La Tribune

Jacques-Antoine Granjon : "ce que je veux faire de Vente-Privée.com"

Copyright Reuters
Copyright Reuters
Propos recueillis par Juliette Garnier  |   -  708  mots
Dans un entretien exclusif à La Tribune, le cofondateur de Vente-privée.com souligne le potentiel du site de ventes événementielles créé il y a dix ans. En 2011, son volume d'affaires pourrait atteindre 1,1 milliard d'euros, grâce à une progression de 15% du chiffre d'affaires.

La Tribune - Jacques-Antoine Granjon, PDG de Vente-privée.com, vous aviez prévu que 2010 serait une année de consolidation. Qu'en a-t-il été ?

Jacques-Antoine Granjon - Bien sûr, le chiffre d'affaires de Vente-privée a progressé. Notre volume d'affaires s'est établi à 969 millions d'euros, soit 15 % de progression. C'est à peu près ce que nous avions prévu. Il y a deux raisons au fait que nous n'avons pas fait mieux. D'abord, après la crise, les marques ont moins fabriqué. Donc leurs stocks étaient moindres. Et les quantités qui nous ont été proposées à la vente pour désto-ckage ont été moins importantes. Il a fallu faire face à l'arrivée très agressive d'une nouvelle concurrence sur ce marché du déstockage de marques. Comme si c'était une vraie ruée vers l'or ! D'ailleurs, j'estime que ces concurrents font n'importe quoi. Ils achètent mal, cher. Et la conséquence sur leur rentabilité est cinglante.

 

- Quelle a été l'évolution de votre rentabilité ?

- Vente-privée dégage toujours une marge nette comprise entre 6 et 7 %. Et il n'y a pas un site événementiel de ventes privées qui est aussi rentable et capable de dégager un cash-flow aussi important que nos 170 millions d'euros prévus à fin juin. Or, contrairement à ce que pensent les commerçants traditionnels, vendre par Internet coûte très cher. Vente-privée emploie 1.500 personnes. La logistique, l'immobilier et les technologies de l'information coûtent. Dès lors, un site ne peut rester petit. Et aujourd'hui, ce ne sont pas les Brandalley, Bazar Chic et autres qui sont nos concurrents, mais eBay qui a racheté l'allemand Brands for Friends [pour 150 millions d'euros, Ndlr] ou Amazon qui a repris l'espagnol Buy Vip (pour 70 millions d'euros, ndlr). Bref, ce sont des leaders, de gros sites avec des moyens illimités, capables de monter des catalogues énormes.

 

- Comment analysez-vous leurs acquisitions ?

- Amazon et eBay font beaucoup dans la croissance externe. Car eBay doit se réinventer. Après son idée de génie de départ - la vente entre particuliers - le site a sécurisé le mode de paiement en reprenant Paypal, mais il a ensuite galvaudé son système pour gagner plus. Aujourd'hui, Ebay est un fourre-tout où on ne sait pas si on achète du faux ou du vrai et qui est le vendeur, un pro ou un particulier. La machine fonctionne encore car nous sommes six milliards sur la planète. Mais autour de moi, personne n'achète sur eBay !

 

- 2011, sera-t-elle une autre année de consolidation ?

- Oui, car l'Internet n'en est qu'à ses balbutiements en France. Nous n'avons que 15 ans de recul depuis la création d'Amazon par Jeff Bezzos en 1995. Après la vente de Price Minister à Rakuten et de Cashstore à eBuyClub, il y aura encore d'autres opérations. L'année devrait aussi être celle du développement des marques et des enseignes traditionnelles sur la Toile. Ils n'ont plus les craintes qu'ils avaient.

 

- Pourquoi alors sont-ils aussi mauvais ?

- Que voulez-vous, Carrefour veut encore que son client porte ses bouteilles d'eau, fasse le plein dans ses stations-service et achète dans la galerie de son hypermarché... Le patron d'Auchan dit que l'enseigne va devenir multicanal... Tout cela fait bien rire. Car les Français ont déjà changé de comportement.

 

- Et vous, que visez-vous ?

- En 2010, nous avons consolidé notre logistique, nos technologies de l'information et la production de notre catalogue numérique, c'est-à-dire les trois piliers du e-commerce. Nous avons recruté Hervé Parizot, un ancien de chez Mattel, comme directeur général. S'ouvre alors l'option de viser 1, puis 1,2, puis 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Mais en fait Vente-privée pourrait faire 10 milliards d'euros de ventes ! Car elle peut devenir la marque globale européenne incontournable. Vente-privée va attaquer tous les secteurs, y compris la billetterie de spectacles et les voyages, monter des ventes plus pérennes, pour par exemple être présente toute l'année sur le marché du vin. Et, mieux que Groupon, elle va développer la vente de coupons, à valoir chez Speedy, Go Sport ou au Club Med Gym. Il faut être le Amazon de la vente événementielle.

Réagir

Commentaires

Stbg3  a écrit le 17/03/2012 à 10:42 :

Mais ce monsieur, limite prétentieux, est né avec une cuillère d'argent dans la bouche ?
N'est il pas issu de la grande bourgeoisie française ?
Son apparence de soixante hui tard attardé nous fait émettre un sourire compatissant!

femme  a écrit le 16/06/2011 à 13:31 :

je suis choquée par le tableau que vous vendez et qui apparait ds les dna du 11 juin 2011 et me pose bien sûr des tonnes de questions!!

lolomat  a écrit le 05/04/2011 à 12:37 :

Plutôt que de nous resservir toujours l'icone du "patron-rock-star visionnaire" vous feriez bien de vous intéresser aux coulisses de Vente-Privée ou tout n'est pas aussi rose que leur home-page....

olive  a écrit le 28/01/2011 à 13:01 :

que carrefour et auchan le fassent bien rire.. Un peu prétentieux... carrefour est quand même n°2 mondial de la distribution, et auchan est un empire aussi.. Ils n'ont pas 1500 employés.. RV dans 20 ans cher Mr Granjon.. Je vous souhaite beaucoup de réussite.. et beaucoup d'humilité..

dooley  a écrit le 27/01/2011 à 9:55 :

J'ai envie de suivre ses traces en créant ma propre affaire. Alors que faire?

angi  a écrit le 25/01/2011 à 10:24 :

petit erreur dans le titre et premier paragraphe... c'est Jacques-Antoine...

Latribune.fr  a répondu le 25/01/2011 à 11:12:

Merci, la correction est faite. Avec nos excuses

Alexis de Charentenay  a écrit le 25/01/2011 à 10:19 :

C'est JACQUES-Antoine Granjon (et non Pierre-Antoine...)

Latribune.fr  a répondu le 25/01/2011 à 11:19:

Merci, la correction est faite. Avec nos excuses

unknown  a écrit le 25/01/2011 à 9:00 :

Pierre-Antoine ou Jacques-Antoine?
Il faut se décider !

Latribune.fr  a répondu le 25/01/2011 à 9:01:

Désolé pour l'erreur de prénom, c'est corrigé.