Les entrepreneurs de la "Tech for Good" font la FEST pour promouvoir l'innovation qui a du sens

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Portés et abrités par France Digitale, startups, associations, investisseurs et accélérateurs de la tech for good se réunissent au sein du mouvement France Eco-Sociale Tech (FEST).
Portés et abrités par France Digitale, startups, associations, investisseurs et accélérateurs de la "tech for good" se réunissent au sein du mouvement France Eco-Sociale Tech (FEST). (Crédits : DR)
L'écosystème de la tech à impact positif, ou "Tech for Good" se fédère dans le mouvement France Éco-Sociale Tech (FEST), abrité au sein de France Digitale. Startups, associations, investisseurs et accélérateurs joignent leurs forces pour attirer l'attention des pouvoirs publics sur leurs besoins, et montrer aux citoyens que la technologie peut aussi servir à changer la société pour le meilleur, à l'inverse des Facebook et autres Uber.

Non, les impacts de la tech sur la société ne sont pas forcément négatifs, à l'instar d'un Facebook qui laisse Cambridge Analytica piller les données personnelles de 57 millions de personnes, d'un Uber et d'un Deliveroo qui précarisent le travail, de Gafam champions de l'optimisation fiscale, d'un Google et d'un Apple épinglés pour abus de position dominante ou d'un Amazon qui met en difficulté des centaines de milliers de petits commerçants. A l'heure où la tech -sexiste et trop inégalitaire- a mauvaise presse, les acteurs de la "tech for good", qui promeuvent l'innovation à impact positif sur la société, se fédèrent pour exister et se faire reconnaître.

Portés et abrités par France Digitale, startups, associations, investisseurs et accélérateurs de la "tech for good" se réunissent au sein du mouvement France Éco-Sociale Tech (FEST). "L'écosystème de l'innovation d'intérêt général, regroupé autour de ses entrepreneurs, doit être mieux identifié pour rayonner dans la société et inspirer des vocations", explique Nicolas Celier, le cofondateur du fonds Ring Capital, administrateur de France Digitale, et l'un des pilotes du projet.

Réunir toutes les chapelles de la "tech for good"

Les 70 premiers adhérents de FEST incarnent toute la diversité de la "tech for good". On y trouve des startups comme Fluicity (Civic Tech pour aider les collectivités à mieux dialoguer avec les citoyens), HelloAsso (qui soutient la transformation numérique des associations), ou encore MicroDon (collecte des dons pour faciliter l'engagement solidaire en entreprise). Le mouvement s'ouvre aussi aux associations, à l'image d'Entourage (réseau social pour organiser l'aide aux sans-abris), aux investisseurs (les fonds Investir et + et INCO, spécialisés dans les startups sociales et green) et aux accélérateurs comme ShareIT.

Ed Tech, Social Tech, Civic Tech, HR Tech, Church Tech, structures de l'économie sociale et solidaire (ESS)... "Il y a trop de chapelles aujourd'hui, tout le monde est dans son coin alors qu'on porte tous le même message d'une innovation utile et bienfaisante", explique Léonore de Roquefeuil, Pdg de la Civic Tech Voxe. Moins intégrés dans les réseaux que les entrepreneurs de la tech "classique", ceux de la "tech for good" espèrent gagner avec FEST leur ticket d'entrée dans l'écosystème de la French Tech, et l'accès à un réseau bien plus large que leur pré carré habituel. La première cartographie de l'écosystème français du "tech for good" sera publiée la semaine prochaine.

Dotée d'un budget annuel de 200.000 euros, essentiellement pour mener des événements, l'initiative se donne pour mission d'accélérer l'émergence d'un véritable écosystème d'entrepreneurs utilisant la technologie et la science pour répondre aux 17 Objectifs de développement durable (ODD) établis par les Nations Unies. Parmi eux figurent notamment la lutte contre la pauvreté, celle contre le réchauffement climatique, l'égalité entre les sexes, la réduction des inégalités et la consommation responsable. Pour Nicolas Celier, FEST arrive à point nommé, surtout dans le contexte de défiance accrue envers la technologie:

"Il y a eu une grande vague d'entrepreneurs il y a une dizaine d'années qui étaient surtout intéressés par le fait de devenir riches et de vivre une grande aventure capitalistique. Aujourd'hui, la jeune génération est beaucoup plus en recherche de sens dans son travail. Il faut donc aiguiller ces jeunes en leur montrant les réussites des entrepreneurs à impact positif."

Associé à France Digitale pour trouver l'oreille des pouvoirs publics

Le besoin de se constituer en réseau, à la fois pour partager les bonnes pratiques, se faire connaître et susciter des vocations, est réel. D'autant plus que les entrepreneurs "tech for good" sont confrontés à des problématiques très spécifiques. Le financement, tout d'abord : peu de fonds français s'intéressent et investissent dans ce type de startups, qui souhaitent moins croître de manière exponentielle pour entrer en Bourse ou se faire racheter, mais plutôt trouver un modèle économique pérenne pour continuer leur mission d'intérêt général.

Les statuts, aussi : si les entreprises de type SAS peinent à se financer car elles n'entrent pas dans les cases de la tech "classique", c'est-à-dire ultra-capitaliste, être une association n'est pas un statut idéal non plus car cela coupe des aides de Bpifrance et empêche de bénéficier du statut Jeune Entreprise Innovante (JEI) ou du Crédit Impôt Recherche (CIR) pourtant essentiel pour financer sa R&D.

"Seuls, on a peu de temps et de moyens pour porter ses sujets auprès des pouvoirs publics", admet Ismaël Le Mouël, vice-président de FEST et président d'HelloAsso. L'association avec France Digitale, qui possède un savoir-faire certain pour attirer l'attention de l'Etat et rendre audibles les problématiques des entrepreneurs (le mouvement des Pigeons, la grogne dans nos colonnes de Jean-David Chamboredon contre l'extension du décret Montebourg) est donc cruciale.

"France Digitale est le trait d'union parfait entre la tech for good et l'écosystème de la tech en général, car il le représente dans sa globalité et dispose d'une grande capacité à faire passer des messages", ajoute Nicolas Celier, qui a porté le projet au sein du lobby.

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