Les banques européennes affichent des profits au plus haut depuis 2011

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A 1,35 milliard d'euros au deuxième trimestre 2015, le bénéfice net de la Société générale constitue un record depuis 2007.
A 1,35 milliard d'euros au deuxième trimestre 2015, le bénéfice net de la Société générale constitue un record depuis 2007. (Crédits : reuters.com)
Les dix plus grandes banques du Vieux Continent ont dégagé un bénéfice net global de 11,4 milliards d’euros, au deuxième trimestre 2015. La politique monétaire accommodante de la BCE commence à se faire sentir sur la demande de crédits.

D'une crise grecque à l'autre, les banques européennes, qui viennent de clore leur "saison des trimestriels", ont bien changé. En 2011, marchés et régulateurs les exhortaient à réduire leur exposition aux pays à risque de la zone euro, alors en pleine crise des dettes souveraines. Sous peine, sinon, de déclencher une nouvelle crise bancaire. Quatre ans et moult réductions de leurs bilans plus tard, les dix plus grandes banques européennes, en termes d'actifs, ont dégagé un bénéfice net global de 11,4 milliards d'euros, au deuxième trimestre. Il faut remonter à 2011, précisément, pour retrouver pareil niveau de résultat, selon les données de l'agence Bloomberg.

La Société générale, avec un bénéfice net de 1,35 milliard d'euros, affiche même sa meilleure performance depuis 2007, avant l'éclatement de la crise financière. Et chacune des dix plus grandes banques européennes a enregistré au moins une croissance à deux chiffres de son résultat net. "Les résultats des banques européennes ont été bons, au deuxième trimestre. Certes, ils ont bénéficié de pas mal d'éléments exceptionnels, comme des cessions d'actifs, mais ils sont clairement à un bon niveau, en particulier grâce à un coût du risque [provisions pour risques d'impayés ; Ndlr] en forte baisse dans beaucoup de pays", confirme Jérôme Legras, responsable de la recherche au sein de la société de gestion Axiom Alternative Investments.

Une reprise progressive de la croissance en Europe

Si le coût du risque a autant diminué, c'est grâce à une amorce de reprise économique au sein de la zone euro. "Le climat économique s'améliore progressivement en Europe", a affirmé Frédéric Oudéa, directeur général de la Société générale, lors d'une conférence téléphonique, le 5 août. "Après une stagnation de 2012 à 2014, l'activité économique est un peu meilleure en France, où nous prévoyons une hausse de 1,2% du PIB, cette année", renchérit François Pérol, président du directoire de BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne). Conséquence de cette amélioration de la conjoncture économique, les crédits sont enfin repartis à la hausse depuis mars, après des mois de recul. Au 30 juin, les encours de crédit des Banques Populaires et des Caisses d'épargne affichaient ainsi une hausse de 2,7% par rapport à l'année précédente.

Une progression qui ressort à 2,2% pour le Crédit agricole, en France, et à 1,3% et à 0,8%, respectivement, pour les réseaux de la Société générale et de BNP Paribas dans l'Hexagone. Preuve que la politique monétaire ultra-accommodante de la BCE commence enfin à alimenter la demande de crédit. Moins chez les entreprises, cependant, que chez les ménages, comme le montrent le rebond du crédit à la consommation et l'accélération du crédit immobilier, la faiblesse des taux ayant entraîné une vague de renégociations de prêts à l'habitat. Une faiblesse des taux longs sur lesquelles les banques avaient alerté en début d'année, redoutant les conséquences de l'aplatissement de la courbe des taux sur la marge d'intérêt tirée de leur activité de transformation [les banque se financent à court terme et prêtent à long terme ; Ndlr].

La question de l'environnement de taux

"L'évolution des taux a des conséquences à long terme sur la profitabilité des banques. Sur un trimestre, cela ne va quasiment rien changer. Il y a ainsi eu un effet négligeable des taux sur les résultats opérationnels des banques, au deuxième trimestre", indique Jérôme Legras, chez Axiom. Mais quid des prochains mois ? "La remontée des taux longs (observée depuis début mai) aura un effet plutôt positif sur la marge d'intérêt des banques. Par ailleurs, elle ne devrait pas peser sur les volumes de crédit. D'abord, parce que les taux, comme les volumes, partent d'un niveau très bas. Ensuite, parce que la remontée des taux est plutôt le signe d'un redémarrage de l'économie", poursuit Jérôme Legras.

La banque de détail n'a pas été le seul moteur des résultats trimestriels des établissements européens. La banque de financement et d'investissement (BFI) en a été un autre, qui a notamment profité de la volatilité sur les marchés engendrée par la crise grecque. Enfin, les banques européennes doivent également leurs bons résultats au tour de vis donné à leurs frais de gestion. Lequel va se poursuivre, face à la hausse des coûts engendrée par la réglementation et par les litiges, sans oublier la nécessité d'une plus grande compétitivité face aux "pure players" de la finance digitale : la Société générale a annoncé un nouveau plan d'économies de 850 millions d'euros, et, d'après Bloomberg, BNP Paribas plancherait sur une réduction de 20% des coûts de sa BFI, d'ici à 2019.

