La SNCF prête à lancer l'an prochain un TGV entre Paris et Berlin avec la Deutsche Bahn

La SNCF va lancer avec son homologue allemand, la Deutsche Bahn, un projet de TGV direct reliant Paris et Berlin en décembre 2023. Une ambition qui s'inscrit dans un contexte d'ouverture de lignes au-delà des frontières françaises notamment en Italie et en Espagne.

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Un TGV Paris-Berlin verra le jour en 2023, espère la SNCF.
Un TGV Paris-Berlin verra le jour en 2023, espère la SNCF. (Crédits : BENOIT TESSIER)

"Un TGV Paris-Berlin en décembre 2023". C'est le projet commun de la Deutsche Bahn et de la SNCF annoncé ce mardi par Jean-Pierre Farandou. Venu fêter à Strasbourg les 15 ans de coopération franco-allemande à grande vitesse, le PDG de la SNCF a posé les bases de cet ambitieux projet.

Selon Alain Krakovitch, directeur TGV-Intercités à la SNCF,  il pourrait commencer par un aller-retour direct par jour sur cette liaison passant par Francfort, exploitée en partenariat entre la SNCF et la Deutsche Bahn avec des trains à grande vitesse ICE allemands. Il pourrait être ultérieurement complété par un second aller-retour avec des TGV français, a-t-il ajouté. Une liaison de train de nuit est également prévue entre les deux capitales. Elle sera exploitée par les chemins de fer autrichiens ÖBB en coopération avec la SNCF et la Deutsche Bahn à partir de fin 2023. "Ça sera en même temps, le train de nuit et le train de jour. On aura le choix en fonction des goûts", commente Jean-Pierre Farandou.

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Des précédents encourageants

La SNCF et la Deutsche Bahn font déjà circuler ensemble des trains à grande vitesse, TGV et ICE, entre la France et l'Allemagne, et ce, depuis l'ouverture du premier tronçon de la ligne à grande vitesse Paris-Strasbourg en juin 2007. Il existe en effet une ligne reliant Francfort et Marseille via Strasbourg et Lyon. "Un succès", selon Alain Krakovitch.

D'autres lignes ferroviaires permettant de relier la France à des pays européens ont vu le jour. La compagnie ferroviaire italienne Trenitalia propose un train de nuit Paris-Milan-Venise et un autre reliant Marseille-Nice-Milan. Début mai, après trois mois d'exploitation du Paris-Milan, trenitalia se félicitait d'enregistrer "déjà un taux de remplissage moyen de 87%". La SNCF propose également ce trajet, l'opérateur français ayant mis fin à la coopération transfrontalière avec son homologue italien en 2011.

Il en va de même pour la ligne Paris-Barcelone. Mi-février, la SNCF a également mis fin à son partenariat avec Renfe, les deux compagnies voulant exploiter seules, dès 2023, des lignes reliant la France et l'Espagne, devenant ainsi concurrentes sur cette ligne.

"Le constat qu'on fait aujourd'hui, c'est que Paris-Milan et Paris-Barcelone ont des taux d'occupation étonnants : sur Paris-Milan, l'offre a doublé avec l'arrivée de Trenitalia, et malgré ça, les trains sont pleins", explique Alain Krakovitch. "On doit pouvoir avoir la même chose sur Paris-Berlin !", prédit-il.

Un temps de trajet plus long

Le temps de parcours sera de sept heures. Une durée bien plus longue que l'avion (2 heures), mais pas beaucoup plus rapide que la voiture (moins de 10 heures). Pas de quoi décourager les voyageurs pour autant, veut croire Jean-Pierre Farandou. "Ça fait sens parce qu'on constate que les gens acceptent de faire des trajets de plus en plus longs. Il y a vraiment des gens qui sont prêts à rester cinq heures, six heures, sept heures dans un train", a-t-il expliqué. "Il y a quelques années, on trouvait ça un peu long et on craignait de n'avoir personne. Il y a de plus en plus de gens pour qui ça ne pose pas de problème, tant mieux !", a ajouté le PDG de la SNCF. D'autant que, depuis 2007, les deux compagnies ont ensemble transporté 25 millions de personnes sur Paris-Francfort, Paris-Stuttgart-Munich et Francfort-Marseille et le train bat désormais l'avion sur l'axe Paris-Francfort.

(avec AFP)

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