Environnement : le smartphone fait des dégâts

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Les Français changeraient de smartphone en moyenne tous les deux ans, sans forcément penser à recycler les anciens modèles.
Les Français changeraient de smartphone en moyenne tous les deux ans, sans forcément penser à recycler les anciens modèles. (Crédits : Reuters)
Les smartphones auraient un impact environnemental considérable. Selon une étude de l'Agence française de l'environnement (Ademe) ces conséquences pourtant pourraient être évitées.

Les smartphones ne sont pas "écolos". Et avec près de 7 milliards de téléphones intelligents vendus dans le monde depuis la sortie du premier iPhone, en 2007, et seulement 15% de smartphones en fin d'usage collectés, ils auraient même un impact important sur l'environnement. C'est en tout cas ce qu'affirme une étude réalisée conjointement par l'Agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) - la première fédération française de défense de l'environnement -, et l'ONG France Nature Environnement, publiée ce lundi.

A l'aube de la présentation officielle du nouvel iPhone prévue ce mardi, les ventes de smartphones sont toujours en pleine croissance ; entre 2013 et 2016, elles auraient même augmenté de 50%, passant de 1 milliard à près d'1,5 milliard. Et elles entraîneraient surtout une surexploitation des matières premières nécessaires à leur fabrication.

Des métaux difficilement recyclables

S'il paraît évident que nos machines intelligentes sont essentiellement composées de différents métaux, l'identité de ces composants et surtout l'utilité des multiples matériaux restent encore inconnues. L'année dernière déjà, la sénatrice du Nord Marie-Christine Blandin (EELV) précisait dans son rapport d'information sur les portables usagés que "la connaissance précise de la composition des téléphones portables se heurte à l'opacité entretenue par les fabricants sur leurs appareils". Un mystère qui pourrait devenir dangereux pour la préservation de certaines matières premières.

Car le développement de nouvelles fonctionnalités, exigeant toujours plus de performances, aurait "alimenté silencieusement un renouvellement des besoins en métaux", souligne le rapport de l'Ademe et de l'ONG. Avec en moyenne une cinquantaine de métaux présents dans la composition d'un smartphone - deux fois plus que pour un portable d'ancienne génération -, ces matériaux restent difficilement recyclables, du fait qu'ils soient, pour la plupart sous forme d'alliage - la combinaison d'un élément métallique avec un ou plusieurs éléments chimiques.

De plus, d'après les deux organisations, l'extraction des minerais "pose particulièrement problème" dans les pays concernés. Elle peut causer des problèmes de pollution en Chine, notamment avec le néodyme - une des 17 substances de ce que l'on appelle les "terres rares" - mais peut aussi participer à la formation de certains troubles politiques, comme pour le conflit en République démocratique du Congo, autour de l'exploitation du tantale notamment.

Agir à petite et grande échelle

L'enquête met aussi en évidence un problème concernant les "pays riches": en France par exemple, les utilisateurs de smartphones changent en moyenne tous les deux ans d'appareil. Cependant, pour 88% d'entre eux, les téléphones sont encore en état de fonctionner. Un syndrome qui s'expliquerait selon l'étude par "des facteurs psychologiques et sociaux", mais aussi et surtout par le fait que la plupart des smartphones "ne sont pas conçus pour être robuste et réparables, ni compatibles et évolutifs dans le temps". Une obsolescence programmée de nos appareils qui commence tout juste à être réprimée par l'Union européenne, qui s'est décidée à mettre en place des mesures restrictives pour les fabricants.

Lire aussi : Europe : vers la fin de l'obsolescence programmée ?

Plus particulièrement, c'est la question du recyclage des téléphones qui est en train d'évoluer. L'Ademe affirme même qu'il existerait en France "au moins 30 millions de téléphones dans nos tiroirs". Un phénomène qui préoccupe les industriels du secteur, qui "sentent la raréfaction du métal" constate Serge Kimbel, directeur général de Morphosis, une entreprise française spécialisée dans le retraitement des déchets électroniques et électriques. Aussi, elle s'efforce de donner une seconde vie à nos machines en reconditionnant certains éléments, pour les revendre d'occasion. Ils opèrent surtout en Afrique - où les filières de récupération des déchets sont quasi inexistantes -, et militent pour une fabrication d'appareils électroniques entièrement à partir de matériaux recyclés.

Lire aussi : Morphosis valorise les métaux précieux contenus dans nos déchets électroniques

D'autres entreprises ont mis en place en France des systèmes permettant la récupération de tous ces déchets métalliques - comme l'Atelier du Bocage -, mais c'est avant tout au consommateur de "le revendre, le donner à quelqu'un d'autre, ou à une structure de réemploi" d'après les auteurs de l'étude. De plus, les boutiques de télécoms ont l'obligation de reprendre les anciens appareils pour les recycler. De quoi faire vivre longtemps nos outils électroniques indispensables.

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Commentaires
a écrit le 28/09/2017 à 7:23 :
la société de consommation est une société de gaspillage
a écrit le 13/09/2017 à 9:53 :
On va encore nous désigner nous autres consommateurs comme responsables alors qu'il est évident que ce sont les propriétaires des outils de production qui le sont en premier.

Production de déchets par an par habitant : 400kg

Production de déchets de l'industrie par an par habitant: 14 tonnes.
a écrit le 12/09/2017 à 22:06 :
Pourquoi toujours recycler par la destruction? Dans les déchetteries, il est interdit de récupérer un produit parfaitement fonctionnel et qui rendrait service à celui qui le récupérera et quoi qu'il en soit n'en aurait jamais acheté.
a écrit le 12/09/2017 à 18:52 :
Les réseaux de collectes et recyclage existent déjà.
Les ondes électromagnétiques combinés à la pollution atmosphérique sont plus dangereuses à mon sens même si ils disent que la fibre l'est moins ...
10 ans et déjà , il suffit de comparer les statistiques s'il y a 10 ans a aujourd'hui pour la santé et les maladies.
a écrit le 12/09/2017 à 18:50 :
he ben si de si petits engins sont particulierement nocifs, j'attend avec impatience la tete defaite des ecolos quand 100% des voitures seront electriques!
conformement aux souhaits des idiots dogmatiques..........
on va en avoir droit, des lecons de morale sur la pollution ( ce qui nous changera des lecons sur le rechauffement climatique, certes!)
Réponse de le 13/09/2017 à 0:44 :
Vous laissez rarement la voiture électrique dans un tiroir, ou dans un fossé...
A part le problème de la batterie (gros problème, cher en plus la batterie, 10 000€ je crois)), les constructeurs font des efforts, de marquage (identification) des matériaux, plastiques, etc pour au démontage orienter directement chacun dans la bonne filière.

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