Trump envisage de scinder les grandes banques

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« Il y a des gens qui veulent revenir à l'ancien système, n'est-ce pas ? Donc, nous allons regarder cela » a déclaré le président Trump au sujet du rétablissement de la loi Glass-Steagall sur la séparation bancaire, lors d’une interview dans le Bureau ovale avec l’agence Bloomberg.
« Il y a des gens qui veulent revenir à l'ancien système, n'est-ce pas ? Donc, nous allons regarder cela » a déclaré le président Trump au sujet du rétablissement de la loi Glass-Steagall sur la séparation bancaire, lors d’une interview dans le Bureau ovale avec l’agence Bloomberg. (Crédits : Carlos Barria)
Le président américain envisage une réglementation à la Glass-Steagall séparant les activités de dépôts et d’affaires. Dans le même temps, il veut supprimer la loi Dodd-Frank votée sous Obama afin de limiter les activités spéculatives des banques après la crise financière.

Entouré d'anciens de Goldman Sachs, le nouveau président américain a donné l'impression de vouloir faciliter la vie des géants bancaires de Wall Street, en allégeant la réglementation mise en place sous ses prédécesseurs : il a ainsi ordonné au secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, de travailler sur le détricotage de la loi Dodd-Frank votée après la chute de Lehman Brothers et la crise financière mondiale.

Dix jours plus tard, Donald Trump annonce envisager « activement » une nouvelle réforme législative bancaire et le rétablissement de certaines dispositions du Glass-Steagall Act, la loi de 1933 qui a imposé une séparation stricte entre les activités de détail (collecte des dépôts, crédits à l'économie) des banques et leurs activités de marchés, largement contournée à partir des années 1970 et abrogée sous Bill Clinton en 1999.

 « Je regarde cela en ce moment. Il y a des gens qui veulent revenir à l'ancien système, n'est-ce pas ? Donc, nous allons regarder cela », a déclaré Donald Trump, dans son style inimitable, lors d'une interview avec l'agence Bloomberg dans le Bureau ovale.

Jusqu'ici, c'était la croisade de la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, membre de la commission bancaire du Sénat, qui voulait protéger les épargnants américains et éviter aux contribuables de payer pour le sauvetage d'établissements "too-big-to-fail" ("trop gros pour faire faillite").

"Le Godzilla législatif des démocrates"

L'annonce de Donald Trump n'est en réalité pas un virage à 180 degrés. Le rétablissement du Glass-Steagall Act, qui, voté après le krach de 1929, avait décrété l'incompatibilité entre les banques de dépôts et d'investissement, figurait très explicitement au programme du parti républicain, en balance de la suppression de Dodd-Frank :

« La loi Dodd-Frank, le Godzilla législatif des démocrates, écrase les banques petites et locales et les autres institutions de prêts. [...] Nous soutenons le rétablissement du Glass-Steagall Act de 1933 qui interdit aux banques commerciales de se livrer à des investissements à haut risque. »

Dans cette « plateforme » adoptée par le parti en juillet dernier, les républicains expliquent leur vision « pour la banque américaine » : ils estiment que la crise financière a été utilisée comme « une excuse » par le camp adverse pour établir « un contrôle sans précédent sur les marchés financiers du pays » avec des conséquences « fâcheuses pour tout le monde, sauf pour les régulateurs fédéraux », plutôt que de s'attaquer à « la cause de la crise - les politiques de logement du gouvernement. »

Gary Cohn, le conseiller économique de Donald Trump, ex-numéro deux de Goldman Sachs, a plusieurs fois déclaré qu'il fallait inventer "le Glass-Steagall du XXIe siècle".

Régulation moins stricte pour les banques d'affaires ?

Cette annonce a fait reculer les valeurs bancaires à Wall Street lundi 1er mai et ce mardi. Ceci dit, les deux premières concernées, les mastodontes mariant banque de détail et banque d'investissement JP Morgan Chase (-0,9% ce mardi) et Bank of America (-0,8%) - qui a racheté Merrill Lynch au bord de la faillite en 2008 - cotent au plus haut depuis la crise des subprimes, et même non loin de son record historique pour JP Morgan. Depuis l'élection de Donal Trump en novembre, les cours des bancaires ont gagné entre 25% et 40%.

