Couche-Tard aurait renoncé à son offre d'acquisition sur Carrefour
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CHRISTINNE MUSCHI
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Le groupe canadien Alimentation Couche-Tard a renoncé à son offre d'acquisition de Carrefour à laquelle le gouvernement français est opposée, selon Reuters. La décision a été prise après une entrevue entre le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et le fondateur et président de Couche-Tard, Alain Bouchard, selon une source de Reuters. Le groupe canadien et Carrefour se sont refusés à tout commentaire. Plus tôt vendredi, le gouvernement français s'est opposé à une éventuelle prise de contrôle de Carrefour par le groupe canadien au nom d'une sécurité alimentaire nationale élevée au rang de priorité absolue.
Couche-Tard espérait obtenir l'aval de la France en prenant des engagements sur la question des emplois et sur la chaîne d'approvisionnement alimentaire française, et en maintenant la cotation de l'entreprise à Paris et à Toronto, a précisé la source. Elle ajoute que le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, et celui de Couche-Tard, Brian Hannasch, auraient œuvré comme co-dirigeants. Le plan prévoyait aussi de conserver les opérations stratégiques de l'entreprise en France, et de compter des Français au sein de son comité d'entreprise, selon cette même source.
Couche-Tard devait aussi injecter 3 milliards d'euros d'investissement dans le groupe français, une idée largement soutenue par Carrefour, qui emploie 150.000 personnes en France, ce qui en fait le plus grand employeur du secteur privé. Bien qu'ayant initialement pensé poursuivre son offre, Couche-Tard a préféré lever le drapeau blanc et la retirer afin d'éviter de déclencher une tempête politique, explique une source.
S'il est politiquement possible de décider de ne pas laisser le plus grand employeur du pays passer entre des mains étrangères, "on ne peut pas accuser une grande société canadienne comme Couche-Tard de mettre en danger la sécurité alimentaire de tout un pays", a déclaré vendredi une source gouvernementale canadienne sous couvert d'anonymat.
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La promptitude du refus du gouvernement français a surpris et pourrait ternir l'image pro-entreprise du président Emmanuel Macron, estiment des observateurs, tandis que d'autres soulignent que la crise du Covid-19 a contraint plus d'un pays à revoir les contours de ses intérêts stratégiques. Le premier ministre canadien Justin Trudeau dit s'être entretenu avec le président français cette semaine et a promis de continuer d'œuvrer au succès des entreprises canadiennes dans le monde.
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