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"La demande d'informaticiens est telle que les entreprises ont du mal à recruter"

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Publié le 17 octobre 2006 à 12:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:28

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Dominique Galet, directeur de la division Systèmes d'Informations du cabinet de recrutement Michael Page, analyse la situation du marché de l'emploi dans l'informatique, secteur qui est l'un de ceux qui embauchent le plus en France actuellement. 40.000 recrutements devraient être réalisés cette année dans les services et les logiciels, dont 10.000 créations nettes d'emplois selon les estimations publiées aujourd'hui par le Syntec Informatique qui rassemble 540 entreprises des logiciels et des services.

Latribune.fr- Qui recrute aujourd'hui le plus d'informaticiens, pour quels postes?

Dominique Galet- Avec la bonne santé des investissements informatiques, l'embellie économique et l'afflux de capitaux des investisseurs, l'entrée en Bourse de certains acteurs, le moral est au beau fixe. Ce sont les SSII, les sociétés de conseil et les éditeurs de logiciels qui recrutent le plus d'informaticiens aujourd'hui en France. Ils recherchent en majorité des informaticiens ayant entre 0 et 5 ans d'expérience. Il y a une tension sur le marché du travail, car il y a tellement de demandes sur certains postes que des entreprises ont du mal à recruter.

Ainsi la tension est perceptible, on peut même parler de "surchauffe", pour les développeurs orientés Objets (J2EE, .Net) et Internet ayant 0 à 3 ans d'expérience. En effet, les SSII qui n'ont pas recruté ces profils pendant les années de crise et de baisse des investissements informatiques en 2002-2003 et même en 2004 au moment de la reprise, ont besoin de refaire en quelque sorte "leurs stocks d'informaticiens juniors".

Les autres postes où il y a beaucoup de recrutements sont les consultants métiers, les chefs de projets, les architectes et les commerciaux. Toutefois, attention aux chiffres flamboyants de recrutement, il faut savoir que plusieurs SSII en compétition pour un même contrat mettent parfois les mêmes annonces de postes que l'on retrouve en plusieurs exemplaires. Ce n'est pas pour cela que tous ces informaticiens vont être recrutés, seule la SSII qui a remporté l'appel d'offres embauchera. Mais elle se positionne à l'avance pour être sûre d'avoir les effectifs nécessaires, si elle parvient à décrocher le contrat.

Quels sont les profils les plus recherchés?

Les plus recherchés sont essentiellement des Bac + 5 informatique et des ingénieurs, alors que les Bac + 2 sont moins recrutés dans le monde du service (sauf dans les métiers de l'infogérance). Le profil de l'universitaire reconverti et formé à l'informatique n'est plus jugé assez évolutif par les employeurs et ne répond plus à la demande des clients. Aujourd'hui, on recrute des profils très qualifiés et pointus. Et pour faire face aux difficultés à recruter car il n'y a pas assez d'informaticiens français sur le marché, les employeurs vont se remettre à embaucher des informaticiens étrangers, des francophones venus du Maroc, Tunisie ou Algérie, et un peu des pays de l'Est.

Quel est le niveau moyen de salaire, est-ce qu'il repart à la hausse avec la forte demande et les tensions actuelles?

Il y a trois ans, dans une grosse SSII, le salaire moyen d'un informaticien BAC +5 débutant était de 28.000 euros par an. En 2005, on est passé à 30.000 euros et aujourd'hui on est monté à 32.000 euros. On retrouve ainsi les niveaux de salaires de 2001, avant le début de la crise et de la baisse des investissements informatiques. Et il faut signaler que face aux difficultés à recruter dans certains métiers, des SSII de taille moyenne qui n'ont pas la notoriété des grandes n'hésitent pas à proposer ces salaires aux candidats pour être attractives.

Les salaires se remettent à flamber, car les taux de turn-over dans les SSII notamment repartent à la hausse avec l'embellie de l'activité et le retour des investissements informatiques. Du coup, les informaticiens qui n'osaient pas quitter leur emploi ces dernières années par peur du chômage, ou ceux qui débutent dans la vie active, aspirent tous à la sécurité de l'emploi. Ils sont de plus en plus nombreux à préférer un poste dans une entreprise utilisatrice.

En effet, les SSII et les cabinets de conseil furent les premières touchés par des plans de licenciements du fait des baisses d'investissements. Cependant, les fusions ou acquisitions d'entreprises de ces dernières années ont montré qu'aucun secteur n'est réellement à l'abri. Les salaires dans les entreprises utilisatrices n'ont plus à rougir d'un gros différentiel avec les SSII, notamment grâce aux éléments annexes (congés supplémentaires, participation et intéressement). Ils sont même parfois meilleurs, outre leur tranquillité relative, cela renforce donc l'attractivité de ces postes.

Pensez-vous que cette tendance de recrutements importants d'informaticiens va se poursuivre dans les prochains mois?

Je ne suis pas inquiet pour les six prochains mois. Contrairement à la tendance observée ces deux dernières années, où l'on se demandait tous les mois si l'embauche allait se poursuivre. Il faut rappeler que l'année 2005 a été la première bonne année de recrutement, après les années de crise en 2002 et en 2003. Je pense que l'on est aujourd'hui sur une embellie durable. Des clients commencent déjà à nous solliciter pour des appels d'offres en 2007, c'est donc bon signe.

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