Twitter veut imposer la publicité à tous les internautes

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Le PDG de Twitter, Jack Dorsey, veut accélerer la monétisation du service de microblogging en proposant aux annonceurs d'attacher leurs publicités aux tweets consultables hors abonnement.
Le PDG de Twitter, Jack Dorsey, veut accélerer la monétisation du service de microblogging en proposant aux annonceurs d'attacher leurs publicités aux tweets consultables hors abonnement. (Crédits : Reuters)
Dans sa quête de croissance, le réseau social a décidé d'accélérer la monétisation de son service par la publicité. Il va expérimenter une nouvelle offre de contenus sponsorisés, visant quelques 500 millions d'internautes qui ne sont pas inscrits sur la plateforme.

Chez Twitter, qui dit "contenus publics" devra désormais dire..."publicité". Après avoir racheté, en juillet dernier une start-up spécialisée sur la publicité ciblée, Twitter veut maintenant étendre la visibilité de ses annonceurs partenaires en dehors de sa communauté d'abonnés. Jeudi 10 décembre, la plateforme de microblogging a annoncé son intention de faire apparaître de la publicité, non plus seulement pour ses abonnés, mais également pour tout internaute qui consulterait un tweet sans passer par la plateforme, par exemple via un moteur de recherche.

Concrètement, les messages sponsorisés par des annonceurs apparaîtront instantanément lorsqu'un internaute consultera un tweet apparu dans la liste des résultats d'une recherche dans Google. Inutile donc d'être connecté au réseau social, dont de nombreux contenus sont publics.

Twitter pub pour les non abonnés

(Dans l'encadré jaune ci-dessus, un contenu sponsorisé tel qu'il apparaîtra bientôt à la consultation d'un tweet par n'importe quel internaute)

500 millions de cibles supplémentaires chaque mois

Cette expérimentation va permettre "aux annonceurs de toucher plus de 500 millions de personnes qui visitent Twitter chaque mois pour s'informer de ce qui se passe sans qu'ils aient à se connecter", écrit Deepak Rao, responsable des revenus générés par les produits chez Twitter, sur l'un des blogs du réseau social.

Jeudi, cette annonce a fait bondir le titre à Wall Street: celui-ci prenait 6,87% à 25,98 dollars vers 16h10 GMT.

Trouver des relais de croissance

Affecté par une croissance stagnante depuis un an, Twitter doit parvenir à calmer les inquiétudes des actionnaires, portant notamment sur la faible augmentation du nombre d'abonnés - qui atteignait 320 millions fin septembre, soit "seulement" 4 millions de plus qu'en juillet dernier - et l'absence d'un modèle économique pérenne.

Mais le plus inquiet, à ce stade, est certainement l'actuel PDG (et co-fondateur) du réseau social, Jack Dorsey, de retour aux commandes depuis septembre, suite à la démission de l'ex-dirigeant Dick Costolo. Twitter, qui a perdu quelque 645 millions de dollars en 2013, s'évertue depuis à remonter la pente. Pour le trimestre entamé début octobre, le groupe table sur un chiffre d'affaires de seulement 695 à 710 millions de dollars, quand les analystes espéraient en moyenne jusqu'ici 740 millions de dollars.

La publicité, au-delà des abonnés

D'où les expérimentations lancées ces derniers mois sur de nouvelles fonctionnalités (remplacement du bouton "favori" par le bouton "j'aime" pour multiplier les interactions, réflexion sur l'ordre d'arrivée des tweets etc) et sur la publicité.

Les initiatives, pas toujours heureuses, ont été nombreuses en ce sens : de l'idée d'afficher les dates de naissance des utilisateurs pour les faire connaître aux marques aux fins de proposer des offres "anniversaires" à la publicité ciblée sur mobile, le réseau social tire la quasi-totalité de ses revenus de l'activité publicitaire. Ainsi, dans le cas de la dernière expérimentation concernant les internautes non abonnés, pour la spécialiste des réseaux sociaux Lou Kerner citée par l'AFP, "les tweets sont déjà vus en dehors du site, donc monétiser ce trafic est parfaitement sensé".

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Commentaires
a écrit le 13/12/2015 à 14:35 :
"pour s'informer de ce qui se passe sans qu'ils aient à se connecter"
y a que Tweeter dans la vie ? On croirait que c'est le 'lieu' où tout se passe, qu'on est "hasbeen" si on n'utilise pas ses services. Désolé. Doit-ce remplacer l'AFP ou Reuters ?
C'est instantané mais on a déjà vu des infos twittées reprises & contredites un peu plus tard, le journaliste ayant été un peu imprudent en publiant pour aller plus vite que les confrères. Plouf.
a écrit le 12/12/2015 à 20:29 :
Encore quelques règles a ajouter dans mon FW-DPI ... on n'est plus a ça près :-)
a écrit le 11/12/2015 à 17:46 :
Le principe des tweets étant d'être laconiques, il participe de la tendance actuelle à vouloir tout savoir et à finalement ne savoir rien sur tout. Autant lire un seul article, mais bon; on ne sait alors pas tout mais on le sait bien.
a écrit le 11/12/2015 à 17:18 :
Il va falloir que les rédacteurs évitent de citer des tweets dans leurs articles. Faute de quoi ils engendreront de la pub, sur laquelle leur site n'aura aucun contrôle.

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