Brexit : Milan fait des appels du pied à la City

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Le comité Select Milano propose une sorte de jumelage à la capitale britannique et imagine une zone franche autour de la place lombarde.
Le comité Select Milano propose une sorte de jumelage à la capitale britannique et imagine une zone franche autour de la place lombarde. (Crédits : Select Milano)
Un comité de promotion de la place italienne propose à Londres un jumelage pour faciliter la relocalisation des professionnels de la finance. Une démarche de partenariat destinée à relancer la place lombarde dans l'espoir d'en faire une zone franche et la capitale financière de la zone euro.

Pendant que la bataille de l'attractivité fait rage entre Paris, Francfort et Luxembourg, dans l'espoir de récupérer les financiers de la City contraints de délocaliser en cas de "hard Brexit", Milan prétend adopter une autre démarche, plus collaborative, au-dessus de la mêlée, en proposant un "partenariat" à Londres. C'est du moins ainsi que le comité Select Milano ("choisissez Milan"), créé cet été, présente son approche. En campagne à Londres il y a quelques jours, son président, l'avocat Bepi Pezzulli, a précisé à plusieurs médias britanniques qu'il proposait une sorte de "jumelage" entre Milan et la City.

"Nous voulons aider Londres à régler son problème de Brexit" a-t-il déclaré à Sky News.

Il a prévu de revenir en tournée au printemps pour défendre son idée auprès des décideurs de Londres. La capitale économique italienne dispose effectivement de sérieux atouts à faire valoir, outre son cadre de vie agréable et ses commerces de grand luxe pour financiers fortunés.

"La City de la zone euro"

Lors de son lancement fin juillet, auquel participait le vice-ministre de l'Economie et des Finances, Luigi Casero, le comité Select Milano avait mis en avant les points forts de la capitale lombarde pour devenir "la City de la zone euro".

Casero Pezzulli Milan Brexit

[Bepi Pezzulli et Luigi Casero le 28 juillet dernier à Milan lors du lancement du comité. Crédit : Select Milano]

Le programme propose notamment d'implanter à Milan toute l'activité de compensation aujourd'hui à Londres, et menacée de délocalisation pour des raisons réglementaires. Le comité rappelle que la chambre de compensation italienne est une filiale du London Stock Exchange (tout comme le français LCH Clearnet SA d'ailleurs) : le groupe britannique LSE (en cours de fusion avec Deutsche Börse) pourrait ainsi garder ce chiffre d'affaires dans ses comptes, tout en créant de l'activité et de l'emploi en Lombardie.

Autre point mis en avant : la Bourse de Milan, qui compte parmi ses principales capitalisations Eni, Enel, et les financières Intesa, Generali, Unicredit, est également une filiale du LSE. Le London Stock Exchange avait racheté Borsa Italiana il y a près de dix ans, en 2007.

L'ancien premier ministre italien Enrico Letta avait déclaré à Reuters en juin :

« Il y a plusieurs raisons pour lesquelles Milan est le bon endroit. La concurrence de Paris et celle de Francfort sont rudes, mais elles vont peut-être se neutraliser l'une l'autre. »

 Taxe Tobin et zone franche

Pour autant, le programme de Select Milano demeure flou en matière de gouvernance et nécessite des mesures législatives et réglementaires en Italie. Car Milan n'a pas toutes les qualités rêvées pour voir déferler les banquiers de la City. En particulier sur le plan fiscal.

Primo, l'Italie a adopté sa propre version de la "taxe Tobin" sur les transactions financières : pas très City-frendly. Il faut l'abolir, demande le comité. Secundo, Select Milano réclame un statut spécial pour l'industrie financière, une zone franche autour de l'ancien quartier de l'Expo universelle de 2015. L'idée d'une zone franche est aussi poussée par l'association française des sociétés de gestion d'actifs (AFG).

Il n'est pas sûr cependant que ce programme fasse réellement partie des priorités du gouvernement Renzi, entièrement mobilisé par le référendum constitutionnel du 4 décembre prochain, qui ne se présente pas très favorablement.

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Commentaires
a écrit le 24/11/2016 à 13:45 :
Tiens étrange mon commentaire n'est pas passé...

Les anglais aimeraient bien se débarrasser du parasite financier mais il semblerait que les financiers ne veulent pas bouger d’Angleterre, ils vont rester pour mettre le plus de pression possible à May pour qu'elle annule le brexit.

Ensuite ils se précipiteront peut-être ailleurs mais un financier qui panique n'est vraiment pas recommandable hein, réfléchissez bien les italiens, votre économie est déjà bien mal en point, avez vous les moyens d'accueillir des vauriens ?

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