Vélorution  !

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Nos villes sont appelées à changer plus dans les dix ans qui viennent qu'au cours du dernier siècle.
Nos villes sont appelées à changer plus dans les dix ans qui viennent qu'au cours du dernier siècle. (Crédits : Reuters)
ÉDITO. Le transport étant le quatrième plus gros contributeur mondial de gaz à effet de serre, il est urgent de changer nos usages de mobilité, si l'on ne veut pas que nos villes deviennent invivables. Le vélo fait partie de la solution. Par Philippe Mabille, directeur de la rédaction.

Quoi qu'on pense de la politique de réduction de la place de la voiture menée à Paris par Anne Hidalgo, accordons-nous au moins sur un point : nos villes sont appelées à changer plus dans les dix ans qui viennent qu'au cours du dernier siècle. Dix ans, le temps d'une transition écologique devenue une urgence absolue pour des villes qui vont concentrer 70 % de la population mondiale d'ici 2050.

Changer nos usages de mobilité

Qui ne veut pas comprendre que nos villes deviendront invivables si nous ne faisons rien pour nous adapter à ces projections, refuse de regarder la réalité en face qui, de New Delhi, irrespirable, à Venise, déjà sous les eaux, est en train de nous rattraper. Deuxième point qui ne fait pas débat : le transport est le quatrième plus gros contributeur mondial de gaz à effet de serre avec 14 % des émissions, selon le Giec. En France, selon l'Ademe, c'est même le premier pollueur, et le transport routier est à l'intérieur de cet ensemble le premier émetteur de CO2. Réduire le nombre des déplacements inutiles en voiture individuelle est donc une politique cohérente et raisonnable, lutter contre les véhicules les plus polluants est conforme à l'intérêt général et l'industrie automobile, sous la pression de normes de plus en plus strictes, a fini par s'y résoudre voire, pour les constructeurs les plus avisés, par s'y préparer.

L'équation à résoudre est donc assez simple à formuler : il faut changer nos usages de mobilité. Attaquée pour sa fermeture à la hussarde des voies sur berges, la maire de Paris dit souvent que sa bataille n'est pas contre la voiture, mais contre la pollution. Le calendrier de la prochaine décennie est tracé : fin progressive de l'accès aux véhicules diesel à Paris d'ici les JO de 2024 et fin programmée en 2030 pour tous les véhicules thermiques. Cette politique, volontariste, est cohérente avec la loi LOM d'orientation sur les mobilités que vient de voter le Parlement, qui sonne le glas des véhicules à carburants fossiles (essence ou diesel) dont la vente devra cesser d'ici à 2040.

Lire aussi : La loi d'orientation des mobilités définitivement adoptée

Le vélo, partie de la solution

Ces choix n'ont rien d'exceptionnel : à New York, la campagne des municipales de 2021 portera sur la place de la voiture et sur un plan massif de développement de l'usage du vélo. Nul doute que l'environnement sera au cœur des élections municipales en France, en mars (85 % des Français le disent dans le sondage Elabe pour La Tribune et Veolia publié la semaine dernière). La nature plutôt que la voiture, certes, mais comment réussir cette transition lorsque les transports publics sont saturés, notamment à Paris et en Île-de-France ? Les investissements du Grand Paris Express sont en retard. Le vélo fait donc aussi partie de la solution, et même si Paris n'est pas Amsterdam ou Copenhague, c'est bien la vision que veut porter l'actuelle maire si elle se présente à un nouveau mandat, ce qui sera le cas courant janvier...

Lire aussi : Véligo : comment la région Île-de-France finance le nouveau vélo électrique

Libérer Paris de la voiture, encourager la généralisation du vélo, mais aussi toutes les nouvelles formes de mobilités douces et partagées, qui connaissent une explosion encore un peu anarchique. Bref, la voiture individuelle ne va pas forcément disparaître, mais elle devra muter, s'électrifier et devenir partagée pour demeurer cet objet roulant permettant de se déplacer, lorsque l'on en a vraiment besoin. Preuve que le vélo (électrique) est l'avenir de la ville : Marc Simoncini, fondateur du site Meetic qui a transformé la vie amoureuse en ville, vient de lancer un vélo dessiné par le designer Ora Ito. Si les millionnaires de l'Internet s'y mettent, c'est sans doute que la vélorution a un modèle économique solide...