L'impact d'une loi radicale de séparation bancaire pourrait être beaucoup plus massif qu'une abrogation de Dodd-Frank pour ces acteurs-là. Certains spécialistes sont sceptiques. L'ancien patron de la Fed, Ben Bernanke, a confié au New York Times

« Si la loi Glass-Steagall avait été en vigueur (en 2008), certaines entreprises en faillite n'auraient pas pu être reprises », par exemple le courtier Bear Stearns par JP Morgan.

Le patron de JP Morgan Chase, Jamie Dimon, s'était montré prudent sur la refonte de la régulation du secteur. Dans sa lettre aux actionnaires le mois dernier, il avait milité en faveur d'un allègement raisonné de Dodd-Frank.

La conséquence d'un Glass-Steagall Act modernisé pourrait même être paradoxalement de réguler moins strictement certaines firmes comme les banques d'affaires Morgan Stanley et Goldman Sachs, relève d'ailleurs le quotidien new-yorkais. Ce qui serait loin de prévenir le retour d'une nouvelle crise financière. Parmi les plus retentissantes faillites de la crise de 2008, « Lehman Brothers était une pure banque d'investissement, Northern Rock en Angleterre une pure banque de détail », rappelle ainsi Christian Noyer, le gouverneur honoraire de la Banque de France.

En France aussi, une (vraie) loi de séparation bancaire, allant au-delà du texte cosmétique voté en 2013, figurait dans le programme de nombreux candidats à la présidentielle, de Benoît Hamon à Jean-Luc Mélenchon, en passant par Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Cheminade, François Asselineau et Jean Lassalle, mais pas chez les « pro-business » François Fillon et Emmanuel Macron. Quant à Marine Le Pen, pas de mesure précise sur ce point dans son programme si ce n'est des commentaires contre la "finance spéculative" et "Macron le banquier d'affaires" qui a "le caractère pour cela, l'insensibilité qu'il faut à ce métier."

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Commentaires
a écrit le 04/05/2017 à 16:32 :
M. Trump, ce président énigmatique, qui de mesures en mesures n'a pas fini de nous surprendre. La scission des fonds spéculatifs de ceux de dépôts est de nature à réconcilier le capitalisme avec une certaine régulation nécessaire. C'est en effet ce genre de décision parmi d'autres qui peuvent conditionner l'attrait d'un management par cette grande puissance, d'une volonté de prendre notre destin en main. Quoi qu'il en soit, voilà un des exemples à mettre en oeuvre en Europe, pour différencier notre économie de celle actuellement suivie par les états unis. La sagesse veut que l'on ne laisse pas une seule nation diriger le monde ; parce que la nature humaine a vite fait de reprendre le pas sur toute bonne résolution pour accroître la part du lion en défaveur du reste du monde. Il n' y a équilibre et progrès humain que dans la mesure où tout le monde reste à même de participer librement à un avancement. Voilà un principe de l'expansion humaine qui écarte toute main mise ; guider et non contraindre. Il faut pour cela accepter la diversité, mais plus encore, l'aider à se développer.
a écrit le 04/05/2017 à 9:33 :
Cette loi favorisait fortement Golman Sachs en diminuant ses concurrents JP Morgan Chase et Bank of America. Pas étonnant que des conseillers anciens de GS propose ce genre de loi.
a écrit le 04/05/2017 à 9:20 :
le comble !! un (ex) homme d'affaire qui a ENFIN compris le danger de l'amalgame des deux types de banques, qui ne font absolument pas le même métier, situation qui fait courir un risque inacceptable aux particuliers et à leur épaprgne
a écrit le 04/05/2017 à 8:26 :
Le choix est clair depuis longtemps:
* D'un coté les "Banques" qui collectent les fonds des épargnants et investissent dans l'économie réelle.
** De l'autres les "Fonds.d'Investissement" qui spéculent sur les "Produits-Financiers" et les matières premières, avec de "l'argent-Virtuel".
a écrit le 03/05/2017 à 16:57 :
Depuis 2007, nous n'avons eu droit qu'à de la poudre aux yeux. Ca continue donc...
a écrit le 03/05/2017 à 14:00 :
Trump au service de Wall street ...
Séparation des activités de détail et d'affaires d'un côté et dérégulation de l'autre.
Tout cela c'est de l'arnaque intellectuelle.
Les banques d'affaires vont encore repartir en vrille puis quand elles feront faillites, leurs dirigeants partiront vivre leur retraite dorée et elles laisseront des ardoises monumentales derrière-elle qui déclencheront une crise systémique.
a écrit le 03/05/2017 à 12:24 :
... Cette proposition plutôt sympathique et surprenante va à contre-courant de la vision "financière" de Trump, ceci compte tenu de gens de la finance qu'il a nommé auprès de lui pour le conseiller...L'avenir devrait nous éclairer sur la nature et les objectifs du coup fourré, parce que c'est bien de cela qu'il s'agit: d'un coup fourré. US GO HOME.
a écrit le 03/05/2017 à 11:43 :
Trump est totalement irresponsable!Les banques us iront au mieux -disant,des pays comme la France ou autres pour investir en toute sécurité.Hollande nous avait prévenus,avec Trump on va en voir de belles!
a écrit le 03/05/2017 à 10:36 :
Bientôt, il ne restera plus que la France où les deux activités dont autorisées pour les banques.
Etant les risques et les enjeux, ce sont les contribuables, les particuliers et les entreprises, qui supporteront in fine les coûts et les conséquences de la prochaine crise bancaire.

