Un fonds activiste met 3 milliards d'euros dans Nestlé et veut une sortie de L'Oréal

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Cette prise de participation survient alors que Mark Schneider, transfuge du groupe de santé allemand Fresenius, tente de relancer la croissance de Nestlé, qu'il dirige depuis janvier.
Cette prise de participation survient alors que Mark Schneider, transfuge du groupe de santé allemand Fresenius, tente de relancer la croissance de Nestlé, qu'il dirige depuis janvier. (Crédits : Pierre Albouy)
Le fonds Third Point souhaite que Nestlé augmente sa marge et cède des actifs non-stratégiques. Les titres Nestlé et L'Oréal, détenu à 23% par le géant de l'agroalimentaire, ont ouvert en hausse lundi en Bourse.

Après avoir lancé des offensives chez Sony et Yahoo, Third Point s'attaque à Nestlé. Le fonds américain a annoncé dimanche une prise de participation de plus de 1% dans Nestlé et a invité le géant agroalimentaire à améliorer sa marge, à lancer un programme de rachat d'actions et à se séparer d'activités non-stratégiques, notamment la participation dans L'Oréal.

La participation, d'une valeur de 3,28 milliards de francs suisses (3,02 milliards d'euros) est la plus importante jamais acquise par le fonds d'investissement, propriété de l'investisseur Daniel Loeb. Elle ferait de Third Point le huitième actionnaire du géant de l'alimentaire, selon des données de Thomson Reuters.

Cette prise de participation survient alors que Mark Schneider, transfuge du groupe de santé allemand Fresenius, tente de relancer la croissance de Nestlé, qu'il dirige depuis janvier. Le géant suisse est exposé à un ralentissement des marchés émergents, à une baisse des prix dans les marchés développés et aux nouvelles exigences des consommateurs qui veulent des produits plus sains et plus frais.

Doubler l'endettement pour racheter des titres

Des discussions productives ont déjà eu lieu entre l'investisseur et la direction de Nestlé, poursuit le fonds spéculatif, qui estime que Nestlé doit se fixer pour objectif officiel une marge de 18% à 20% d'ici 2020 de manière à améliorer la productivité.

Third Point, qui a annoncé l'opération dimanche dans une lettre à ses investisseurs, préconise la vente de la participation de 23% détenue par Nestlé dans L'Oréal. Il recommande enfin que Nestlé double, et au-delà, son endettement ce qui, avec le produit de cession de l'éventuelle participation dans L'Oréal, permettrait de dégager les ressources nécessaires à un rachat de titres.

Nestlé, qui n'était pas joignable dans l'immédiat, a dit ce mois-ci qu'il envisageait de vendre son activité américaine de confiserie, qui réalise un chiffre d'affaires annuel de 900 millions de francs suisses (828 millions d'euros). A l'inverse Gerber, le fabricant d'aliments pour bébé de Nestlé, pourrait faire des acquisitions et signer des partenariats avec des startups innovantes pour doper sa croissance sur son marché local, aux Etats-Unis et en Chine, avait déclaré jeudi dernier à Reuters son directeur général.

Lundi, en Bourse, le titre Nestlé a ouvert en hausse de 4,45% tandis que L'Oréal gagnait 2,71%.

(avec Reuters)

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a écrit le 27/06/2017 à 18:51 :
Je suis probablement suicidaire, mais je verrais d'un bon œil que tout ce système s'effondre. 3 milliards pour 1%, et, avec ce 1%, on fait la loi ?? Et on oblige un groupe entier à licencier (bien sûr, sinon, comment augmenter ses marges ?) et à utiliser son cash à racheter ses propres titres, histoire d’enrichir ses actionnaires, et eux seuls. Tant pis pour l'économie réelle et pour l'avenir du groupe à long terme.
Pour la petite histoire, je rappelle que le rachat de ses propres titres était interdit jusqu'à il y a une trentaine d'années, et qu'enfreindre cette interdiction avait valu quelques jours de prison aux frères Willot. Cherchez l'erreur...!
a écrit le 27/06/2017 à 12:50 :
Je suis probablement suicidaire, mais je verrais d'un bon œil que tout ce système s'effondre. 3 milliards pour 1%, et, avec ce 1%, on fait la loi ?? Et on oblige un groupe entier à licencier (bien sûr, sinon, comment augmenter ses marges ?) et à utiliser son cash à racheter ses propres titres, histoire d’enrichir ses actionnaires, et eux seuls. Tant pis pour l'économie réelle et pour l'avenir du groupe à long terme.
Pour la petite histoire, je rappelle que le rachat de ses propres titres était interdit jusqu'à il y a une trentaine d'années, et qu'enfreindre cette interdiction avait valu quelques jours de prison aux frères Willot. Cherchez l'erreur...!
a écrit le 26/06/2017 à 13:12 :
Prise de participation de 1 % et ça veut peser sur les autres actionnaires majoritaires !!!!C'est une plaisanterie....
a écrit le 26/06/2017 à 12:51 :
La participation de Nestlé dans l'Oreal est évaluée à 27 milliards au cours de bourse sans une éventuelle prime de contrôle. Dans un pays où l'ennemi est la finance, aucun investisseur n'a la possibilité de mettre une telle somme sur la table à l'exception peut être de LVMH mais qui se retrouverait en position dominante. Nous allons encore laisser partir un fleuron de l'industrie française à l'étranger, conséquence logique de quarante ans de politique d'un pays où l'on n'aime pas l'argent qui nous le rend bien.
a écrit le 26/06/2017 à 10:35 :
Toujours ces fonds d'investissements aux aguets qui veulent faire de l'argent à court terme. Nous avons l'habitude de cet activisme, combien de sociétés ont été dépecées, ont vu leur stratégie remise en question. En cas de vente de 23 % du capital de L’Oréal , le groupe pourra t-il rester français ?

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