilier de bureaux avec des financements plus chers, mais nous assistons à une transformation plus globale de notre rapport au travail. Il y a le travail de production que l'on peut faire seul chez soi en télétravail mais le travail au bureau reste un élément important. Il permet de maintenir l'esprit d'équipe, de renforcer la culture d'entreprise, de co-produire avec ses collègues. C'est un vecteur fort de sociabilisation. On estime que plus des deux tiers du travail doit encore se faire au bureau.