Blanchiment : ING sacrifie son directeur financier

ING Dir Fi Koos Timmermans
ING
Une semaine après avoir accepté de payer un lourde amende de 775 millions d'euros pour manquements à la législation anti-blanchiment, les sanctions tombent chez ING. La banque néerlandaise a annoncé ce mardi 11 septembre que son directeur financier Koos Timmermans, avait présenté sa démission.
Le ministère public néerlandais reprochait précisément à ING d'avoir enfreint la législation en matière de prévention du blanchiment et de financement du terrorisme, la banque n'ayant pas empêché que les comptes de ses clients soient utilisés pour blanchir des centaines de millions d'euros entre 2010 et 2016. Pour mettre fin aux poursuites, ING avait accepté de payer une amende de 675 millions d'euros, ainsi que de rembourser 100 millions d'euros au gouvernement de La Haye. C'est l'une des plus lourdes sanctions jamais infligées à une banque néerlandaise dans une affaire pénale.
Durant cette même période, Koos Timmermans, qui travaillait au sein du groupe depuis 1996 et était devenu directeur financier il y a un an, a occupé des postes de direction clés : il était membre du conseil de direction et responsable en dernier ressort de la branche Pays-Bas. ING a précisé qu'il conservera son poste de directeur financier jusqu'à l'arrivée de son remplaçant pour faciliter la transition.
Sur les marchés, le titre ING a réagi à cette démission, décrochant de près de 1% à 11,09 euros à la mi-séance.
L'implication d'ING dans cette affaire de blanchiment avait suscité de nombreuses critiques, détériorant la réputation de l'établissement bancaire. Selon le ministre des Finances, Wopke Hoekstra, cité par Reuters, l'affaire a « ébranlé une fois de plus la confiance du public dans le secteur bancaire ». À cela, l'influent quotidien financier, Het Financieele Dagblad, a ajouté ce lundi qu'Amsterdam envisageait d'abandonner ING comme sa banque de référence.
La démission du directeur financier marque un revirement d'ING. La semaine dernière, le Pdg, Ralph Hamers, avait affirmé que personne n'avait été tenu pour responsable de ces défaillances, assurant également que personne ne s'était enrichi. Mais face aux critiques, la banque néerlandaise semble avoir cédé aux pressions qui la poussaient à prendre des mesures drastiques.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

À lire également
ING avait admis ne pas avoir fait assez de prévention et pris des mesures disciplinaires contre dix salariés. Il était notamment question de retenues sur bonus voire de licenciements.
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie
Acier : entre surcapacités chinoises et barrières américaines, la sidérurgie européenne sous pression