« Changement d'ère » pour la tech européenne. Après plus d'une décennie où le robinet des investissements coulait à flot, le débit commence à se réduire, d'après le rapport annuel du fonds britannique Atomico. La faute en grande partie au climat macro-économique maussade, entre la hausse des coûts de l'énergie, les tensions géopolitiques ou encore l'inflation.
Mais pour les auteurs du rapport, qui ont étudié les données de 41 pays européens et réalisé des sondages auprès de milliers de membres de l'écosystème européen, le secteur de la tech du Vieux continent va tout de même réussir la deuxième meilleure année de son histoire. Mieux, il semble avoir passé un test : ses fondements apparaissent comme suffisamment solides pour résister aux turbulences financières. « La nouvelle réalité économique teste les fondations de l'écosystème de financement européen qui se construit depuis 20 ans. Même si nous traversons un grand orage avec la chute des valorisations et la fermeture des fenêtres d'entrée en Bourse, la perspective à long terme est plutôt positive. L'Europe a les talents, une véritable profondeur d'investisseurs et la bonne attitude », résume auprès de La Tribune, Tom Wehmeier, co-auteur du rapport avec Sarah Guemouri.
Les auteurs du rapport découpent l'année en deux. Le premier semestre (jusqu'à juin) s'est inscrit dans la continuité d'une année 2021 record, et affichait même une croissance des investissements de 4% par rapport à l'an dernier. Le début d'année en boulet de canon de la French Tech est un exemple de ce dynamisme, avec une succession de méga-levées [plus de 100 millions d'euros, ndlr] et le dépassement du cap des 25 licornes [startups valorisées à plus d'un milliard d'euros, ndlr] fixé par Emmanuel Macron. Mais dès le début du printemps, cette dynamique a commencé à s'essouffler, jusqu'au deuxième semestre, où le volume de grosses levées s'est drastiquement réduit.