Nouveau propriétaire pour la SNCM : les salariés se mettent en grève

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(Crédits : © Jean-Paul Pelissier / Reuters)
Dans la foulée de la décision de justice de confier la SNCM à Patrick Rocca, dont le projet de reprise comporte 600 suppressions de postes, les salariés ont voté la grève reconductible.

Réunis en assemblée générale extraordinaire ce vendredi sur le Danielle Casanova, l'un des ferries de la compagnie, les salariés de la SNCM ont, selon une source syndicale citée par l'AFP, voté une grève reconductible dans la foulée de la décision du tribunal de commerce de Marseille de choisir l'entrepreneur corse Patrick Rocca comme repreneur de la compagnie maritime, placée en redressement judiciaire en novembre 2014.

Suppressions de 600 postes

Le projet de reprise de Patrick Rocca, 50 ans, dont le groupe comprend 27 sociétés dans le transport, l'immobilier ou les déchets, prévoyait la reprise de 845 salariés (873 en comptant les filiales) sur environ 1.400 en CDI, soit la suppression de quelque 600 emplois.
Trois autres projets de reprise avaient été déposés: par le consortium d'entreprises corses Corsica Maritima, le groupe Baja Ferries et l'ex-directeur du port de Marseille Christian Garin, associé à l'armateur grec Arista.

Patrick Rocca faisait figure de favori dans ce dossier, qui a connu de multiples reports depuis près d'un an devant le tribunal de commerce.
Le procureur de la République de Marseille Brice Robin s'était prononcé début novembre en sa faveur malgré plusieurs condamnations, notamment en février 2014 pour escroquerie et abus de bien social.

Délégation de service public

Outre la grogne sociale, l'épineuse question de la délégation de service public (DSP), constitue l'autre grand défi auquel sera confronté très vite le repreneur. Pour rappel, il s'agit du mécanisme de subventions dont bénéficient la SNCM et sa concurrente La Méridionale pour maintenir des lignes entre la Corse et le continent, au nom de la continuité territoriale.

Cette DSP devra être modifiée à partir de 2016 en vertu d'une décision de justice.
Jeudi, Corsica Maritima avait pour sa part annoncé son intention d'ouvrir des lignes au départ de Toulon si son offre n'était pas retenue par le tribunal.

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Commentaires
a écrit le 21/11/2015 à 22:03 :
1,400 - 873 = ?? 527 !!
Alors cessez de dramatiser en parlant de 600 ! On est plus proche des 500 !
Qui plus est, ce sont des 873 emplois sauvés dont il faudrait parler... mais la CGT préfère saborder le navire !
a écrit le 21/11/2015 à 18:09 :
Non ce n'est pas Rocca qui supprime 600 emplois, mais la Commission Européenne qui empêche un repreneur d'avoir une activité qui permette un effectif supérieur.Tout cela avec la bénédiction de l’État. En résumé, le volume de travail de cette future compagnie est limité d'entré par un ukase européen. Comprenez que ce sont 600 français qui sont licenciés pour permettre au concurrent de sauver sa peau. Au passage, ce concurrent est désormais en situation de quasi monopole et, après avoir été sauvé par les subvention du petit contribuable français, il doit son maintien au licenciement de 600 français, tout en employant un maximum d'autres résidents européens et un minimum de ces français. Je ne sais plus qui disait qu'il est "difficile de pousser plus loin la haine de soi", en parlant de l’État français. A qui le tour? Vivement qu'il n'y ait plus que des sociétés étrangères, n'embauchant que des européens avec un salaire plus bas.
a écrit le 21/11/2015 à 12:55 :
600 suppressions d'emploi. Il faut déjà virer ceux qui font la grève et garder ceux qui ont envie de travailler. Après cela la société pourrait peut-être viable.
a écrit le 21/11/2015 à 11:33 :
Ca existe encore ce truc nommé SNCM ? En tout cas, je serai à la place des racheteurs, tout le personnel serait licencié et je ne garderai que les navires. Si le personnel SNCM avait été combatif, s'était retroussé les manches, avait essayé de faire de son mieux, là on aurait eu envie de les aider. Mais les aider, c'est aider une bande de malfrats qui ont à maintes reprises prit les usagers en otages, qui ont mis en danger les commerçants Corses à répétition, et qui ont largement profité des poches du contribuable depuis des années. Que les salariés se retrouvent au pôle emploi, ils ne méritent rien d'autre.
a écrit le 21/11/2015 à 11:28 :
Pauvre Monsieur ROCCA, a t il bien une idée que la SNCM est comme SNCF ou EDF un nid cégétiste, une idéologie d'entreprise publique avec délégation de service public: oui, service au public: NON, car qui peut être sur aujourd'hui de partir et revenir de CORSE avec la SNCM, heureusement grâce à l'U.E. il y a la concurrence qui fera que tôt ou tard la SNCM, ancienne formule, disparaîtra. Et bien évidemment depuis plus de 10 ans c'est le contribuable qui paie les frasques de la CGT, un manque de rentabilité en partie du à un excès de personnel, au statut d'agent de l'Etat qu'ils ont et comme à la SNCF ou à EDF: on ne touche à rien.
a écrit le 21/11/2015 à 10:51 :
Concernant cette entreprise irrécupérable car verrouiller syndicalement mais surtout dans cette vase marseillaise de ces sociétés anciennes dont la ligne jaune entre magouilles et clientélisme politico/syndicalisme n'est plus acceptable aujourd'hui la seule issue la mise en liquidation pure et simple de cette nébuleuse qui ne peut être nommée Entreprise. Heureusement il y a Corsica Ferries que je prends depuis des années pour aller au village. Enfin il est temps que les élus corses cessent de financer cette nébuleuse car les corses par la DSP paient mais également les continentaux qui par leur impôts alimentent cette nébuleuse opaque et gluante. OUI OUI à la mise en liquidation de la SNCM. Les réservations pour l'été 2016 vont commencer sérieusement aussi il est important que les futurs passagers prennent conscience de la possibilité de rester à quai, car il y a un risque que les irresponsables syndicalistes soient en grève entre juin et août. Je crois que le politique peu importe sa couleur doit laisser tomber la SNCM car les citoyens ne suivrons pas les syndicats dans cette affaire qui n'est plus un problème industriel.
a écrit le 20/11/2015 à 23:37 :
Combien cela coûte au contribuables?
a écrit le 20/11/2015 à 20:32 :
Rocca ne supprime pas 600 emplois : il en sauve 873 !!
Avec une liquidation, ce n'est pas gagné au départ...
Je suggère que le législateur ajoute un droit supplémentaire aux syndicats :
On leur propose de pouvoir demander un référendum des salariés pour choisir entre " projet choisi par le tribunal" d'un côté, ou liquidation pure et simple de l'autre.
Par contre, on joindrait à ce droit, que si les salariés valident par référendum le projet de reprise, les salariés aient interdiction de tout mouvement de grève pendant les 24 mois qui suivent !!
Chiche ?

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