"Un no-deal sur le Brexit serait désastreux pour les transports" (Karima Delli)

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(Crédits : Neil Hall)
De passage à Paris ce lundi 8 octobre, Karima Delli, présidente de la commission Transports du Parlement européen, a tiré la sonnette sur les conséquences « désastreuses » d'une absence d'accord sur le Brexit entre la Commission européenne et le Royaume-Uni, prévu pour la fin mars 2019.

Des avions cloués au sol, un trafic maritime transmanche en recul, des surcoûts de 5% liés au rétablissement des tarifs douaniers, des ports français à l'écart des routes commerciales... De passage à Paris ce lundi 8 octobre, Karima Delli la présidente de la commission Transports du Parlement européen, a tiré la sonnette sur les conséquences « désastreuses » d'une absence d'accord sur le Brexit entre la Commission européenne et le Royaume-Uni, prévu pour la fin mars 2019.

En présentant les résultats d'une étude sur les impacts du Bexit sur le secteur des transport, Karima Delli a fait par de ses craintes face au scénario du "no-deal" :

«Un accord signifierait que la Commission n'a pas la volonté de bousculer les économies et échanges entre les deux parties. S'ouvrirait une période de transition jusqu'en 2020 avant la mise en place d'un nouvel accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Mais ce scénario ne convient pas à Theresa May car [dans l'intervalle] le Royaume-Uni serait obligé de respecter les standards européens, de payer sa cotisation à l'Union européenne tout en perdant son pouvoir de décision dans la gouvernance. C'est pourquoi, aujourd'hui, le scénario d'un no-deal, qui ferait passer le Royaume-Uni au rang de pays tiers, n'a jamais été aussi craint. »

"La France aux premières loges"

« Ce scénario n'est pas souhaitable, mais il faut s'y préparer. Une chose est sûre, la France est aux premières loges. Une partie des régions du littoral de la Manche et la mer du Nord repose en effet sur le trafic transmanche. Elles n'ont pas à subir une crise qui serait liée à la responsabilité des dirigeants européens », a-t-elle ajouté, en demandant un fonds de compensation pour les régions frontalières.

Le nouveau corridor mer du Nord-Méditerranée oublie la France

Par ailleurs, la présidente de la commission Transports du Parlement européen a fustigé la proposition de modification du tracé du « corridor mer du Nord-Méditerranée », un texte publié cet été qui vise à créer de nouvelles routes de fret maritimes entre l'Irlande et le continent après le Brexit afin de ne pas isoler l'Irlande et d'être attractif pour les activités de fret international qui passaient jusqu'ici dans un port britannique et qui passeront demain dans un port de l'UE.

«Les ports normands, bretons et des Hauts-de-France ont été oubliés », dénonce Karima Delli.

« J'ai déposé deux amendements qui réintroduisent les ports français dans le Corridor par voie législative à travers le mécanisme d'interconnexion, un fonds d'infrastructure », a-t-elle indiqué. Il faudra attendre fin novembre pour savoir s'ils seront adoptés. Ce jeudi, Karima Delli rencontrera la ministre des transports française Élisabeth Borne pour parler de tous ces sujets. Cette dernière a déjà demandé par courrier des explications à Violeta Bulc, la commissaire européenne aux transports.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2018 à 15:16 :
Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de compromis avant qu'il n'y en aura pas après, mais au moins les négociateurs seront souverain dans leurs décisions!
a écrit le 09/10/2018 à 8:23 :
" Elles n'ont pas à subir une crise qui serait liée à la responsabilité des dirigeants européens"

On pourrait appliquer ce principe à toutes les décisions européennes svp ?

Non parce que l'on voit bien que nos dirigeants européens sont complètement à côté de la plaque hein, et sur la plupart des sujets... Or si on veut sauver le peuple européen du consortium financier européen il faudra bien déclarer ce pouvoir illégal un jour ou l'autre.
a écrit le 08/10/2018 à 22:40 :
Tiens les lobbys ont écrit un article...
a écrit le 08/10/2018 à 20:01 :
«Les ports normands, bretons et des Hauts-de-France ont été oubliés », dénonce Karima Delli.

euuuh non... ils ont été soigneusement évités avec leurs syndicats moyen ageux et leurs grèves incessantes....
Réponse de le 09/10/2018 à 14:58 :
Non Mr, les ports français sont sacrifiés délibérement par Bruxelles . Les décideurs sont allemands et néerlandais (porte d'entrée maritime des Allemands) . Rien à voir avec des grèves (qui n'existent par ailleurs pas) .
a écrit le 08/10/2018 à 18:26 :
Les transports...Cette fille de la mondialisation.
a écrit le 08/10/2018 à 18:19 :
On peut y voir un avantage. Moins de bateaux et moins d'avions, c'est moins de pollution pour la planète. Cela va dans le sens de la lutte contre le réchauffement climatique. Alors pourquoi les hommes politiques Français qui sont sensés être à la pointe de cette lutte ne se réjouissent-il pas?
Pourquoi dans ce cas làs, ne veut-on pas réduire le réchauffement climatique? Que disent les ardants défenseurs de cette belle cause qu'est la lutte contre le réchauffement climatique? Je ne les entends pas, leur silence est assourdissant! L'avenir de nos enfants ne les concernet-ils soudainement plus?
Réponse de le 08/10/2018 à 23:16 :
+1 !
a écrit le 08/10/2018 à 18:01 :
Encore du blabla inutile. La Gb quitte l EU un et il serait temps de tirer les conséquences au lieu de vouloir adoucir le brexit pour nos anciens amis. L EU ne doit faire aucune concession car cela fera le jeu des aficionados du démantèlement de l union. Out is out.
a écrit le 08/10/2018 à 16:55 :
Bizarre comme réaction, sachant que les plus concernés seraient le RU lui même

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