La Maif freine ses investissements dans les énergies fossiles

L'assureur prévoit l'exclusion des producteurs d'énergies fossiles non conventionnelles au-delà d'un seuil de production de 5% d'ici à 2030, et en 2040 pour le pétrole conventionnel. L'ensemble de son portefeuille d'actifs financiers, à travers la gestion en direct et les fonds dédiés mais aussi la gestion déléguée, est concerné.

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L'assureur prévoit de pousser ses sociétés de gestion partenaires à s'engager à leur tour d'ici à 2025.
L'assureur prévoit de pousser ses sociétés de gestion partenaires à s'engager à leur tour d'ici à 2025. (Crédits : MAIF)

Après la Banque Postale la semaine dernière, c'est au tour de la Maif d'annoncer sa stratégie de sortie des énergies fossiles qui représentent 2% de ses investissements, selon les précisions du groupe apportées à La Tribune. L'assureur niortais a défini, dans un communiqué publié ce jeudi, un plan et l'arrêt immédiat du financement de nouveaux projets de production de pétrole et de gaz.

Jeudi dernier, la banque publique française indiquait vouloir couper ses financements et investissements liés aux énergies fossiles d'ici à 2030, soit 10 ans plutôt que prévu. De son côté, la Maif prévoit l'exclusion des producteurs d'énergies fossiles non conventionnelles (gaz de schiste, forages en arctique...) au-delà d'un seuil de production de 5% d'ici à 2030, et en 2040 pour le pétrole conventionnel.

Arrêt immédiat du financement de certains projets

De plus, en arrêtant dès aujourd'hui d'investir dans les entreprises développant de nouveaux projets d'exploration ou de production de pétrole ou de gaz, la Maif n'accompagnera plus la plupart des majors du secteur, comme TotalEnergies, là-dessus.

L'assureur, qui couvre actuellement plus de 3 millions de sociétaires, explique que l'ensemble de son portefeuille d'actifs financiers, à travers la gestion en direct et les fonds dédiés mais aussi la gestion déléguée, est concerné. Pour définir les sociétés qui sortiront du portefeuille, la Maif se base sur la liste de l'ONG Urgewald : Global Coal Exit List et Oil and Gas Exit List. L'assureur prévoit de pousser ses sociétés de gestion partenaires à s'engager à leur tour d'ici à 2025.

Un pas supplémentaire par rapport à la Banque Postale qui, pour l'instant, exclut de son côté "les activités d'assurances et de gestion d'actifs pour compte de tiers", précisait-elle. La stratégie de la Maif sera révisée annuellement et pourra être encore accélérée en fonction de l'évolution des enjeux et de l'analyse des experts, précise le groupe. Déjà, ces objectifs ont évolué depuis 2018. Il y a trois ans, l'assureur indiquait en effet un objectif annuel de 2% d'actifs dédiés à la transition énergétique, contre 7% désormais.

Ces engagements offrent aux ONG la possibilité d'alimenter la pression. Reclaim Finance, Greenpeace France, SumOfUs et Insure Our Future appellent en effet Axa à suivre la position de Maif. Des ONG ont également payé une publicité pleine page dans le Financial Times.

"Vous avez déjà fait preuve de leadership en matière de climat et pris des mesures décisives concernant le charbon. Mais les leaders climatiques ne soutiennent pas l'expansion de la production de pétrole et de gaz. S'il vous plait, suivez donc la science et excluez tout soutien à de nouveaux projets pétroliers et gaziers dès maintenant", indique le texte sous une photo de Thomas Buberl, directeur général d'Axa.

Enfin, la Maif a également indiqué s'être ralliée à la "Net Zero Asset Owner Alliance", qui réunit depuis 2019 des investisseurs, s'étant fixé l'objectif d'une neutralité carbone d'ici à 2050 pour contribuer à l'atteinte des objectifs fixés par l'Accord de Paris sur le climat.

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