Crédit agricole : le nouveau patron héritera d’une banque "en ordre de marche"

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Jean-Paul Chifflet, directeur général de CASA, quittera ses fonctions à la fin de son mandat de cinq ans, le 20 mai. REUTERS.
Jean-Paul Chifflet, directeur général de CASA, quittera ses fonctions à la fin de son mandat de cinq ans, le 20 mai. REUTERS. (Crédits : Reuters)
Le successeur de Jean-Paul Chifflet, directeur général de CASA, l’entité cotée de la banque verte, sera connu d’ici à la fin février. Il devrait s’agir de Philippe Brassac, secrétaire général de la Fédération nationale du Crédit agricole. Ce dernier hériterait d’un groupe qui a affiché en 2014 les meilleurs résultats du secteur bancaire français, pour la deuxième année consécutive.

La présentation des résultats annuels du Crédit agricole s'est déroulée dans une atmosphère quelque peu particulière, ce mercredi 18 février. Ce n'était pas encore l'ambiance d'un passage de témoin mais déjà celle d'un bilan. Jean-Paul Chifflet, directeur général de Crédit agricole SA (CASA, l'entité cotée de la banque verte), doit en effet quitter ses fonctions à l'issue de l'assemblée générale du 20 mai, qui signera la fin de son mandat de cinq ans. Selon la presse, c'est Philippe Brassac, secrétaire général de la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA), l'organe politique qui représente les 39 caisses régionales de la banque, qui devrait lui succéder.

D'après l'agence Reuters, Philippe Brassac serait "désormais le seul candidat en lice" et aurait "le soutien total de l'actionnaire majoritaire (de CASA)", à savoir la FNCA. Tout en "remerciant Jean-Paul Chifflet" et en se déclarant "très fier du travail accompli depuis cinq ans" par ce dernier, Jean-Marie Sander, président de CASA, a affirmé que la désignation du futur directeur général "n'avait pas été inscrite à l'ordre du jour du conseil d'administration" du 17 février, réuni pour valider les comptes de l'exercice 2014. Mais ce n'est qu'une affaire de jours, le nom du successeur de Jean-Paul Chifflet devant être connu "avant la fin du mois", a indiqué Jean-Marie Sander.

 Une bonne résistance de la banque de détail en France

En tout état de cause, le futur patron du Crédit agricole héritera d'un "groupe remis sur les rails de la rentabilité, en ordre de marche, capable de tenir son rôle d'une banque chère à mon cœur", a déclaré Jean-Paul Chifflet. De fait, à l'aune des résultats de l'exercice 2014, les diversifications hasardeuses, notamment à l'international, qui avaient acculé CASA à une perte historique de 6,5 milliards d'euros en 2012, semblent déjà loin. L'an dernier, CASA a dégagé un bénéfice net de 2,34 milliards d'euros, en baisse de 6,8%, un chiffre qui grimpe à 3,3 milliards hors éléments exceptionnels.

Le groupe Crédit agricole, qui comprend CASA et les caisses régionales, engrange ainsi un résultat net de 4,92 milliards d'euros, en recul de 4,3%. Mais le bénéfice net s'élève à 6 milliards d'euros hors éléments exceptionnels, lesquels comprennent l'impact négatif des difficultés financières de la banque portugaise BES, dont le Crédit agricole est actionnaire. En tout état de cause, "nous affichons de bons résultats, les plus élevés de ceux de toutes les banques françaises, pour la deuxième année consécutive", s'enorgueillit Jean-Paul Chifflet. Des résultats à mettre à l'actif de la bonne résistance de la banque de détail en France, malgré un environnement économique et de taux peu porteur, et de la poursuite de la baisse des charges.

 Le vaste chantier de la réorganisation de la gouvernance

Plus largement, selon Jean-Paul Chifflet, "ces résultats montrent un Crédit agricole remodelé", après la stratégie de recentrage du groupe sur son métier de banque de proximité en Europe amorcée en 2011, au plus fort de la crise de la zone euro, quand marchés et régulateurs exhortaient les banques à réduire la taille de leurs bilans et à renforcer leurs fonds propres. Au chapitre de la solvabilité, précisément, le groupe affiche un ratio de fonds propres "durs" (de grande qualité) de 13,1%, celui de CASA se montant à 10,4%, soit au-dessus des 9% exigés par la réglementation de Bâle III.

Certes, le successeur de Jean-Paul Chifflet va hériter d'un groupe assaini, en ordre de bataille sur le plan opérationnel. Mais il lui faudra mener à bien la réorganisation de la gouvernance du Crédit agricole, qui prévoit un transfert des pouvoirs d'organe central, c'est-à-dire les fonctions régaliennes, de CASA vers les caisses régionales. Un sujet éminemment délicat s'il en est.

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Commentaires
a écrit le 18/02/2015 à 11:36 :
Chifflet, un homme intègre. Un grand patron sorti du rang qui a nettoyé les écuries d'Augias du CA. Conscient de ses racines terriennes, il ne se prend pas pour un cador comme la plupart des banquiers du CAC
a écrit le 18/02/2015 à 10:09 :
une banque qui n'aime les clients ouvriers au fichier ca
a écrit le 18/02/2015 à 9:33 :
en ordre de marche pour spolier ses clients, aucun doute.
a écrit le 18/02/2015 à 8:16 :
Le CA "en ordre de marche" est aussi impliqué dans l'escroquerie en bande organisée #affaireapollonia : préjudice 1 milliard € / 1000 victimes : l'affaire est instruite depuis 2008 au pénal à Marseille

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