Les "pure players" de la banque en ligne ? Les Français ne leur disent pas (encore) "oui"

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Les banques traditionnelles ont su développer des services bancaires sur Internet très proches de ceux proposés par les banques 100% en ligne, selon Panorabanques.com. REUTERS.
Les banques traditionnelles ont su développer des services bancaires sur Internet "très proches" de ceux proposés par les banques 100% en ligne, selon Panorabanques.com. REUTERS. (Crédits : Décideurs en région)
Seulement 4% des personnes interrogées par Panorabanques.com ont choisi de devenir clientes d’une banque 100% en ligne. Les Français veulent pouvoir rencontrer un conseiller, en cas de problème.

D'accord, les agences bancaires font de moins en moins recette. Plus d'un quart (27%, exactement) des Français déclarent aujourd'hui ne plus y mettre les pieds, contre 24% en 2013, d'après une étude publiée le 16 juin par le site de comparaison d'offres bancaires Panorabanques.com, qui a réalisé une enquête quantitative auprès de 31.945 personnes âgées de 18 à 50 ans, complétée par un sondage qualitatif auprès de 817 Français.

 C'est la fameuse révolution du numérique, du digital qui pousse les Français à snober leur agence bancaire. Pourquoi se déplacer quand il est si simple de gérer ses comptes via Internet, et plus particulièrement au moyen du sacro-saint smartphone, devenu une quasi-extension du bras du Français lambda ? D'autant plus qu'à l'heure d'Internet, la plupart des quelque 38.000 agences de l'Hexagone continuent de baisser leur rideau à 18 heures au plus tard, des horaires peu pratiques pour les personnes qui travaillent.

 Pouvoir rencontrer un conseiller en cas de problème

Pour autant, "les Français hésitent encore à sauter le pas vers une banque 100% en ligne (…). Cette dernière n'a pas encore fait le plein de clients", affirme l'étude de Panorabanques.com. Loin de là, même, puisque 4% seulement des personnes interrogées ont succombé à la tentation de devenir clientes d'un "pure player" de la banque sur Internet, tel que Boursorama Banque, Fortuneo ou bien encore ING Direct. Une hésitation qui résulte notamment du souhait des clients de pouvoir parler les yeux dans les yeux à un conseiller bancaire, en cas de problème.

Et pourtant, les Français sont loin de tresser des lauriers au personnel des agences, plus de la moitié (52,5%) des sondés ne jugeant pas utile de disposer d'un conseiller dédié. D'abord parce que celui-ci change tous les trois ans environ, dans le cadre des programmes de mobilité professionnelle des banques. Ensuite, parce que les clients éprouvent une certaine méfiance à l'égard de leur conseiller, qu'ils suspectent "d'essayer de (leur) vendre des produits pas toujours adaptés", selon Panorabanques.com.

 Des marques qui n'inspirent pas encore confiance

Si la plupart des Français demeurent réticents à devenir clients de banques 100% en ligne, c'est également parce qu'ils "n'ont pas encore confiance dans les pure players" de ce secteur, poursuit le site de comparaison d'offres bancaires. Il faut dire qu'exister depuis 1864, comme la Société générale qui fête cette année ses 150 ans, cela pose une banque.

Enfin, les banques traditionnelles ont su développer des services bancaires sur Internet "très proches" de ceux proposés par les "pure players" de la banque en ligne, explique Panorabanques.com. Aussi leurs clients s'en trouvent-ils satisfaits et ne voient donc pas pourquoi ils opteraient pour une banque purement virtuelle, laquelle ne leur offrirait pas en plus cette possibilité à laquelle ils tiennent de rencontrer des conseillers "pour de vrai."

 Des tarifs 2 à 4,5 fois moins élevés au sein des banques en ligne

Mais la donne pourrait changer d'ici quelques années. Notamment en raison des tarifs des banques "tout Internet", 2 à 4,5 fois moins élevés que ceux des établissements bancaires traditionnels, en moyenne, d'après Panorabanques.com. A cet égard, l'exemple du commerce en ligne est peut-être édifiant. Il y a quelques années encore, nombre de Français rechignaient à acheter sur Internet, par peur de voir leurs données bancaires piratées.

Aujourd'hui, le e-commerce rencontre un véritable succès dans l'Hexagone. Question de temps, d'apprentissage… De fait, pas moins d'un Français sur cinq envisage d'ouvrir un compte chez un "pure player" de la banque en ligne, dans les prochaines années, selon l'enquête de Panorabanques.com.

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Commentaires
a écrit le 17/02/2015 à 13:42 :
conseiller bancaire ... c'est le salarié qui vous explique comment passer votre argent en Suisse si vous êtes riche, ou, si vous êtes pas riche, comment prendre un crédit subprime et investir dans Eurotunnel, Lehmann Brothers et autres bonnes affaires que lui impose sa hierarchie .. un boulot crucial pour la prosperité, pas celle des clients, mais celle des banquiers stockoptionnés ... tu m'étonnes que ce "service" offert par les etablissements bancaires détourne les clients d'Internet !
a écrit le 18/06/2014 à 1:47 :
mais quand le projet de retirer totalement les espèces aboutira (on n'est pas loin, les prochaines limitations de retrait et paiement sont ridicules) ce sera la norme.
Ce sera d'autant plus facile pour limiter les bank-runs et autres saisies par l'état en cas de coup dur...
a écrit le 17/06/2014 à 20:02 :
Et toujours aucune banque en ligne pour les entreprises en France. Oui, nous sommes bien en 2014...
a écrit le 17/06/2014 à 17:12 :
Pouvoir rencontrer un conseiller....quand on sait que les banques sont ouvertes aux horaires de bureau, de 9h à 17h, donc jamais accessibles quand on travaille, je trouve cela étonnant.

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