TotalEnergies : bénéfice record de 5,7 milliards sur le trimestre grâce à la flambée des hydrocarbures

La major française a plus que doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, profitant à plein de la hausse des cours des hydrocarbures faisant suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a annoncé le groupe ce jeudi. Celui-ci s’élève à 5,7 milliards, malgré une nouvelle provision liée à l'impact potentiel des sanctions sur la valeur de sa participation dans le groupe russe Novatek.
TotalEnergies, qui gagne toujours beaucoup d'argent, a annoncé une remise à la pompe dans toutes ses stations-service jusqu'à la fin de l'année.
TotalEnergies, qui gagne toujours beaucoup d'argent, a annoncé une remise à la pompe dans toutes ses stations-service jusqu'à la fin de l'année. (Crédits : BENOIT TESSIER)

En plein débat sur la taxation des « superprofits » liés à la guerre en Ukraine, TotalEnergies affiche des résultats exceptionnels. Porté par l'envolée mondiale des cours du pétrole et du gaz, son résultat net ajusté s'élève à 9,8 milliards de dollars, soit plus de 18 milliards sur le semestre, a communiqué l'entreprise ce jeudi. « C'est presque un record », relève Ahmed Ben Salem, analyste oil and gas chez Oddo BHF. De fait, la crise actuelle lui permet d'engranger des recettes mirobolantes, et d'exploser ses bénéfices.

« Les effets de l'invasion de l'Ukraine par la Russie sur les marchés énergétiques se sont poursuivis au deuxième trimestre, les prix du pétrole dépassant les 110 dollars le baril en moyenne sur le trimestre », a commenté le PDG Patrick Pouyanné, cité dans un communiqué.

La major a néanmoins souscrit dans ses comptes du deuxième trimestre une nouvelle provision de 3,5 milliards de dollars, liée à l'impact potentiel des sanctions internationales sur la valeur de sa participation dans le groupe russe Novatek (dont le groupe tricolore détient 19,4% des parts). Mais même en prenant en compte cet élément exceptionnel, le résultat net de l'entreprise atteint toujours 5,7 milliards de dollars, soit plus qu'un doublement par rapport au second trimestre de 2021.

De quoi donner raison à Patrick Pouyanné, qui assurait fin mars que l'exposition du groupe à la Russie était finalement « très gérable ». De fait, aux quatre coins du globe, l'entreprise continue sur sa lancée après ses profits records de 16 milliards de dollars sur l'année 2021 (soit les plus élevés depuis au moins quinze ans). Bref, loin de voir sa situation financière se fragiliser, le géant français des hydrocarbures gagne toujours beaucoup d'argent.

Pas supérieur aux attentes du marché

Cette santé plus que solide lui permet de relever son objectif de rachats d'actions, et de maintenir la hausse des dividendes que la direction avait promise aux actionnaires. « Le groupe avait planifié 4 milliards de rachats d'actions cette année. Mais la réalité a dépassé les attentes avec la flambée des prix des combustibles fossiles », note Ahmed Ben Salem. Résultat : TotalEnergies « a déjà racheté 3 milliards sur le premier semestre de l'année », et annoncé 2 milliards supplémentaires sur le prochain trimestre. « Si cela continue jusqu'à la fin de l'année, on sera plutôt autour de 7 milliards ! », estime l'analyste.

L'annonce n'a cependant pas été suivie par une envolée du titre, puisque celui-ci à chuté de 2,83% à l'ouverture de la bourse, ce jeudi. « Il y a une forme de déception par rapport au fait que les résultats soient parfaitement en ligne avec les attentes du marché, et pas supérieurs, contrairement au premier trimestre », souligne Ahmed Ben Salem. En effet, sur les trois premiers mois de l'année, le groupe avait dégagé un bénéfice net de 4,9 milliards de dollars, soit 12% de plus que les prévisions des analystes.

