Casino: Carrefour en « négociations exclusives » pour reprendre trente magasins à Intermarché
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Casino a confirmé la cession de 288 magasins ce mercredi (Photo d'illustration).
STEPHANE MAHE
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Casino a confirmé la cession de 288 magasins ce mercredi (Photo d'illustration).
STEPHANE MAHE
[Article publié le mercredi 24 janvier 2024 à 13h58 et mis à jour à 18h27]. Le groupe Casino, en négociations depuis décembre pour céder à ses concurrents Intermarché et Auchan une large part de son parc de super et hypermarchés, a annoncé ce mercredi à l'intersyndicale qu'il prévoit de vendre à ces deux enseignes quelque 288 magasins, selon des sources syndicales, en début d'après-midi. Un comité social et économique central (CSEC) devait en effet se tenir ce mercredi à Saint-Etienne et la liste des magasins repris devrait être présentée à cette occasion.
Carrefour a également annoncé être entré en « négociations exclusives » avec son concurrent Intermarché pour lui reprendre 31 magasins, parmi lesquels 26 aujourd'hui sous enseigne Casino. Les cinq autres magasins « seront rachetés directement à Intermarché », précise Carrefour, selon qui le parc concerné représente 94.000 mètres carré commercial, « soit 0,3% de la surface de vente de la distribution alimentaire en France », et un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 400 millions d'euros en 2022. « Le montant de l'acquisition n'est pas significatif », déclare encore le distributeur.
Les cessions des magasins Casino à Intermarché et Auchan seront effectives « au 2e trimestre 2024, après la consultation des instances représentatives du personnel concernées », en trois vagues successives, a confirmé le groupe Casino, au 30 avril, 31 mai et 1er juillet.
Plus tôt, les organisations syndicales avaient donné la répartition : 98 magasins, plutôt de grande taille, à Auchan, et 190 à Intermarché, lequel devrait ensuite en céder 26 à Carrefour notamment dans les zones où les acquisitions pourraient poser des problèmes de concurrence.
Des listes de magasins concernés par la reprise par tel ou tel acteur avaient été publiées dans la presse ces derniers jours, notamment par LSA et le spécialiste du secteur Olivier Dauvers. Toutefois, Casino ne les avait pas confirmées et s'était refusé à tout commentaire.
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Pour rappel, DCF, ou Distribution Casino France, est l'entité dans laquelle sont regroupés notamment les super et hypermarchés français du groupe. Elle comptait encore 50.000 salariés en France fin 2022. Parmi ceux-ci, plus de 12.000 seraient concernés par un changement d'enseigne, avait indiqué le groupe.
Les repreneurs se sont engagés à « reprendre l'ensemble des contrats de travail des salariés affectés aux magasins et aux stations-services » et à maintenir « les dispositions et avantages résultant du statut collectif Casino pendant une période de 15 mois », ce qui est prévu par la loi. L'intersyndicale Casino s'inquiète néanmoins des « conditions sociales qu'il va y avoir dans les magasins rachetés », arguant qu'un « emploi Casino ne vaut pas un emploi Intermarché ». Auprès de l'AFP mardi, Sylvain Macé, secrétaire national de la CFDT Services, avait appelé les salariés à « négocier des accords de substitution dans les magasins Casino » qui vont changer d'enseigne.
Cette annonce intervient alors que le cours de Bourse du distributeur est suspendu ce même jour « à la demande de la société », selon l'opérateur Euronext, dans l'attente d'une communication sur l'issue des discussions avec les autres distributeurs. Casino est entré en décembre en négociations avec Auchan et Intermarché pour leur céder 313 magasins, à raison d'environ un tiers, plutôt de grande taille, pour Auchan, et deux tiers, de taille plus moyenne, pour Intermarché.
Le groupe Casino regroupe aussi les enseignes Monoprix ou Franprix. Ce distributeur est entré fin octobre en procédure de sauvegarde accélérée. Encore contrôlé pour quelques mois par son PDG et premier actionnaire Jean-Charles Naouri, le groupe en pleine restructuration de sa dette doit aussi changer de mains à horizon mars-avril. Il doit ainsi passer sous le contrôle des milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière, adossés au fonds d'investissement Attestor.
Pour rappel, le trio a obtenu le feu vert de Bercy pour l'opération « au titre du contrôle des investissements étrangers ». Le distributeur en grandes difficultés financières a annoncé dans un communiqué publié le 15 janvier dernier, « que le ministère de l'Économie français a rendu le 11 janvier 2024 sa décision autorisant, au titre du contrôle des investissements étrangers en France, la prise de contrôle du groupe dans le cadre de sa restructuration financière par le consortium » des repreneurs.
« Le véhicule d'acquisition du consortium (France Retail Holdings) sera contrôlé par EP Equity Investment III s.à r.l., société contrôlée » par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, indiquait alors Casino, qui rappelait que plusieurs autorisations devaient encore être accordées avant la réalisation de l'opération, attendue pour mars/avril.
Elle doit encore emporter, notamment, l'approbation de différentes autorités de la concurrence « autres que la Commission européenne », qui a donné son feu vert début janvier sur ces questions ; l'autorisation par l'Autorité luxembourgeoise des assurances du changement de contrôle indirect de Casino RE (filiale de réassurance du Groupe) ; ou encore, l'autorisation de la Commission européenne sur les questions de subventions étrangères.
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Le tribunal de commerce de Paris, lui, devra statuer le 5 février sur l'examen du projet de plan de sauvegarde accélérée, avaient précisé les administrateurs judiciaires au chevet du groupe début janvier. La période de sauvegarde accélérée de Casino s'achèvera le 25 février. Les diverses augmentations de capital doivent ensuite avoir lieu en mars et une assemblée générale des nouveaux actionnaires devra dans la foulée statuer sur la nouvelle composition du conseil d'administration.
(Avec AFP)
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