Tic-tac, tic-tac, tic-tac... Le dossier de la vente du canadien Velan,
spécialisé dans la robinetterie industrielle et nucléaire,
au groupe américain Flowserve est entré dans la dernière ligne droite. La date limite pour clôturer cette transaction a été fixée au 7 octobre. Elle a déjà été reportée deux fois, les autorisations réglementaires n'ayant pas encore toutes été obtenues. Effectivement, il en manque une seule, celle de la France, où sont installées deux filiales de Velan : Segault qui fabrique notamment des robinetteries pour les chaufferies nucléaires embarquées sur la totalité des SNLE français, et Velan SAS, qui équipe l'ensemble des réacteurs nucléaires tricolores de ses robinetteries.
Si le cas Segault est déjà en grande partie réglé, après le veto en mai du ministre des Armées Sébastien Lecornu - la PME francilienne doit encore finaliser son tour de table avec à la manoeuvre le Fonds France Nucléaire -, le dossier Velan SAS, encore en cours d'instruction par la puissante direction générale du Trésor (DGT) dans le cadre des IEF (investissements étrangers en France), est toujours dans la pile sur le bureau du ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Des réunions sont d'ailleurs prévues pour trancher ce dossier, qui oscille comme d'habitude entre attractivité de la France, dont les partisans sont puissants à Bercy, et souveraineté de la base industrielle française, qui est poussée dans ce dossier par EDF. C'est le grand paradoxe de ce ministère déchiré par des intérêts contradictoires...
« Velan SAS est une entreprise importante, voire critique pour l'industrie nucléaire et pour EDF, souffle-t-on à La Tribune. Ce dossier mérite d'être regardé ». D'autant que, selon nos informations, Flowserve, qui a entendu les inquiétudes françaises, aurait envoyé en juillet des propositions, notamment sur l'avenir de l'usine de Lyon, au gouvernement français. Elles sont loin d'avoir convaincu, y compris au sein même de la DGT - c'est dire - et de la Direction générale des entreprises (DGE). D'où le silence gêné, voire tactique, de l'administration française. Car à quelques jours du closing de l'opération, ne rien faire vaudrait le 7 octobre une réponse négative pour Flowserve, qui ne pourrait pas acquérir les deux filiales françaises de Velan, dont les activités sont bénéficiaires au contraire du groupe canadien. Ce qui pourrait mettre en péril la transaction entre les actionnaires de Velan et Flowserve.