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Commentaires
a écrit le 26/11/2019 à 9:27 :
il ne faudra pas oublier de faire des couloirs protégé des intempéries car depuis la fin septembre entre le vent la pluie le froid les inondations les cyclistes ne sont pas gâtés et ça refroidit les ardeurs de s'y mettre.....
a écrit le 26/11/2019 à 9:09 :
Je suis banlieusard et je trouve cet article totalement surrealiste.

Certes le vélo est une solution sympathique pour participer a la reduction de la pollution.

Mais combien de privilégiés habitant les centre villes concerne-t-il? Quelques 100.000 trajets par jour.

Or rien que les RER A et B c'est 2.000.000 de trajets jours. 20 fois plus. Uniquement pour une petite partie des transports en commun.

Les chiffres parlent d'eux-memes. L'avenir, c'est le rail. Et meme si un trajet en RER c'est moins glamour qu'une balade en velo, la réalité est la.

C'est vraiment surrealiste et consternant que cet edito sous estime a ce point cette realite.
Réponse de le 27/11/2019 à 18:28 :
Je suis banlieusard aussi et ne suis pas d'accord avec vous.

D'une part, ce n'est pas parce qu'il n'y a que 100k trajets jours en vélo que ce chiffre ne peut pas évoluer : en Hollande, au Danemark, c'était exactement pareil dans les années 70 et aujourd'hui la proportion vélo / voiture est quasiment l'inverse de la nôtre, le vélo est roi non seulement dans les centres-ville mais aussi en intermodal avec l'usage train+vélo.

D'autre part, tout le monde ne fait pas Marne-La-Vallée/Chatelet dans les 2 millions de trajets.jours et il y a pas mal de gens qui prennent les réseaux ferrés alors qu'ils pourraient tout à fait faire ces trajets en vélo, si tant est que l'infrastructure soit adaptée (ce qui est précisément l'objet de cet article).

Si je prends mon cas, j'habite en banlieue nord et fait du vélotaf depuis 3 ans (je ne travaille pas non plus à Paris mais bien en banlieue, industrielle et inhospitalière à souhait) et je connais beaucoup de personnes qui font quasiment le même trajet que moi en ferré, en bus, en voiture. Ils arrivent au boulot énervés, en 2x plus de temps que moi, avec plein d'histoires de RER pas à l'heure, de cxns dans leur wagon, de gens qui ne les laissent pas sortir et, tout comme vous, ne s'imaginent pas changer de mode de transport. Ce qui est, je trouve, nettement plus consternant que de penser qu'on peut changer les choses en mieux.

