Grève chez Air France HOP : l'heure de vérité

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(Crédits : Reuters)
Le conseil du SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne) de la filiale régionale d'Air France se réunit, ce mardi, pour étudier la proposition salariale de la direction et décidera de lancer ou pas une grève à partir du lundi 24 février. Explications.

Journée décisive pour Air France HOP. Le conseil du SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne) de la filiale régionale d'Air France se réunit, ce mardi, pour étudier la proposition salariale de la direction, et décidera de lancer ou pas une grève à partir du lundi 24 février. En janvier, le SNPL avait déposé un préavis de 12 jours de grève (tous les vendredis à partir du 14 février), pour obtenir des conditions de travail et de rémunération proches de celles des pilotes d'Air France. En raison des négociations, ce préavis a été décalé au lundi 24 février.

5,5 millions d'euros obtenus : 11,5 millions pour lever le préavis

Selon des sources syndicales, la direction propose d'augmenter la masse salariale des 750 pilotes de la compagnie régionale de 4,5 millions d'euros. S'ajouterait également un million d'euros correspondant à l'augmentation générale de 1% accordée à tous les salariés, avec effet rétroactif au 1er octobre 2019. En tenant compte des provisions pour les congés, la masse salariale des pilotes de HOP s'élève aujourd'hui à 145 millions d'euros.

Ce niveau d'augmentation ne semble pas suffisant pour calmer les pilotes de HOP, lesquels demandent, à défaut d'une intégration chez Air France qui leur est refusée, des hausses de salaires proches de celles obtenues par les pilotes d'Air France depuis l'arrivée de Ben Smith à la tête du groupe il y a 18 mois, lesquelles sont assorties de contreparties favorables à l'entreprise. Celles-ci sont estimées à 12% par les pilotes de HOP.

"S'il n'y a pas au moins six millions d'euros supplémentaires, le conflit social semble inévitable", estime un membre du SNPL de HOP, précisant que les pilotes étaient prêts à discuter eux aussi de contreparties, en termes d'amélioration de la productivité notamment.

Beaucoup comptent sur la présence au conseil d'Oltion Carkaxhija, le Monsieur social de Ben Smith, pour décanter les choses.

"Soit on donne de la visibilité aux pilotes de HOP en leur proposant des opportunités de carrière chez Air France et Transavia, soit on leur donne leur part du gâteau", clame-t-on chez HOP.

Le rêve de l'intégration à Air France

Derrière cette phrase se cache la revendication principale des pilotes de HOP : intégrer Air France qui multiplie les embauches alors que les difficultés économiques de HOP la condamnent à l'attrition voire mettent en cause sa pérennité.

Le SNPL HOP voudrait aller plus loin que l'accord sur les recrutements signé en 2014 entre la maison-mère et sa filiale stipulant que 35% des postes de pilotes d'Air France sont accordés à des pilotes de HOP, sous réserve qu'ils aient obtenu la sélection Air France.

Au-delà de ce quota, les conditions d'embauche créent de fortes tensions. Alors que tout nouveau pilote intégrant Air France commence en bas de l'échelle (copilote moyen-courrier en étant au bas de la liste de séniorité), les pilotes de HOP, et plus précisément certains commandants de bord, veulent rejoindre Air France en conservant leur titre, leur ancienneté et leur rémunération.

"Un commandant de bord de HOP avec 20 ans d'ancienneté qui va chez Air France perd ainsi 50% de sa rémunération", explique-t-on chez HOP.

Une demande irréaliste aux yeux des pilotes d'Air France puisque le maintien de l'ancienneté ferait passer des pilotes de HOP devant les plus jeunes pilotes d'Air France dans la liste de séniorité de la compagnie, laquelle fixe tous les actes de carrière (et donc de rémunération) des pilotes.

"Pas question d'acheter la paix sociale de HOP en jouant avec les règles d'embauche à Air France", tranche un membre du SNPL Air France.

Autre sujet de discorde. Les pilotes de HOP ayant obtenu la sélection à Air France ont souvent été contraints ces dernières années de rester chez HOP pour ne pas perturber l'exploitation de la compagnie régionale. Du coup, ces derniers demandent que la date d'obtention de la sélection à Air France, et non l'entrée réelle à Air France, soit prise en compte pour déclencher le début de leur carrière à Air France. Là aussi, le SNPL Air France a refusé. Un tel procédé pourrait permettre de voir des pilotes de HOP entrer directement sur long-courrier à Air France.

