Orange souhaite que le prix payé par les autres opérateurs pour utiliser son réseau cuivre (ADSL) soit révisé à la hausse par l’Arcep. Mais au grand dam du numéro un français des télécoms, le régulateur n’a toujours pas pris de décision à ce sujet. En face, SFR, Bouygues Telecom et Free mènent un lobbying effréné pour voir ce tarif baisser. Explications.Le dossier est une poudrière. La question du prix du dégroupage fait aujourd'hui l'objet de fortes tensions dans le secteur des télécoms. Il s'agit du prix payé par les opérateurs alternatifs à Orange pour emprunter son réseau cuivre, utilisé pour le téléphone et l'ADSL. Ce tarif, qui s'élève à 9,65 euros par ligne et par mois jusqu'en 2023, est déterminé par l'Arcep, le régulateur des télécoms. En février dernier, ce dernier a lancé une consultation publique concernant une possible révision de ce prix. Mais les mois ont passé, et l'Arcep n'a toujours pas tranché.
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Cette situation a provoqué la colère d'Orange. L'opérateur historique ne l'a jamais caché : il souhaite rapidement voir ce tarif du dégroupage augmenter de manière significative. Pourquoi ? Parce qu'au regard de l'opérateur historique, l'équation économique du réseau cuivre, dont il a la charge, est intenable. Son état-major rappelle que cette infrastructure se vide de ses abonnés. Ceux-ci troquent souvent leur vieil ADSL contre une connexion à la fibre, beaucoup plus rapide, lorsque cette technologie est disponible. S'il reste encore 16,5 millions de clients sur le réseau cuivre, « la décroissance du parc s'accélère », a indiqué Christel Heydemann, la directrice générale d'Orange, ce mercredi lors d'une audition au Sénat. « Il a baissé de 15% en 2021, et cette tendance se confirme pour 2022 », a-t-elle insisté. Ce qui provoque une importante perte de revenus pour Orange.
« Il y a eu un deal entre Orange et l'Arcep »
En parallèle, « les coûts de maintenance, eux, ne baissent pas proportionnellement », déplore la dirigeante. Orange affirme consacrer environ 500 millions d'euros par an pour entretenir son réseau cuivre, qui date des années 1960. Dans ce contexte, l'opérateur estime légitime d'augmenter le tarif du dégroupage. Cette manne supplémentaire lui permettrait, défend-t-il, de conserver son réseau en bon état de marche, jusqu'à son extinction, prévue en 2030.