Solar Impulse affronte enfin la traversée du Pacifique

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Solar Impulse 2 avait dû interrompre son vol entre Nankin (est de la Chine) et Hawaï à cause du mauvais temps et s'était posé au Japon dans la nuit du 1er au 2 juin, où il a attendu des conditions météorologiques plus favorables.
Solar Impulse 2 avait dû interrompre son vol entre Nankin (est de la Chine) et Hawaï à cause du mauvais temps et s'était posé au Japon dans la nuit du 1er au 2 juin, où il a attendu des conditions météorologiques plus favorables. (Crédits : Thomson Reuters)
L'avion alimenté par énergie solaire, qui a entrepris un tour du monde sans une goutte de carburant, a finalement quitté le Japon. L'équipe espère qu'il atteindra dans cinq jours Hawaï.

Après un long temps d'attente imposé par la météo, le moment de s'attaquer à l'étape la plus périlleuse de son voyage est finalement venu. Solar Impulse 2, le premier avion à avoir entrepris un tour du monde alimenté par la seule énergie solaire, a décollé dans la nuit de dimanche 28 à lundi 29 du Japon où il patientait depuis près d'un mois, profitant d'une fenêtre météo favorable pour tenter de rejoindre Hawaï.

L'avion, piloté par André Borschberg, s'est envolé pour un trajet de 5 jours et 5 nuits de Nagoya (centre) vers 03:04 locales (20h heure française), a déclaré à l'AFP une porte-parole de la mission, Elke Neumann.

La difficulté de prévoir la météo

Solar Impulse 2 avait dû interrompre son vol entre Nankin (est de la Chine) et Hawaï à cause du mauvais temps et s'était posé au Japon dans la nuit du 1er au 2 juin. Il avait depuis espéré partir à plusieurs reprises, mais la saison des pluies et un épais front nuagueux l'en ont empêché jusqu'à ce dimanche.

La décision du départ a été très complexe à prendre, compte tenu de nombreux paramètres techniques. "Il est extrêmement compliqué de prévoir la météo à un horizon de 5 jours", a souligné à plusieurs reprises l'équipe, prenant son mal en patience.

Des temps restreints

Toutefois, l'avion, piloté en alternance par André Borschberg et Bertrand Piccard, n'avait qu'une période de temps limitée, jusqu'au 5 août, pour pouvoir se lancer dans la traversée d'une traite de 7.900 km entre Nagoya et Hawaï, en raison des conditions dans lesquelles l'appareil doit voler. Fragile, il ne supporte en effet ni les trop grosses chaleurs, ni la pluie, ni les perturbations.

La plus grosse difficulté était de trouver un "couloir" pour traverser un front nuageux très dense qui va grosso modo de Taïwan à l'Alaska. "La seule façon d'y parvenir avec notre avion est de localiser un endroit où ce front est beaucoup moins épais", avait expliqué la semaine dernière André Borschberg à l'AFP.

Voyage dans l'inconnu

"C'est le moment de vérité pour le projet. c'est le moment de vérité pour notre équipe", avait ajouté le pilote.

 "Cet avion est comme un bijou. Il vole vraiment bien. Il se comporte très bien. Nous ne voulons pas le perdre avec une décision stupide. Il nous faut un bon scénario sur cinq ou six jours et autant de nuits. Nous savions que ce serait difficile", avait-il néanmoins souligné.

"André va s'aventurer dans l'inconnu: ce vol sera exigeant et stimulant notamment compte tenu de sa durée: près de 120 heures avec l'énergie solaire uniquement. C'est un exploit jamais réalisé auparavant dans le monde de l'aviation", avaient souligné les organisateurs dans l'attente du décollage.

Du yoga et de la méditation

Le pilote s'est minutieusement préparé à cette épreuve d'endurance, de même que son alter ego Bertrand Piccard, chacun ayant développé sa méthode.

"Le but est de se sentir à l'aise pour être capable d'accepter mentalement, et même d'apprécier, d'être dans ce cockpit durant une période aussi longue", a confié André Borschberg. "Nous dormons par périodes de 20 minutes, et comme cela ne suffit pas, j'utilise des techniques de yoga et de méditation, et mon partenaire d'autohypnose, pour nous détendre", a-t-il raconté,.

Solar Impulse 2, dont les ailes sont couvertes de cellules photovoltaïques, avait déjà été bloqué précédemment plus d'un mois en Chine par de mauvaises conditions climatiques. L'avion est parti le 9 mars d'Abou Dhabi pour un tour du monde de 35.000 kilomètres destiné à promouvoir l'usage des énergies renouvelables, en particulier l'énergie solaire.

(Avec AFP)

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