Germanwings : le copilote avait consulté 7 médecins en 1 mois juste avant le crash

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Andreas Lubitz se plaignait de voir 30% des objets en raison de tâches noires et flashs lumineux, ce qui l'angoissait au point de ne plus dormir. A certains de ses proches, il avait même déclaré que la vie, compte-tenu de cette perte de vue, n'avait plus aucun sens.
Andreas Lubitz se plaignait de voir "30% des objets" en raison de tâches noires et "flashs lumineux", ce qui l'"angoissait" au point de ne plus dormir. A certains de ses proches, il avait même déclaré que "la vie, compte-tenu de cette perte de vue, n'avait plus aucun sens". (Crédits : STRINGER)
Andreas Lubitz craignait de perdre la vue. Le procureur de Marseille a annoncé jeudi l'ouverture d'une information judiciaire contre X afin de déterminer si la tragédie aurait pu être évitée.

De nouveaux éléments concernant l'enquête sur l'A320 de la Germanwings précipité au sol par son copilote allemand, Andreas Lubitz,le 24 mars, ont été révélés jeudi 11 juin par le procureur de Marseille. Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à Paris à l'issue d'une rencontre avec les familles des victimes, Brice Robin a annoncé qu'une information judiciaire contre X va être ouverte la semaine prochaine en France pour homicides involontaires sur ce crash qui a fait 150 morts  dans les Alpes françaises. Il s'agit de déterminer si la tragédie aurait pu être évitée.

"Le droit pénal français m'interdit d'ouvrir une information judiciaire pour assassinats puisque l'auteur est décédé", a-t-il expliqué.

41 médecins en 5 ans

Le copilote souffrait d'une grave dépression, d'une "psychose accompagnée de troubles de la vue", a ajouté le représentant du parquet. Craignant de "perdre la vue", il avait vu "41 médecins en cinq ans", sept dans le mois ayant précédé le crash dont "un généraliste, un psychiatre, un ORL", a détaillé Brice Robin.

"Certains de ces médecins ont été entendus en audition libre par les autorités judiciaires allemandes", a-t-il ajouté.

D'après les premiers éléments, Andreas Lubitz se plaignait de voir "30% des objets" en raison de tâches noires et "flashs lumineux", ce qui l'"angoissait" au point de ne plus dormir. A certains de ses proches, il avait même déclaré que "la vie, compte-tenu de cette perte de vue, n'avait plus aucun sens".

Les nombreux médecins d'Andreas Lubitz, en arrêt maladie du 22 au 24 février, puis du 16 au 22 mars, soit deux jours avant le vol fatal, n'avaient pas fait remonter ces informations "en raison du secret médical" et de l'absence de toute obligation.

"Comment gérer le secret médical et la sécurité des vols quand on a un pilote fragile?", s'est interrogé le procureur. "C'est la question à laquelle vont devoir répondre les juges d'instruction."

Seuls les corps de 44 victimes allemandes déjà rapatriés

Au cours d'un entretien de plus de quatre heures avec les proches, le procureur a par ailleurs annoncé que les fragments humains non identifiables des victimes du crash seraient inhumés dans "une sépulture collective" dans la ville du Vernet, à quelques kilomètres de la zone de l'accident.

"Dès lundi prochain, 30 victimes espagnoles retrouveront leur terre natale", a également indiqué Brice Robin, selon qui "d'ici la fin du mois, la société Germanwings sera en mesure de restituer l'ensemble des corps".

Près de trois mois après la tragédie, seuls les corps de 44 victimes allemandes ont été transférés outre-Rhin, par un vol spécial de la Lufthansa mardi.

Lufthansa, maison-mère de Germanwings, a annoncé mercredi qu'un deuxième vol devait transférer une trentaine de dépouilles de Marseille à Barcelone le 15 juin et les rapatriements dans les 18 pays d'origine des victimes être "achevés à la fin juin".

(Avec AFP)

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