Pourquoi un tel aveuglement des politiques qui entretiennent un statu quo aussi explosif qu'irresponsable ?

Jusqu'à quand cet immobilisme ?

PS. On peut aussi jeter un coup d'oeil, avec intérêt, sur le rapport du sénateur Pierre-Yves Collombat cité dans l'article http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/tous-les-ingredients-d-un-nouveau-krach-sont-reunis-650450.html
a écrit le 03/05/2017 à 9:33 :
Alors que tout porte a la création d'un monde virtuel, hors sol, pour le bonheur de quelques privilégiés, d'autre font un retour à la "Terre"!
a écrit le 03/05/2017 à 8:34 :
Oui, en France ils nous l'ont tous promis cette séparation d'activité indispensable si Trump le fait on pourra dire qu'il aura déjà fait preuve de plus de courage que tous les présidents occidentaux ces 20 dernières années.

"L'impact d'une loi radicale de séparation bancaire pourrait être beaucoup plus massif qu'une abrogation de Dodd-Frank pour ces acteurs-là"

On comprend qu'elles aient peur, il va dorénavant falloir qu'elles rendent des comptes à leurs clients, non mais où va t'on hein...

C'est une excellente nouvelle, une mini révolution même, pour le peuple américain et du coup de dérèglementer n'est plus du tout un problème étant donné que quand les établissements financiers se casseront la gueule parce que comme d'habitude ils en veulent toujours plus l'état pourra leur dire tranquillement d'aller se faire voir.

Merci pour cet article sachant que dans les médias cela devrait se transformer en catastrophe, ils vont nous dire une énième fois que trump fait n'importe quoi et-c...

Par contre nous pouvons acter qu'il n'y a plus de droite et de gauche en politique il y a des hommes pouvant être courageux et une multitude de lâches soumis au pouvoir de l'argent.

Vous allez voir que sur une idée aussi progressiste les européens ne vont pas suivre...
Réponse de le 03/05/2017 à 12:22 :
Très belle idée en effet. Le vrai probmême réside dans la contre partie demandée. Plus de spéculation dans les banques d affaires. Tous aux abris sur les marchess des matières premières etc...
Réponse de le 03/05/2017 à 12:49 :
Je suis d'accord avec vous en ce qui concerne la spéculation, de part l'irresponsabilité majeur des actionnaires milliardaires ils peuvent rapidement causer des dégats mondiaux avant de faire sauter la banque.

Vous avez entièrement raison, maintenant je pense au sein de notre système économique qui ne remet et ne remettra jamais en question cette hégémonie des possédants, peut-être que quand ils causeront directement la misère et la mort les gens se révolteront.

Car seule une révolte pourra nous sortir de l'oligarchie, les politiciens étant les laquais de ces gens là.

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