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Commentaires
a écrit le 19/11/2015 à 13:33 :
ESSAI
a écrit le 12/08/2015 à 16:39 :
Si La Banque va, tout va,
Allelouya! la crise est finie ;)
a écrit le 11/08/2015 à 18:29 :
Sg record de profitabilite grâce à ses salariés qui eux ne sont jamais récompenses!
Réponse de le 11/08/2015 à 18:34 :
Comme toute entreprise pour être profitable il faut aussi toucher aux charges... Salariales... Aucune banque n'y échappe non plus... D'où une partie d'augmentation des profits!
a écrit le 11/08/2015 à 13:11 :
1) Oui, ben quand on refile la crise de l'immobilier aux financiers, des financiers aux banques, des banques aux États (et des États aux citoyens évidemment) comme en 2008, c'est nettement plus facile de faire des bénéfices par la suite ! 2) "Ensuite, parce que la remontée des taux est plutôt le signe d'un redémarrage de l'économie" : heu, ch'uis pas vraiment sûr, ça serait plutôt le signe que les banques essaient de récolter un max de pognon sur notre dos ! Faites le tour des articles de La Tribune depuis quelques mois, y'a largement de quoi penser que cette soi-disant reprise est déjà terminée pour tous les pays (sauf la France et l'Italie, toujours en retard d'un an ou deux !), et que cette remontée des taux ne va sûrement pas durer très longtemps (voir par exemple la situation de la Chine, très probablement en train de se ramasser depuis presque 2 ans malgré les chiffres officiels, la BoE, qui à l'unanimité moins 1 voix ne veut pas remonter ses taux d'intérêts malgré la soit-disant bonne santé du pays, le Canada qui a descendu ses taux d'intérêts en mai, etc ...) !
a écrit le 11/08/2015 à 3:05 :
les banques se sucre de plus en plus sur le dos des consommateur
quand on voit les droits de garde et les frais bancaire c'est une honte
c'est pour cela qu'il y a fuite de capitaux ajouter aux impôts.
a écrit le 10/08/2015 à 6:05 :
Les banques sont les parasites de notre société
a écrit le 10/08/2015 à 1:00 :
Evidemment les Classes moyennes leurs paient tout. Les banques peuvent prélever DIRECTEMENT SUR COMPTE, comme les impots, leurs légions de frais pour tout motif. Et tout en se finançant à 0% abusent, en facturant des découverts entre 12 et 17% comme lorsque l'inflation était à 10%, et qu'elle se finançaient à 7%, et le tarif révisé désormais chaque six mois, s'allonge en invention de frais, lisible à la loupe pour tenir en une page recto-verso. Les " frais" auraient pu considérablemenr baisser : Rares sont les déplacements en Agence : nous faisons LEUR travail sur le net.
a écrit le 09/08/2015 à 22:00 :
On parle des profits de banques, ça change des petites unités, type micron pour la croissance, comme la croissance hors inflation. Qu’il existe des banques, c’est très bien, les Grecs préfèreraient le troc avec leur fermeture, leur sirtaki et le contrôle des mouvements de fonds. Egalement on parle de -25% de baisse du PIB avec chômage élevé… au Parlement Européen n’a-t-on pas un problème de définition du terme développement économique ? En France, il parait qu’hors inflation, puisqu’il faudrait relancer l’inflation, on aurait un PIB par habitant 2014 sous le niveau 2007. Entre 2007 et 2014, combien l’Etat a-t-il dépensé d’argent pour faire baisser le niveau de vie et augmenter le chômage ? La France serait un grand pays industriel, en part dans l’Europe, moins que l’Italie qui a une balance positive alors qu’on annonce des records commerciaux pour l’Allemagne, quid des champions français ? Si les banques font des bénéfices quid du financement des entreprises, on parle de faillites record et d’augmentation de la précarité alors qu’on aurait moins d’ETI que nos voisins, que fait l’Etat alors qu’on parle Etats-Généraux de l’Industrie en 2010 ? On nous publie les résultats du commerce extérieur du premier semestre 15, n’aurait-on pas un souci de portage, de compétences ou bien de confusion entre l’export et l’import ? Si l’export progresse, le commerce est négatif, il fut positif entre 93 et 97, ne manquerait-on pas de fonctionnaires d’exports, ou bien les aides de l’Etat ne devraient-elles être revues ? L’industrie serait en baisse sur le semestre, la relance n’est pas pour l’industrie ? Et l’augmentation des prix des logements, c’est pour relancer l’inflation ? On parle de traités comme Lisbonne sur le taux d’actifs, on est pour l’augmentation du taux de chômage ? Et pour la R&D on fait semblant, on est anti technologies, il y aurait moins de machines. Pour les pertes, on condamne certains employés de banques, quelles pertes ont des médailles alors qu’en 2015, 5 banques auraient fait faillite en Europe ? Les USA auraient une croissance double et un chômage inférieur de moitié, une baisse du taux d’actifs, seulement en pib par habitant, c’est plus qu’en Europe. L’Europe est-elle un modèle quand elle rivalise de chômage surtout chez les jeunes ? On y parle de vice au