Apple va payer 38 milliards de dollars en "impôt de rapatriement"

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Apple disposait d'une folle trésorerie de 268,9 milliards de dollars au dernier pointage en novembre dernier.
Apple disposait d'une folle trésorerie de 268,9 milliards de dollars au dernier pointage en novembre dernier. (Crédits : MIKE SEGAR)
Le fabricant d'iPhone, réputé pour ses pratiques d'optimisation fiscale, a annoncé payer aux Etats-Unis 38 milliards de dollars d'impôts sur ses bénéfices réalisés à l'étranger. Apple dit également vouloir contribuer "directement à l'économie américaine" à hauteur de 350 milliards de dollars sur cinq ans. Le géant américain promet, entre autres, la création d'un nouveau campus et d'un data center. A la clé : 20.000 créations d'emplois.

Réputé pour ses pratiques d'optimisation fiscale, Apple consent à payer un "impôt de rapatriement". Le fabricant d'iPhone va débourser 38 milliards de dollars (un peu plus de 30 milliards d'euros) d'impôts sur ses bénéfices réalisés à l'étranger, a-t-il annoncé mercredi dans un communiqué de presse"Un paiement de cette ampleur serait le plus important de ce type jamais fait", poursuit le géant américain, première capitalisation boursière mondiale à plus de 910 milliards de dollars. Lors du dernier pointage en novembre dernier, Apple disposait d'une folle trésorerie de 268,9 milliards de dollars - dont plus de 252 milliards sont réputés stockés à l'étranger, selon le Wall Street Journal.

Apple entend ainsi profiter de la réforme fiscale américaine, adoptée en décembre dernier. Auparavant, les bénéfices réalisés par les multinationales à l'international échappaient totalement à l'impôt tant qu'ils restaient stockés à l'étranger. Ils se retrouvaient imposés à 35% uniquement s'ils étaient rapatriés aux États-Unis. Avec la réforme fiscale, les entreprises américaines peuvent rapatrier leurs bénéfices à des taux variant entre 15,5% (réserves liquides) ou 8% (autres réserves). Cette imposition, qui n'est due qu'une seule fois, pourra être étalée sur 8 ans.

Lire aussi : Que va faire Apple de ses 268 milliards de dollars de cash en 2018 ?

55 milliards de dollars pour les fournisseurs et sous-traitants

Le président américain Donald Trump s'est empressé d'applaudir la nouvelle sur le réseau social Twitter"J'avais promis que ma politique permettrait à de grandes entreprises comme Apple de ramener d'énormes sommes aux États-Unis. Génial de voir Apple le faire dans la foulée des baisses d'impôts", a-t-il tweeté, évoquant une "immense victoire pour les travailleurs américains et les États-Unis". Car la firme à la pomme a également annoncé vouloir contribuer "directement à l'économie américaine" à hauteur de 350 milliards de dollars sur cinq ans. Cette somme comprend déjà "le rythme actuel des dépenses d'Apple avec les fournisseurs et les sous-traitants locaux - estimé à 55 milliards de dollars pour 2018". Depuis 2016, ce montant est estimé à 50 milliards de dollars par an.

De nouveaux investissements sont tout de même prévus. Le géant américain compte dépenser 10 milliards de dollars dans un nouveau projet de data center. Apple détient déjà de tels centres dans 7 états américains - dont l'Oregon, l'Arizona et le Nevada. La construction d'un nouveau campus est également prévue afin d'accueillir les services d'assistance technique aux clients du groupe. Sa localisation n'a pas encore été précisée. Enfin, Apple a lancé en mai dernier un fonds d'un milliard de dollars dédié à l'industrie de pointe aux États-Unis. Celui-ci va désormais être doté de 5 milliards de dollars. Le Pdg du groupe, Tim Cook, a décrit cette initiative comme un cercle vertueux. "Si nous pouvons créer de nombreux emplois manufacturiers, ces derniers créeront davantage d'emplois autour d'eux parce que vous avez un secteur de services qui se construit", expliquait-il lors de la création du fonds.