Lire aussi : Air France : grève des pilotes de HOP et du personnel des escales françaises

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Commentaires
a écrit le 19/02/2020 à 0:42 :
L'art au sein d'un même groupe de créer pour les mêmes jobs avec les mêmes responsabilités et les mêmes anciennetés des écarts incompréhensibles de salaires, d'avancement et d'avantages suivant que vous appartenez à la filiale à privileges ou à la filiale ss privilège...cela ne peut que générer des petaudieres sociales que le client encaisse plein pot par des grèves.
Que la concurrence easyJet, Ryanair, Vueling, cies du golfe etc...fasse son oeuvre et balaye ce me....r affligeant et irresponsable !!!
Réponse de le 20/02/2020 à 11:41 :
Eh bien non Léon ....

Hop est le résultat de la fusion de nombreuses compagnies françaises : Britair , Régional ( elle même née de la fusion d’autres compagnies comme flandrair ou proteus) etc..

Le processus en cours est l’inverse de ce que vous décrivez comme :" L'art au sein d'un même groupe de créer pour les mêmes jobs avec les mêmes responsabilités et les mêmes anciennetés des écarts incompréhensibles de salaires, " ..

En faits il s’agit pour les pilotes de Hop (compagnie A) d’obtenir les mêmes conditions de travail et de rémunération que celles d’Air France (compagnie B) sous prétexte que les vols Hop sont des vols à numéro de vol Air France.

Pourquoi pas .

Mais il ne s’agit aucunement de la " création d’écart incompréhensibles de salaires "....
Réponse de le 20/02/2020 à 15:34 :
Finalement Roger, vous dîtes avec des propos plus feutrés et plus politiquement correct ce que je déplore en mettant les pieds ds le plat.
C'est une réalité et peu importe l'histoire qui a conduit à de telles situations, surtout qd de telles situation perdurent.
On le voit du reste ds d'autres entreprises ( tt particulièrement de service public) où l'on a créé des catégories de salariés de 2nde zone qui pour les mêmes jobs, n'ont pas les mêmes rémunérations, les mêmes déroulements de carrière, les mêmes anciennetés, les mêmes niveaux d'exigence en matière de recrutement ou d'aptitude...
Le stade ultime c'est le recours à l'emploi sans aucun statut par appel à la ss traitance et ce qui est nx, le CDI intérimaire...
Bref, on aime en France créer de l'iniquité et du ressentiment ds le monde du travail.
a écrit le 18/02/2020 à 19:36 :
Si les équipages de hop! Partent chez AF. C'est fini pour hop et donc plusieurs centaines de personnes. Le code des vols HOP étant désormais complètement attribué à AF....
Les crews dans le transport aérien belle mentalité, les rats quittent le navire qui les enrichis depuis 25 ans... normalement le commandant part en dernier.
a écrit le 18/02/2020 à 15:22 :
C'est bien cet article, on y retrouve tous les travers du syndicalisme à la française. On y apprends que le syndicat HOP veut X, mais que le syndicat AF est contre car veut pas perdre Y. Mais au final, pour ce qui est de l'avis de la direction ou du bien être de la compagnie, rien de rien. Le syndicats sont toujours à la direction de cette compagnie, et on assiste encore une fois au délitement de la compagnie.
Réponse de le 18/02/2020 à 16:03 :
Il est temps de donner la direction ENFIN OFFICIELLE de cette " compagnie écoeurante, aux Syndicats : SNPL CGT COMMUNISTE....etc....

Qu'ils augmentent de 50% la masse salariale

Qu'elle disparaisse, elle n'est pas indispensable,
les autres Eur prendront les créneaux enfin libérés
a écrit le 18/02/2020 à 15:20 :
Encore eux !

Mettre en vente Hop, et hop basta
a écrit le 18/02/2020 à 15:08 :
Les règles d'embauche d'AF sont archaïques. Au lieu de payer les pilotes sur leur expérience, on les paie sur l'ancienneté. Comme dans une bonne vieille administration publique en somme....
Cela ne me parait pas aberrant qu'un pilote confirmé venu de HOP! (ou d'Easyjet ou d'ailleurs) gagne plus qu'un jeune pilote de 23 ans nouvellement intégré à AF...
a écrit le 18/02/2020 à 14:28 :
je m'interroge : le SNPL d'air France est il le même que celui de Hop? ou bien le syndicat des pilotes de Hop usurpent un nom!!
Il se peut que les pilotes de hop soient juste capables de faire voler un coucou et leur expérience 20 ans de pilotage ne vaut pas l'expérience d'un jeune pilote d'Air France qui par définition est un Seigneur les Pilotes de Hop que de vulgaires manants
a écrit le 18/02/2020 à 14:23 :
Cela fait bien longtemps qu'ils n'ont pas fait grève, c'était temps, l'entreprise risquait de remonter.
Réponse de le 18/02/2020 à 15:25 :
Oui, vous avez entièrement raison. À un moment, on avait cru que la compagnie allait sortir du conflit permanent mais on est désormais rassuré, il va y avoir une grève ce printemps. Il faut dire que HOP est dans une mauvaise passe selon l'article, alors c'est logique de lui faire une petite grève dure pour assombrir le tableau.

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