Lire aussiLes bons résultats de TotalEnergies lui permettent de préparer sa sortie de Russie

Pas de taxe sur les profits

En France, ces bénéfices monstres alimentent la défiance. Des amendements sur la taxation exceptionnelle des superprofits des entreprises ont ainsi été portés à l'Assemblée nationale, majoritairement par la Nupes et le RN. Mais les textes ont finalement été rejetés de peu par les députés, le samedi 23 juillet. Concrètement, ceux-ci stipulaient la mise en place d'une « taxe exceptionnelle de 25% » sur les superprofits des sociétés pétrolières et gazières, de transport maritime ou encore des concessionnaires d'autoroute, dans le contexte de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.

Sous pression, TotalEnergies a tenté de prendre les devants, et annoncé il y a quelques jours qu'il appliquera une remise à la pompe de 20 centimes par litre entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, puis à 10 centimes par litre sur le reste de l'année. Une ristourne qui ne s'apparente donc pas à une taxe, l'option restant pour l'heure écartée par le gouvernement.

Lire aussiLa taxe sur les superprofits, véritable épée de Damoclès pour les entreprises

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Commentaires 13
à écrit le 29/07/2022 à 12:06
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Et donc,Total energies va faire un don de 5 milliards à EDF pour combler ses pertes,ce qui lui permettra d'engranger quand même 700 millions.Merci TOTAL.

à écrit le 29/07/2022 à 11:31
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Les bénéfices de Total Energie font débat alors que ceux de Stellantis sont formidables...deux poids deux mesures.

à écrit le 28/07/2022 à 18:49
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Si l'on avait des fonds de pension en France une partie de cet argent irait dans la poche des Français à travers les dividendes, mais les comiques des Nupettes show et leurs aussi risibles confrères du RN n'en veulent pas. Ils préfèrent laisser le bl...

à écrit le 28/07/2022 à 14:31
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J'imagine que la taxation des superprofits a pour but de compenser la superperte de la baisse de la taxation sur la consommation de produits pétroliers. Etrange que cette pseudo moralité ne s'applique pas à d'autres secteurs comme le Luxe, par exempl...

à écrit le 28/07/2022 à 14:16
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Total Energies qui vient de réussir à faire voter une Loi. En effet Édouard LECLERC, ne peut plus faire de publiciser pour les carburants à prix coutants dans les magasins, pour protéger le pouvoir d'achat des français, sous peine d'amende. Tout ça p...

à écrit le 28/07/2022 à 14:14
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TotalEnergies se passerait bien d'une telle publicité, McKron aussi d'ailleurs! Va t'on leur demander de rendre l'argent au risque de devoir pousser les autres a le faire? Va t'on devoir appeler JL Mélenchon au poste de premier ministre?:-)

le 28/07/2022 à 15:16
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Erreur , les supers bénéfices de total énergie vont lui permettre de racheter des pans entiers d'EDF qui sera dépecé après nationalisation . Une fois désendetté et recapitalisé EDF ne conservera que le parc des centrales nucléaires qu'il moderniser...

à écrit le 28/07/2022 à 13:43
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"À toute chose malheur est bon”. “Un mal pour un bien ”. À part ces proverbes ,il est surprenant que la France des oui oui bien-pensant liberticide ne récupèrent pas cette argent pour le donner à Zelensky dans un élan de dévotion généreuse après les...

à écrit le 28/07/2022 à 13:36
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Ça va faire développer encore plus rapidement les énergies renouvelables (photovoltaïque), ça coûte un "fric fou" ces machins (qu'on devrait logiquement retrouver sur les parkings de GS, et de l'ombre dessous, la surface est déjà artificialisée) mais...

à écrit le 28/07/2022 à 12:55
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LFI aurait préféré des pertes

à écrit le 28/07/2022 à 11:53
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Voila qui devrait réjouir tous les Français, mais je crains que les Français n'aiment que les entreprises en super pertes : La SNCF, EDF, ....etc, etc.

le 28/07/2022 à 12:30
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C’est le bénéfice mondial mais combien taxable en France ?

à écrit le 28/07/2022 à 11:51
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d'un cote, un groupe a peu pres gere, qui donc est profitable , ce qui fait saliver la gauche, tout ce bon pognon, et de l'autre, EDF, gere par l'etat stratege et ses tetes de ponts, segolene royale et cecile duflot qui pensaient en bonnes strateges ...

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