Création de 20.000 emplois américains

Au total, Apple s'engage à créer 20.000 emplois sur le territoire américain. L'entreprise revendique déjà 2 millions d'emplois aux États-Unis - dont 84.000 emplois directs dans 50 états. À titre de comparaison, la firme à la pomme embauchait directement 5.000 personnes aux États-Unis lors du lancement de l'iMac en 1998. La marque a régulièrement été visée par les sorties protectionnistes de Donald Trump. Ce dernier voulait "forcer Apple à produire ses ordinateurs et ses iPhone sur nos terres, pas en Chine." Avant de déclarer, en mars 2016, lors de sa campagne présidentielle: "En quoi ça nous aide qu'ils produisent en Chine ?"

À l'instar d'autres multinationales, comme Google, Apple est aussi critiqué par les autorités européennes pour ses pratiques d'optimisation fiscale. Début décembre, l'Irlande a annoncé un accord avec le fabricant d'iPhone afin de commencer à collecter début 2018 les 13 milliards d'euros d'avantages fiscaux jugés indus par Bruxelles. Un mois plus tôt, Apple faisait parti des entreprises citées dans le dossier des "Paradise Papers". Le groupe avait reconnu avoir placé ses liquidités à Jersey. Sur la petite île britannique, paradis fiscal notoire, le taux d'imposition des sociétés est de... zéro. Dans un communiqué, la firme à la pomme avait justifié son choix comme étant "spécifiquement" motivé par la volonté de "s'assurer que ses obligations fiscales et ses paiements aux États -Unis n'étaient pas réduits".

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a écrit le 20/01/2018 à 15:46 :
Si vous n'avez pas compris, Trump récupère les bénéfices faits sur les dos des consommateurs européens grâce à l'exception fiscale des passagers clandestins de l'union : en tête Irlande, Luxembourg et Pays Bas..."
Cette sous fiscalisation des multi-nationales a interdit l'émergence de champions européens et tant qu'on ne réformera pas le statut des lobbyistes de Bruxelles et des hauts fonctionnaires en général , la France continuera de couler car j'affirme que les décisions prises se font au détriment de l'intérêt général du pays ... On est bien loin de la vision gaulliste d'origine mais plutôt sur une forme d'auberge espagnole du libéralisme ... Cela en serait presque risible si l'UE n'était pas la zone la plus riche au niveau mondial mais visiblement , nos chers technocrates, trop occupés à gérer leurs intérêts personnels n'ont pas bien compris les bouquins de John Nash à l'indifférence des chinois et des américains....
a écrit le 19/01/2018 à 8:33 :
Situation insolite en néolibéralisme, une multinationale donne des sous à un état ! Et en plus va créér des emplois sur son sol, ça faisait vraiment longtemps que l'on avait plus vu ça.

Ah c'est pas en UE que ça arriverait c'est sûr, ici c'est le contribuable qui finance la multinationale en permanence.
a écrit le 18/01/2018 à 19:56 :
32 milliards de €, le montant parait colossal. Pour Trump c'est une victoire même si dans les faits, il a cédé au chantage des multinationales qui planquent leur argent.
Mais si on tient compte de l'argent que le trésor américain ne va PAS recevoir à cause de la réforme fiscale , ça se complique. A voir si les rentrées d'argent (il n'y aura pas qu'Apple) vont équilibrer les comptes publics mais j'en doute. Les USA sont un grand pays, à mon avis beaucoup trop grand pour équilibrer leurs compte en faisant du dumping fiscal.
Déjà qu'avec une croissance confortable , la dette publique est de 20 000 milliards de dollars et le déficit budgétaire reste préoccupant, qu'est-ce que ça va être après la réforme fiscale et surtout qu'est-ce que ça va être à la prochaine récession...
Réponse de le 19/01/2018 à 11:28 :
En réalité, vous n'en savez rien, comme la plupart de ceux qui commentent tout sur les États-Unis sans y avoir mis les pieds et qui ne savent même pas comment ce pays (17 fois plus grand que la France) fonctionne.
a écrit le 18/01/2018 à 17:55 :
Bravo Trump et bravo Apple , win win ....

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