Alors que Berlin a dit adieu à ses trois dernières centrales nucléaires en activité au printemps dernier, l'histoire allemande de l'atome civil n'est pas complètement finie, loin de là. En effet, si le gouvernement fédéral a décidé de mettre fin à l'exploitation de la fission nucléaire, le pays germanique met le paquet sur la fusion nucléaire.
Mardi, la ministre de la Recherche Bettina Stark-Watzinger a annoncé vouloir investir plus d'un milliard d'euros dans cette technologie au cours des cinq prochaines années. Au sein de cette enveloppe, un nouveau programme de soutien d'un montant de 370 millions d'euros vient d'être débloqué pour soutenir trois centres de recherche. L'objectif est de créer un « écosystème de la fusion avec l'industrie » pour qu'une centrale à fusion puisse voir le jour en Allemagne dès que possible, a-t-elle expliqué dans un entretien accordée à l'agence de presse allemande DPA.
Contrairement à la fission nucléaire, sur laquelle repose toutes les centrales nucléaires en fonctionnement dans le monde, la fusion nucléaire ne consiste pas à casser des noyaux lourds d'uranium pour libérer de l'énergie, mais à faire fusionner deux noyaux d'hydrogène extrêmement légers pour créer un élément plus lourd. Dans le détail, le mariage forcé du deutérium et du tritium permet de produire de l'hélium et un neutron. Cette réaction doit alors permettre de générer des quantités massives d'énergie sous forme de chaleur, qui peut ensuite être transformée en électricité grâce à une turbine.