En plein débat sur la taxation des « superprofits » liés à la guerre en Ukraine, TotalEnergies affiche des résultats exceptionnels. Porté par l'envolée mondiale des cours du pétrole et du gaz, son résultat net ajusté s'élève à 9,8 milliards de dollars, soit plus de 18 milliards sur le semestre, a communiqué l'entreprise ce jeudi. « C'est presque un record », relève Ahmed Ben Salem, analyste oil and gas chez Oddo BHF. De fait, la crise actuelle lui permet d'engranger des recettes mirobolantes, et d'exploser ses bénéfices.
La major a néanmoins souscrit dans ses comptes du deuxième trimestre une nouvelle provision de 3,5 milliards de dollars, liée à l'impact potentiel des sanctions internationales sur la valeur de sa participation dans le groupe russe Novatek (dont le groupe tricolore détient 19,4% des parts). Mais même en prenant en compte cet élément exceptionnel, le résultat net de l'entreprise atteint toujours 5,7 milliards de dollars, soit plus qu'un doublement par rapport au second trimestre de 2021.
De quoi donner raison à Patrick Pouyanné, qui assurait fin mars que l'exposition du groupe à la Russie était finalement « très gérable ». De fait, aux quatre coins du globe, l'entreprise continue sur sa lancée après ses profits records de 16 milliards de dollars sur l'année 2021 (soit les plus élevés depuis au moins quinze ans). Bref, loin de voir sa situation financière se fragiliser, le géant français des hydrocarbures gagne toujours beaucoup d'argent.