La banque en ligne commence (enfin) à décoller en France

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Plus du tiers (37%) des personnes déjà clientes de "pure players" de l'Internet bancaire se disent très satisfaites de leurs services, selon le cabinet Simon-Kucher.
Plus du tiers (37%) des personnes déjà clientes de "pure players" de l'Internet bancaire se disent très satisfaites de leurs services, selon le cabinet Simon-Kucher. (Crédits : DR)
Seulement 7% des Français possèdent aujourd'hui un compte au sein d'une banque en ligne, mais 15% envisagent de migrer vers une banque "tout Internet", d'après une étude.

Du "J'aime ma banque" de Fortuneo (Crédit Mutuel Arkéa) au "Mon banquier, c'est moi" de BforBank (Crédit agricole), en passant par le "chat" entre Madame Dupont - cliente de Hello Bank ! (BNP Paribas) - et son conseiller virtuel, les banques en ligne ne lésinent pas sur les slogans et autres spots publicitaires à leur gloire. Mais avec quelle efficacité ? Les Français sont-ils aussi nombreux à succomber aux sirènes de la banque en ligne que le laissent supposer leur appétit pour les nouvelles technologies et la baisse de fréquentation des agences bancaires ? Seulement 7% des Français possèdent aujourd'hui un compte au sein d'une banque en ligne, d'après un sondage publié mi-octobre par le cabinet de conseil Simon-Kucher, et réalisé auprès d'un échantillon de 1.000 personnes âgées de 18 à 65 ans.

 Une proportion "encore modeste", le cabinet en convient, mais qui pourrait rapidement progresser. En effet, pas moins de 15% des personnes interrogées par Simon-Kucher envisagent de migrer vers une banque en ligne, et ce score grimpe à 19% au sein de la population des 25/54 ans. Ces Français tentés par la banque en ligne pourraient d'autant plus facilement sauter le pas que plus du tiers (37%) des personnes déjà clientes de "pure players" de l'Internet bancaire se disent très satisfaites de leurs services, alors que moins du quart (22%) des clients des banques traditionnelles sont disposés à chanter les louanges de ces dernières.

 des établissements qui n'ont pas forcément vocation à devenir la banque principale de leurs clients

 "En France, la part de marché de la banque en ligne est d'environ 5% [des stocks de clients ; Ndlr]. Mais, en terme de flux, un compte sur trois s'ouvre dans une banque en ligne, aujourd'hui", assure Marie Cheval, PDG de Boursorama. La filiale de la Société générale, numéro un de la banque en ligne en France avec 595.000 clients, revendique 12.000 à 13.000 ouvertures de compte par mois, contre une moyenne de 6.000 seulement il y a encore deux ans. Autrement dit, Boursorama gagne un nouveau client toutes les cinq minutes. Si bien que la banque, qui franchira la barre des 600.000 clients dans l'Hexagone d'ici à la fin de l'année, s'estime en mesure d'en compter 1,5 million en 2020.

 Mais combien auront Boursorama pour seule banque ? "Le sujet majeur pour les banques en ligne, aujourd'hui, c'est de devenir la banque principale de leurs clients", assurait en effet Antoine Oliveau, associé chez Deloitte, lors d'une conférence de presse, le 18 novembre. "40% de nos clients disent nous utiliser comme banque principale. Mais nous ne cherchons pas à avoir absolument ce rôle, les Français étant de plus en plus multibancarisés [détenant des comptes dans plusieurs banques ; Ndlr]", nuance Marie Cheval. Une clientèle qui, après avoir été longtemps très masculine, se féminise, la moitié des ouvertures de compte chez Boursorama étant désormais le fait de femmes. Les banques en ligne y voient là un autre signe de la maturation de leur marché.

