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Plus de copilote dans l'avion ? Le syndicat des pilotes s'inquiète de l'automatisation avec l'IA

latribune.fr

Publié le 07 juin 2023 à 09:57 - Mis à jour le 07 juin 2023 à 10:01

Cockpit 4U9525 (Crash A320) cockpit de l'avion qui a effectué le vol 4U9525

L’idée de passer à un seul pilote dans le cockpit des avions n’est pas nouvelle. Airbus, par exemple, travaille sur ce sujet depuis plusieurs années déjà.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Les constructeurs aéronautiques ont pour projet d'automatiser davantage les avions à grand renfort d'intelligence artificielle (IA). Ce qui pourrait aboutir à se passer d'un des deux pilotes à bord, craint le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Pour ce dernier, les technologies doivent être vues comme des outils complémentaires et non pas comme des remplaçants des pilotes.

N'y aura-t-il un jour plus qu'un seul pilote dans les avions ? C'est ce que craint le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), qui fédère les trois quarts des pilotes français. Sa présidente a vilipendé « une espèce de rêve fou d'ingénieurs qui rêvent de créer l'ordinateur parfait qui pourrait venir remplacer un pilote humain ». « On lance une alerte sur ce projet ! », a fait savoir ce mardi Karine Gély lors d'une téléconférence de presse.

« Nous sommes convaincus que l'ordinateur ou quelque intelligence artificielle que ce soit est totalement incapable de gérer l'imprévisible ou le hautement improbable »,considère Karine Gély.

Complémentaire plutôt que substituable

La présidente du SNPL avance plusieurs arguments pour justifier sa position. À deux dans la cabine de pilotage, « on est capable d'élaborer des plans d'action, des stratégies de vol. Et on sait aussi qu'on est beaucoup plus forts et beaucoup plus performants en équipage à deux que si on était tout seul aux commandes », a-t-elle affirmé.

Outre les problèmes de fatigue s'il n'y avait plus qu'un pilote dans l'avion, le SNPL rappelle l'importance du « crosscheck » (vérification croisée) à deux. « Un pilote vérifie ce que fait l'autre, vérifie ce que fait l'avion, etc ».

« L'humain est faillible, l'humain fait des erreurs. C'est vrai, c'est tout à fait vrai, on en fait tous. Mais (...) les automatismes eux aussi sont faillibles, aussi perfectionnés soient-ils »,a appuyé Fanny Aronssohn, porte-parole du SNPL.

« On est tout à fait satisfait de la technologie et des automatismes, ce qui nous facilite la vie tous les jours et qui augmente la sécurité. Mais les automatismes et la technologie embarquée ne sont que complémentaires de l'humain. On a besoin d'être ensemble, (...) ça ne peut pas remplacer l'humain », a-t-elle ajouté.

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Intelligence artificielle: quel impact sur le travail de demain ?

Les avionneurs y travaillent

L'idée de passer à un seul pilote dans le cockpit des avions n'est pas nouvelle. Airbus, par exemple, travaille sur ce sujet depuis plusieurs années déjà. L'avionneur, particulièrement mis en cause par le SNPL, espérait d'ailleurs proposer cette possibilité en 2023 sur les A350 en phase de croisière, comme il l'avait indiqué à La Tribune en 2018. En 2021, l'agence Reuters avait dévoilé les travaux menés par Airbus et Cathay Pacific pour lancer d'ici à 2025 des vols long-courriers à « équipage réduit ». C'est-à-dire avec un seul pilote dans le cockpit, sauf pendant les phases du décollage et d'atterrissage, alors qu'ils sont aujourd'hui en permanence au moins deux dans le cockpit des vols long-courriers, avec, pour les vols les plus longs, un troisième, voire un quatrième pilote en renfort.

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Le projet est d'ailleurs toujours sur la table. « Nous pensons que les pilotes resteront au cœur des opérations à l'avenir et que l'automatisation peut les aider en réduisant leur charge de travail dans le cockpit, en améliorant les opérations en vol et les performances globales de l'avion », a déclaré Airbus à l'AFP ce mardi. Le groupe dit vouloir avant tout « accroître la sécurité des vols et l'efficacité opérationnelle des compagnies aériennes », en collaboration avec les autorités de certification et lesdites compagnies.

Des études sont actuellement menées. Certaines, qui « visent à améliorer la gestion de la fatigue des équipages sur les vols long-courrier et à leur permettre de mieux organiser leur présence dans le cockpit pendant les phases de croisière grâce à des fonctions automatisées supplémentaires », partent du principe qu'il y a au moins deux pilotes à bord, a précisé un porte-parole d'Airbus. Quant aux recherches sur les opérations à un seul pilote sans compromettre la sécurité, il existe plusieurs projets mais tous ne seront pas nécessairement concrétisés, affirme l'avionneur.

Airbus n'est pas le seul acteur du secteur a planché sur cette question. Marc Rochet, le directeur général d'Air Caraïbes et président de French Bee, avait fait savoir lors du Paris Air Forum de 2021, y « travailler » sans donner plus de précisions. Suscitant déjà la colère du SNPL.

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Pas de risque à court et moyen terme

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Reste que la concrétisation de ce projet n'est pas pour tout de suite. Le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata), fédérant une grande majorité des compagnies aériennes mondiales, s'est d'ailleurs dit dubitatif sur l'éventualité de voir de tels appareils faire leur apparition à moyen terme. « À titre personnel, je ne vois pas » cela se produire, a déclaré Willie Walsh lors d'une conférence de presse en marge du congrès de l'Iata à Istanbul. Et d'ajouter : « De mon vivant », lui qui est âgé de 61 ans.

« La raison pour laquelle je dis cela est que les appareils en service aujourd'hui et qui sont en train d'être livrés resteront en service pendant 20 ou 25 ans »,et ne seront pas équipés pour fonctionner avec un seul pilote.

(Avec AFP)

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