pib quid de l’incitation à la spéculation par un arrosage monétaire qui augmente la bourse mais pas la croissance ? Ne fait-on pas des dettes qui appauvrissent la société ? On trouve des avocats au smic selon les témoignages, des hôtesses qui auraient le double, le mérite c’est quoi ? Des étudiants s’endettent pour leurs études, certains de formations fonctionnaires ont les études payées… L’Europe fabrique de terros et de chômage, qui déporte 400 000 espagnols, on publie 61% de diplômés chômeurs, est-ce un régime moral, un modèle mondial ? Ne fait-on pas des histoires belges sur la relance à la Française qui relance l’inflation et prône les bulles pour relancer, est-ce pour faire exploser la société alors qu’on parle socialisation des pertes ? Ne fait-on pas dans l’ANFLATION ? On fait monter les prix au lieu de faire de la croissance, on préfère importer plutôt que produire ? On parle de pénurie de médicaments, on aurait administrator, le génie de l’organisation ou bien des Carpattes ou de l’euro à pattes alias courant ? Et 1 euro cotisé, 3 de pension, c’est pas pour tous ? Et pour la filière bois, le mobilier on ne sait pas faire, on parle de filière négative depuis 1978 ? On parle d’augmentation des consultations et de diminution de la fréquentation des médecins ou de réduction des soins, c’est pour la relance de l’inflation comme pour l’électricité et puis on dit que c’est de la consommation qui augmente ? On parle de fermeture des commerces, de diminution de la fréquentation des boucheries, c’est pour relancer le steak-haché par l’augmentation des prix au consommateur, mr fait-il dans la croissance hard… discount ? On aurait une croissance sous la moyenne, c’est pour faire SM, Sa Médiocrité, Sa Mérovingie, on entend dire dégraissage, c’est avec Popeye ? On jouerait à Gragobert et le Chevalier Camembert, vive le gras qui ne serait pas le graal d’une croissance musclée ? Pour l’export, les Allemands feraient un record et la France en négatif, avec l’euro en baisse de 20% on relance l’export à combien de %. L’euro serait au bon niveau, on collaborerait avec un casque à pointe ? Si on commerce dans l’Europe, ne faudrait-il pas le franc ? Pour les impôts et les réformes, c’est comme pour les nains de jardin, on y croit tous. On entend parler de veautes, on pourrait imaginer voeutes pieux. N’aurait-on pas l’ivresse des hauteurs avec la tête dans les nuages, genre pelleteux de nuage de haut comité ?
a écrit le 09/08/2015 à 9:01 :
Tout a fait qu on leur rende déjà leurs créances pourries sur la Grèce et qu on rembourse le contribuable
Facile de faire profits records quand tu peux prendre tous les risque que tu veux en gardant les profits mais en refilant aux contribuables les pertes
Merci Sarko
Et bravo hollande il a trouve le visage de la finance aveugle mais .... C était ses amis ... Donc il écrase
a écrit le 09/08/2015 à 0:56 :
Et oui! quand on est au dessus des lois, le profit tourne a plein régime.
Ca n’empêche pas que leurs comptes soient toujours à très haut risque, que depuis 2008, rien a changer, elles continuent de jouer au casino/bourse avec l'argent de leurs clients (nous). Elles sont toujours autant systémique au moindre caillou dans le monde.
Elles reviendront alors pleurer auprès de l'état au prochain crash financier.
Pour elle, c'est tranquille : Ce sera l'argent de l'état pour les sauver (le votre) ou alors le compte des clients qui disparait (le votre).
La question alors sera; L'état pourra til les sauver une 2ème fois.
Réponse de le 09/08/2015 à 13:38 :
vive les lumières. ...
a écrit le 09/08/2015 à 0:09 :
L'oligarchie des 28 banques dont pour la France BNP, SG,CA, BPCE, qui ont des liquidités à hauteur de 800T ! Nous avons largement contribue avec nos impôts à consolider les bénéfices d'aujourd'hui mais quid du remboursement de la dette des banques envers les états! Ils se sont fait une virginité? Que nenni. Ils continuent à trafiquer les taux d'intérêts et taux de change à leurs guises. A quand la prochaine crise ! Elles ont la capacité de déstabiliser le système monétaire et financier mondial".
a écrit le 08/08/2015 à 16:24 :
On pourrait peut-être leur refiler les dettes grecques, qu'elles ont gentiment donné aux pays de l'UE en 2010 ?
a écrit le 08/08/2015 à 15:32 :
Intéressant de savoir que les banques se sucrent avec notre argent et en plus nous le font payer de plus en plus cher
a écrit le 08/08/2015 à 12:51 :
On fait dire n'importe quoi a la comptabilité! L'argent génère l'argent sans qu'aucune richesse ne soit créer par le travail! Tant que l'on considérera la monnaie comme un "but" plutôt qu'un simple "moyen" d'échange, rien n'évoluera!
a écrit le 08/08/2015 à 12:35 :
Moralité, faut vider les rigolos au gouvernement et les remplacer pars des banquiers...
a écrit le 08/08/2015 à 12:02 :
Qui parle de crise??? Il n'y en a donc pas ?

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