 Les banques en ligne sont beaucoup plus compétitives

 "Il s'agit là d'un vrai basculement dans le comportement des Français, basculement qui s'accélère depuis septembre 2013, les clients étant à la recherche d'une relation bancaire plus simple et moins onéreuse", analyse Marie Cheval. L'automne 2013 avait en effet vu le déploiement de la 4G en France, ce qui avait encore ajouté à l'engouement des Français pour les services bancaires sur mobile. Surtout, la crise économique persiste, conduisant les ménages à rogner sur tous les postes de dépenses possibles. Les frais bancaires en sont un, et nul doute que les Français en sont de plus en plus conscients, les banques étant tenues depuis le 1er janvier 2009 d'adresser à leurs clients un relevé annuel de frais bancaires, au début de chaque année.

"Dans les banques traditionnelles, les frais bancaires sont de 200 euros par an en moyenne, contre moins de 17 euros chez Boursorama", précise Marie Cheval. Une compétitivité que les banques en ligne doivent bien évidemment à l'absence d'un réseau d'agences physiques. Ce qui ne signifie pas que les clients sont totalement livrés à eux-mêmes, Boursorama insistant sur la disponibilité des conseillers de ses centres d'appels, joignables jusqu'à 22h, samedi compris, par courriel comme par téléphone. A quoi s'ajoute l'envoi de SMS dès que le client effectue un paiement par carte supérieur à 200 euros, afin de vérifier qu'il en est bien l'auteur, ou pour lui conseiller de basculer un trop-plein de liquidités de son compte à vue sur un compte épargne.

Une offre de "banque complète"

Si l'épargne, justement, a longtemps été l'une des principales activités des banques en ligne, celles-ci sont désormais entrées dans une logique de "banque complète", proposant également compte courant, crédit à la consommation et même crédit immobilier. Ces fameux crédits immobiliers dont les banques traditionnelles prétendent que les clients n'oseront jamais les souscrire sur Internet. "En matière de crédit immobilier, notre production a doublé en un an", rétorque Marie Cheval. Et d'expliciter :

"Nous avons pris le contrepied des banques classiques. Plutôt que d'encourager le client à faire le tour des établissements de crédit pour trouver le taux le plus avantageux, nous lui permettons de faire une simulation simplement, formulons plusieurs propositions et donnons une réponse de principe immédiate, à un taux très compétitif."

Sachant que la principale raison pour laquelle un client quitte sa banque réside dans l'attractivité du taux d'emprunt immobilier proposé par un concurrent, les banques en ligne semblent décidément avoir de belles perspectives.

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Commentaires
a écrit le 29/11/2014 à 11:24 :
Migration partielle... par exemple Boursorama vous demande de maintenir un compte dans une banque traditionnelle, car il ne fournit pas de chéquier.
Mais migrer sa CB vers une banque de type Boursorama vous fait économiser une centaine d'euros par an.
Réponse de le 28/12/2014 à 23:11 :
C'est faux. Je viens justement de recevoir un chéquier boursorama. Le seul inconvénient que j'ai eu jusqu'à présent, c'est que mon employeur a fait des gros yeux quand je lui ai demandé de virer mon salaire sur bourso. Sinon, pour l'instant, j'en suis très satisfait et j'envisage même de "larguer les amarres" en quittant définitivement les banques en dur qui se sucrent en frais sur notre dos.
a écrit le 29/11/2014 à 0:26 :
Evidemment, si les nouvelles agences ressemblent aux sites internet avec plus de frais, autant opter pour la banque en ligne, moins chère.
a écrit le 28/11/2014 à 20:09 :
Des qu'il y aura une vrai banque en ligne j'irai y mettre mes sous

Pour l'instant c'est des filiales des grandes banques

Aucun intérêt !!!
a écrit le 28/11/2014 à 16:02 :
Les banques en ligne ne sont pas des entités "virtuelles" mais des "filiales" de banques en dur. Toujours adossée à une autre, ayant des "boutiques" en ville.
Pour les CB, on paie chaque année dans une banque en dur, c'est gratuit dans la mienne (j'économise plus de 45 euros/an) mais il faut l'utiliser régulièrement. Si on la range au fond d'un tiroir, on peut nous la "retirer", simplement parce que les commissions payées par le commerçant sont divisées en trois, dont une part pour la banque en ligne (ou en dur mais ils ont encaissé une somme fixe annuelle, c'est déjà ça).
a écrit le 28/11/2014 à 15:00 :
J'ai été obligé de retourner dans une banque physique suite à un prêt immobilier, en l'occurrence à la banque populaire...