D'une manière générale, je trouve absurde l'idée de prendre une image de la situation actuelle en disant: regardez, tout le monde prend le train, alors la solution, c'est le train, et rien que le train ! Les conditions diverses font changer les habitudes dans tous les domaines, et les situations sont elles mêmes plus diverses que juste de prendre une ligne de RER comme exemple. Enfin, si ceux qui pouvaient prenaient le vélo, il y aurait plus de place dans les RER pour ceux qui ne peuvent pas.
a écrit le 25/11/2019 à 18:52 :
Quoi qu'on fasse, les villes haussmanisées ne sont pas adaptées pour le vélo, il y a peut être des solutions identiques au métro aérien, des pistes à 8/10m d'altitude, loin des fumées sans feux rouges interdites aux piétons, et standardisé vu le peu de poids à supporter ça augmenterait le débit des citoyens à pas cher avec ma foi un spéctacle bien agréable.
Nous avons bien en pays de la Loire des routes à vélos et tracteurs strictement interdites à d'autres véhicules et c'est génial.
Faites comme nous les Parisiens le monde vous remerciera.
Réponse de le 10/12/2019 à 16:30 :
Paris est de plus en plus adaptée au velo : il n'y a jamais eu de problèmes dans les petites rues, où les voitures roulent lentement et ou elles ne sont pas si nombreuses. Quant aux grands axes, ou la circulation des voitures est rapide (rue de Rivolie, quai rive gauche, Sébastopol), ils sont faciles à équipper d'une piste cyclable, ce qui est fait (merci, Mme Hidalgo !). Le problème c'est les populations qui croient qu'elles ne sont pas capables de faire du vélo ... et les problèmes éventuels d'absence de parking sécurisé
a écrit le 23/11/2019 à 23:01 :
Cela fait cinquante ans que je fais du vélo dans Paris. C'est nettement moins dangereux qu'à la campagne. Un seul point noir: les feux tricolores faits pour les voitures et imposés aux cyclistes par une préfecture de police a courte vue
Réponse de le 26/11/2019 à 9:55 :
Il suffit de prendre la piste cyclable de la rue de Rivoli pour voir que la signalisation inadaptée a été faite par quelqu un qui n'a jamais fait de vélo : nombre de feux rouges inutiles (completement !!!) pour les velos, et pas de feux la ou il y en a besoin... A part ça, cette piste, comme les autres est super !
a écrit le 23/11/2019 à 15:15 :
Le vélo en ville, c'est bien, sauf que je vélo dans une ville polluée, c'est pas top pour la santé, les poumons . La ville est très peu adaptée à la circulation des vélos, tant il y a de véhicules à moteurs, motos, scooters, voitures, camions qui rendent dangereuse la circulation à vélo. Pour la promotion du vélo, il faut commencer par construire un environnement sûr, ce qui veut dire qu'il va empiéter, donc diminuer l'espace pour les véhicules à moteur. Ça va être très long...et ne pourrait même jamais arriver.
a écrit le 23/11/2019 à 11:08 :
Encore un bon prétexte pour interdire, empécher, réglementer, verbaliser et vandaliser la liberté fondamentale de circuler, notamment celle des personnes agées et handicapées déjà assez menacée par les roulettes écolos.
C'est plutot VEROLUTION qu'il aurait fallu intituler ce papier !
P.S. Prière de ne pas censurer cet avis ...
Réponse de le 26/11/2019 à 9:57 :
"P.S. Prière de ne pas censurer cet avis ..."... Paranoïaque ?
Réponse de le 27/11/2019 à 10:21 :
La paranoia est une maldie de l'intelligence, elle même produit de l'expérience. Certains en sont donc immunisés.
Réponse de le 27/11/2019 à 10:22 :
Réponse à Labo
La paranoia est une maladie de l'intelligence, elle même produit de l'expérience. Certains sont donc immunisés.
Réponse de le 28/11/2019 à 13:46 :
Vexé ?
a écrit le 23/11/2019 à 10:00 :
D'abord et avant tout des horaires de travail homogènes permettraient d'organiser des transports en commun efficaces, le fait de l'explosion des horaires aberrants, encore une fois dans le seul intérêt des propriétaires de capitaux et d'outils de production, a imposé la voiture aux salariés, si les gens pouvaient prendre les transports en commun pour aller bosser croyez moi ils le feraient plutôt que d'être obligés de prendre ce gouffre financier qu'est la bagnole.

La voiture est un choix politique imposé du fait du lobby pétrolier ultra puissant et possédant la main sur nos politiciens depuis très longtemps, au lieu de sortir leur petit vélo qu'ils ont dans la tête pour chercher à nous vendre encore cet autre concept sans aménager l’aval et l'amont, ils feraient mieux de prendre un peu de recul, si leurs cerveaux le permet ce qui n'est pas sûr, sur les phénomènes dont ils parlent beaucoup sans connaitre, qu'ils se rassurent ils ne tomberont pas.
a écrit le 22/11/2019 à 16:27 :
Et puis c'est très saint de faire des efforts en se faufilant au milieu des diesel, c'est à dire en augmentant son débit d'aspiration de particules, dans les voitures au moins ils ont des filtres d'habitacle...
Réponse de le 22/11/2019 à 17:45 :
Les habitacles de voiture, tout comme les stations de métro, sont les pires endroits chargés en particules ultrafines et donc extrêmement nocives. Il a été prouvé scientifiquement qu'il est préférable de prendre le vélo plutôt que de rester 30 minutes à l'arrêt dans une voiture coincée dans un bouchon
Réponse de le 23/11/2019 à 3:15 :
La transition écologique, ça passera aussi par des véhicules qui ne fonctionnent plus aux énergies fociles (hydrogène, batteries lithium...).
C'est pas en partant perdant que vous changerez quoi que ce soit.
a écrit le 22/11/2019 à 15:43 :
« Le transport étant le quatrième plus gros contributeur mondial de gaz à effet de serre, il est urgent de changer nos usages de mobilité, si l'on ne veut pas que nos villes deviennent invivables. »
M. Mabille, ouvrez les yeux s'il vous plaît. L'homme ne contribue en rien au réchauffement climatique s'il existe :
https://contreveritesclimatiques.wordpress.com
Réponse de le 23/11/2019 à 3:09 :
Je vous invite à vous renseigner sur l'effet de serre (et plus généralement à préférer les sources provenant de scientifiques reconnus).

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