Alors que la situation sécuritaire se dégrade au Mali, les syndicats des personnels navigants d'Air France alertent sur un danger grave et immédiat et appellent les salariés à faire jouer leur droit de retrait.
La position de la France au Mali ne cesse de reculer. Sept mois après le retrait définitif des militaires de l'opération Barkhane, c'est Air France qui se voit mis en difficulté dans le pays en raison de l'aggravation de la situation sécuritaire. Face à cette situation, les syndicats de personnels navigants alertent sur le danger potentiel que représente la desserte ou le survol du Mali et appellent leurs adhérents à exercer leur droit de retrait en attendant des mesures de la part de la direction.
C'est tout d'abord le principal syndicat de pilotes de la compagnie, le SNPL Air France-Transavia, qui s'est positionné comme indiqué ce jeudi par l'AFP. Comme le rapporte l'agence, citant le bureau du syndicat : « Par une consigne syndicale, le SNPL Air France-Transavia invite ses adhérents, et les pilotes qui le souhaitent, à exercer leur droit de retrait afin de ne pas effectuer les vols à destination de Bamako, en l'état actuel des choses ».
Et comme l'a appris La Tribune, un comité social et économique (CSE) exceptionnel de l'établissement « exploitation aérienne » - qui regroupe pilotes, hôtesses et stewards - s'est tenu pour voter avis de danger grave et imminent sur la desserte et le survol du Mali et donc là aussi la possibilité pour les navigants d'exercer leur droit de retrait.
Christelle Auster, présidente du syndicat représentatif SNPNC (au sein de l'intersyndicale PNC avec l'Unsa) et représentante syndicale au CSE d'établissement, a indiqué que cette position a été très largement adoptée par les élus du personnel. Elle a également indiqué que les réponses apportées par la direction n'apparaissaient pas comme satisfaisantes jusque-là, même si elle n'a voulu en mentionner aucune pour raison de sécurité.
De son côté, Air France n'entend pas changer la desserte de Bamako, la capitale du Mali, à l'heure actuelle. Celle-ci est actuellement desservie à raison d'un vol par jour en A350. La compagnie a déclaré : « Air France suit en permanence l'évolution de la situation géopolitique des territoires qu'elle dessert - dont le Mali - afin d'assurer le plus haut niveau de sûreté et de sécurité des vols. La compagnie est en contact permanent avec les autorités locales et internationales, ainsi qu'avec la DGAC Française, compétente en matière d'autorisations de survol et de desserte. Celle-ci, procède à une veille de la situation sur les zones de conflit et à une analyse régulière du risque, en partenariat avec la commission européenne. »
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.