Je regrette AMÈREMENT ma banque en ligne, des services largement supérieure, et beaucoup beaucoup moins cher...

Fuyez vers les banques en ligne, vous verrez, le service est largement au dessus.
a écrit le 28/11/2014 à 14:36 :
Ca fait plusieurs années que Boursorama est ma seule banque et j'en suis totalement satisfait. Leur offre est très complète, jaimais aucun souci. Nickel, quoi.
a écrit le 28/11/2014 à 13:07 :
Il y a bien longtemps déjà que la banque aligne ses clients devenus consommateurs robotisés. Qu'elle le fasse par l'out-sourcing de filiales ou sous-traitances partenaires ou directement en inside revient au même ; ce n'est qu'affaire d'optimisation de marge. Le chaland a compris, mieux que les donneurs de leçons.
a écrit le 28/11/2014 à 11:43 :
Quand ce ne sont plus que des stagiaires aux guichets, qui vous répondent "patientez je vais me renseigner", de fait payer fort cher des services et cartes bancaires n'est plus vraiment justifié.
a écrit le 28/11/2014 à 9:31 :
Pour moi c'est "nickel" la monnaie circule plus rapidement et ne stagne pas dans une épargne qui participe a l'euro "fort" (liquidité) et au manque de confiance!
Réponse de le 28/11/2014 à 10:56 :
Aucun rapport avec la banque en ligne....
Réponse de le 28/11/2014 à 18:33 :
Il y en a qui ne connaisse pas le compte "nickel" visiblement!
a écrit le 28/11/2014 à 8:26 :
Le (enfin) du titre me semble pas la meilleure chose pour l'emploi dans le secteur bancaire. Tout ce qui se déplace vers le net fini par se délocaliser dans la plus grande discrétion pour les clients car notre niveau de charges sociales nous rend perdant !
Réponse de le 28/11/2014 à 10:55 :
@Paul C : j'allais commenter dans le même sens. Ceux qui s'inscrivent dans les banques en ligne seront probablement les même qui critiqueront le gouvernement pour la hausse du chômage. On nage en pleine hypocrisie.
a écrit le 28/11/2014 à 8:15 :
Suis client chez Boursorama depuis les débuts, pour faire un retour à ceux qui hésitent, RAS, j'avais choisi de changer de banque pour la Visa Premier gratuite qu'ils proposent (qui inclus l'assurance ski) et je dirais que les virements gratuits, les alertes sms en cas de mouvement de plus de 200e sur la CB, l'offre Assurance Vie compétitive (pas de frais sur les versements) et la simplicité d'utilisation font que je suis resté.
J'ai eu affaire au service client 2/3 fois et je dirais dans la moyenne supérieure.

Manque une offre assurance et la possibilité de remettre des chèques dans des agences SG (Hello Bank le propose dans les agences BNP)
Réponse de le 28/11/2014 à 8:46 :
J'ai gardé SocGen pour le PEL (ma banque en ligne ne le fait pas) et y déposer mes chèques (et transfert sur le compte en ligne) sinon il faut les envoyer sous courrier timbré.
Quand on voit 4% de frais d'entrée pour un produit à la SocGen, ça refroidit (si l taux est de 2%, déjà deux ans de perdus).
Réponse de le 29/11/2014 à 11:30 :
On était à 2% on est à 7% aujourd'hui selon cette dernière étude c'est une belle progression pour les banques en ligne.

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