Réassurance : Scor résiste à toutes les tempêtes

Le réassureur français affiche un résultat net de 380 millions d’euros au premier semestre malgré de nouvelles provisions Covid et les tempêtes sur l’Europe de l’Est. Le nouveau directeur général du groupe, Laurent Rousseau, souhaite définir un nouveau plan stratégique 2023-2025 qui sera présenté l’an prochain.

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Chez Scor depuis une dizaine d'années, le nouveau directeur général du réassureur, Laurent Rousseau, a été auparavant conseiller de Denis Kessler, avant d'être numéro deux de réassurance de dommages.
Chez Scor depuis une dizaine d'années, le nouveau directeur général du réassureur, Laurent Rousseau, a été auparavant conseiller de Denis Kessler, avant d'être numéro deux de réassurance de dommages. (Crédits : Copyright William Lacalmontie)

Dans la réassurance, mieux vaut démontrer sa résistance face aux coups durs. C'est l'essence même du métier. Scor, quatrième réassureur mondial, a su réaffirmer sa résilience dans un environnement « qui reste très volatil », selon l'expression de Laurent Rousseau, tout nouveau directeur général du groupe.

Le réassureur a ainsi annoncé un résultat net de 380 millions d'euros au premier semestre, pour un chiffre d'affaires (primes brutes émises) en hausse de 9% à 8,4 milliards d'euros. Ce qui porte la rentabilité des capitaux propres à 12,2% et le ratio de solvabilité ressort à 245%. Des résultats dans l'épure du plan stratégique baptisé "Quantum Leap", lancé en 2019 et devant s'achever à la fin de cette année.

Nouveau plan stratégique en 2023

« Nous allons reporter d'un an le plan Quantum Leap pour donner à l'équipe dirigeante, et à moi en particulier, le temps pour faire un diagnostic avec un nouveau point de vue sur le groupe afin d'écrire une nouvelle page », explique Laurent Rousseau, qui prend ainsi ses marques, cinq semaines à peine après sa nomination pour succéder à Denis Kessler, l'omni PDG du groupe pendant 19 ans.

La pandémie a continué à peser sur les résultats. Scor a procédé, sur le premier semestre, à deux nouvelles provisions Covid, de 100 millions d'euros chacune, sur l'activité dommages et sur l'activité vie. Le montant total des provisions liées à la crise sanitaire s'élève ainsi à près d'un milliard d'euros depuis 2020.

A ceci se combine « une saison de catastrophes naturelles particulièrement active ». Le groupe commence à encaisser, sur le premier semestre, les risques assurés liés aux tempêtes de fin juin en Europe de l'Est (coût total de la matière assurable estimée entre 4 et 5 milliards d'euros) mais les conséquences des inondations en Allemagne (coût pour les assureurs estimé à 5 milliards d'euros) seront portées sur les comptes du troisième trimestre.

Une liberté retrouvée

L'autre fait majeur du semestre concerne bien sûr l'accord amiable trouvé avec Covéa, qui met fin à deux ans et demi de batailles juridiques et médiatiques entre les deux groupes, depuis la tentative de rachat de Scor par Covéa durant l'été 2018. Au passage, cet accord, qui a abouti à la cession par Scor à Covéa, d'un portefeuille de réassurance vie pour un montant d'un milliard de dollars, « a permis de cristalliser la valeur de notre portefeuille de réassurance vie, une activité souvent mal comprise et pas toujours reconnue par les marchés », estime Laurent Rousseau.

Dans le détail, cette transaction porte sur la vente de 30% d'un portefeuille de réassurance vie, logé dans deux entités juridiques en Irlande, et estimé au total à 3,38 milliards de dollars. Ce qui représente environ 20% du portefeuille vie du réassureur. L'essentiel de ce portefeuille (70%) concerne le risque de mortalité aux Etats-Unis. Il s'entend, précise le communiqué, « comme 30% de l'ensemble des cash flows futurs (primes, sinistres, commissions et frais) des entités irlandaises ». L'impact net de cette transaction sur le résultat net, en normes IFRS, s'établit à 311 millions d'euros, y compris l'indemnité transactionnelle de 20 millions d'euros.

Cet accord avec Covéa offre, selon Scor, une « liberté supplémentaire pour le groupe ». Liberté pour mieux se déployer sur la réassurance dommages, liberté pour « normaliser » l'allocation d'actifs vers davantage de prise de risque, liberté enfin pour trouver un nouvel équilibre actionnarial, avec l'option d'achat sur 8% du capital actuellement détenus par Covéa. Et, peut être, liberté pour Laurent Rousseau pour imprimer sa marque dans la destinée du groupe.

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Commentaires 2
à écrit le 28/07/2021 à 18:51
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Scor se refera une santé avec la privatisation de la sécurité sociale, qui vient d'être lancé aujourd'hui par nos amis Macron-Castex-Veran (jeu de mots 😁 ! Les plus anciens comprendront - source: Les Echos, qu'on peut difficilement qualifier de média...

à écrit le 28/07/2021 à 15:56
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Bref! Une pyramide d'irresponsabilité dans une chaîne de Ponzy!

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