La RSE n'est plus l'apanage des grands groupes, PME et ETI doivent s'en saisir !

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OPINION. L’heure est au changement. Aujourd’hui, la mise en place d’une démarche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) n’est plus réservée uniquement aux grands groupes. Plus encore, c’est un véritable levier de croissance à long-terme pour nos PME et ETI. (*) Par Romain Mouton, président du Cercle de Giverny.

Considérer que seules les grandes entreprises doivent s'engager en faveur des transformations sociétales et environnementales est une idée aujourd'hui caduque. Les PME et ETI ont compris que la RSE est un enjeu de performance globale, tant pour la croissance que pour l'engagement des collaborateurs. Cet été, le gouvernement a lancé, avec l'ADEME et Bpifrance, un « plan pour l'accélération écologique des TPE et PME » qui devrait permettre de mieux accompagner cette dynamique vertueuse.

Si la crise de la Covid-19 a ravivé l'importance du rôle sociétal des organisations, avec des consommateurs et des investisseurs de plus en plus sensibles sur le sujet, les PME et ETI ont largement démontré leur contribution à cette tendance de fond. Durant la crise sanitaire, elles ont été au plus près des Français, notamment pour délivrer des services, permettre le fonctionnement des circuits courts et maintenir ou créer du lien social. Les PME et ETI sont des acteurs de proximité qui contribuent fortement au développement économique, écologique et social de notre pays.

La pérennité même d'une entreprise dépend aujourd'hui aussi de la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux. Pour une entreprise en pleine expansion, intégrer les enjeux de développement durable est un réel avantage compétitif dès aujourd'hui, mais aussi pour demain. La crise de la Covid-19 l'a parfaitement démontré : la RSE est la pierre angulaire de la résilience, permettant à la fois d'affronter les chocs extérieurs et de s'en prémunir. Clé de voûte d'une performance globale, elle crée de la valeur pour une organisation ainsi que pour ses parties prenantes.

La transition sociale et environnementale de notre pays se fera avec les PME et ETI ou ne se fera pas. L'attente est d'ores et déjà très forte sur les démarches responsables de ces entreprises, car elles sont souvent les fournisseurs et sous-traitants de grands donneurs d'ordres, eux-mêmes soumis à des obligations de reporting extra-financier. Dans ce contexte, tous les moyens doivent être mis en œuvre pour les aider à se saisir pleinement des enjeux liés à leurs impacts sociaux et environnementaux tout en favorisant leur développement économique.

Or, les labels RSE se sont multipliés ces dernières années, au risque que le manque de lisibilité de l'offre perde les chefs d'entreprise intéressés. Une situation d'autant plus regrettable que les engagements sont nombreux et bien réels.

Lire aussi : Les labels RSE, oui... mais pas n'importe lesquels !

Changer le monde à la manière de Monsieur Jourdain

D'ailleurs, ces entreprises déploient déjà des mesures concrètes de RSE à la manière de Monsieur Jourdain, souvent sans même le savoir. Fortement ancrées au sein de nos territoires, grâce aux relations nouées avec les acteurs économiques locaux, elles ont la capacité d'impacter durablement et positivement la société. Partout en France, elles peuvent insuffler des bonnes pratiques en matière de développement durable auprès de toutes leurs parties constituantes et remodeler leurs business models pour impacter positivement l'économie.

Les questions relatives au bien-être des collaborateurs occupent d'ores et déjà une place centrale au sein des PME et ETI. La mise en place d'une politique RSE peut contribuer en interne au renforcement de la culture d'entreprise et fédérer les collaborateurs autour d'engagements communs. L'enjeu pour les entreprises de taille plus « modeste » est principalement de mieux valoriser leur performance sociale et environnementale.

Le vocable d'entreprise « à taille intermédiaire » (ETI) est, quant à lui, éloquent pour évoquer l'élargissement du champ des possibles permis pour ce type de société. A mi-chemin entre PME et grands groupes, avec un important potentiel de croissance, les ETI construisent le monde de demain. Leurs actions jouent un rôle central dans la transformation de notre tissu industriel. L'enjeu est désormais de démultiplier leur potentiel à même de jeter les bases d'un nouveau modèle de société.

Afin de dessiner les contours d'un monde plus durable, les entreprises ont tout à gagner à analyser leurs activités à l'aune de toutes les implications sociales et environnementales.

La future révision de la directive NFRD (Non-Financial Reporting Directive) étendra le périmètre des entreprises soumises à la publication d'informations extra-financières, jusqu'ici restreint aux sociétés de plus de 500 salariés. L'intégration des aspects ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) étant scrutée avec attention par les investisseurs, les ETI et PME ont tout intérêt à s'y consacrer pleinement afin de s'assurer une performance économique et financière à long terme.

Face à la pléthore d'initiatives existantes liées à l'engagement des entreprises, seule la mise en place d'une RSE systémique, intégrant les objectifs environnementaux et sociaux au plus haut niveau de l'organisation et impliquant une réflexion globale sur la soutenabilité de sa chaîne de valeur, peut transformer en profondeur notre système économique.

La RSE est une formidable opportunité pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, de contribuer à bâtir le modèle économique du XXIème siècle. Choisir des indicateurs vérifiables sera essentiel pour qu'elles passent de la simple affirmation à la concrétisation de leurs promesses.

Lire aussi : Les ETI françaises résilientes mais fragiles face au choc du Covid

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Commentaires
a écrit le 03/03/2021 à 10:06 :
En effet mais les grands groupes ont bien souvent dans leurs rangs d'anciens fonctionnaires technocrates là pour exploiter chaque source d'argent public qu'ils peuvent capter, plus ou moins illégalement qui plus est tandis que le petit comptable de la petite entreprise lui, à part dire de travailler plus, de virer des salariés ou bien quand elles sont un peu plus grosses de délocaliser, il n'est pas compétent pour grand chose d'autre. Sans un réel soutien de la part de structures qui savent faire cela n'ira pas beaucoup plus loin alors que je suis entièrement d'accord avec vous, et merci pour eux quand même hein, mais nous sommes quand même un peu dans une impasse là.

J'ai toujours pensé que nos hauts fonctionnaires plutôt que d'aller pantoufler chez les multimilliardaires devraient au contraire par la suite aider les élus locaux et les petites et moyennes entreprises ainsi au lieu de nous coûter toujours plus de pognon ils nous en rapporteraient.

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