Nouvelle-Calédonie : la Société Le Nickel, filiale d'Eramet, n'aura plus de trésorerie en fin d'année

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(Crédits : Reuters)
L'an dernier, l'entreprise, premier employeur privé en Nouvelle-Calédonie, a enregistré son huitième exercice déficitaire d'affilée, avec une perte de 9,6 milliards CFP (80 millions euros). L'accumulation de pertes va conduire à l'épuisement total en fin d'année ou début 2021 d'un prêt de trésorerie de 525 millions d'euros accordé en 2016 par la maison mère Eramet et par l'État. "On est en train de faire un tour de table des actionnaires. Eramet (56%) ne pourra pas remettre d'argent", a averti Dominique Katrawa, président de la SLN.

La Société Le Nickel, filiale d'Eramet et premier employeur privé en Nouvelle-Calédonie, risque d'être en faillite d'ici début 2021, a alerté vendredi sa direction, qui se tourne vers ses actionnaires et réclame d'être autorisé à davantage exporter de minerai.

"Si la situation ne s'éclaircit pas d'ici la fin de l'année, je serai dans l'obligation de mettre en oeuvre les procédures de prévention [pour prévenir les cessations de paiement, Ndlr]", a déclaré à la presse Colin McGibbon, directeur de la SLN.

L'an dernier, l'entreprise a enregistré son huitième exercice déficitaire d'affilée, avec une perte de 9,6 milliards CFP (80 millions euros). L'accumulation de pertes va conduire à l'épuisement total en fin d'année ou début 2021 d'un prêt de trésorerie de 525 millions d'euros accordé en 2016 par la maison mère Eramet et par l'Etat.

"On est en train de faire un tour de table des actionnaires. Eramet (56%) ne pourra pas remettre d'argent", a averti Dominique Katrawa, président de la SLN, lançant un appel aux trois provinces de Nouvelle-Calédonie, qui détiennent 34% du capital.

La SLN avait déjà lancé un plan de sauvetage en 2019

Souffrant de coûts de production élevés, du faible niveau des cours du nickel, de conflits sociaux sur ses sites et plus récemment de la crise du coronavirus, la SLN a mis en oeuvre un plan de sauvetage en 2019.

Celui-ci, articulé autour d'une meilleure productivité, d'une réduction du coût de l'énergie et d'une augmentation des exportations de minerai en parallèle à la production de nickel raffiné, n'a pas apporté les résultats escomptés et l'entreprise souhaite le consolider.

Colin McGibbon a notamment sollicité "un effort" du gestionnaire du système électrique calédonien Enercal pour baisser ses coûts d'électricité. Il souhaite également augmenter de 4 à 6 millions de tonnes annuelles les autorisations d'exportations de minerai vers l'Asie.

Les contraintes du code minier local

L'industriel envisage en outre d'exporter des minerais à faible teneur de son massif de Tiébaghi (nord), classé en "réserve métallurgique" par le code minier local, obligeant à un raffinage sur place.

"C'est une urgence pour nous, on a besoin de ces autorisations dans les prochaines semaines", a mis en garde M.McGibbon, disposé à payer en échange une "redevance" sur ces tonnages.

Faute de consensus politique, ces demandes d'exportation sont en panne. Les indépendantistes, qui dénoncent "un chantage à l'emploi", ont réaffirmé jeudi "leur opposition farouche" à ce qu'ils considèrent comme une "dilapidation du patrimoine calédonien".

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Commentaires
a écrit le 11/07/2020 à 12:14 :
Se n'est pas un opérateurs publique, donc ils n'est pas question que l'état français mettre de l'argent dans cette entreprise.....
Donc , une mehieur gestion , plus de travail , moins de salaires prohibitifs, et les choses devraient rentrer dans l'ordre...

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