Avec son « scan de la finance fossile », Reclaim Finance met banques et assurances sur le grill
Marine Godelier
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La multinationale Shell la semaine dernière, le géant Total demain : en ce mois de mai, Lucie Pinson essaime les Assemblées générales des majors pétrolières et gazières. Celle qui a fondé l'ONG Reclaim Finance en 2020 et reçu la même année le prix Goldman pour l'environnement - la plus grande distinction dans le domaine -, entend marquer le coup. Car la travailleuse acharnée n'en démord pas : le temps est venu pour les entreprises de s'engager « réellement » à sortir des hydrocarbures, « seul moyen » de coller à la trajectoire d'augmentation de 1,5°C prévue par l'accord de Paris, martèle l'activiste.
Et pour s'y attaquer, c'est d'abord un autre type d'acteur qu'elle tient dans son viseur : les établissements bancaires qui les financent, de par leurs participations dans les sociétés et le fléchage de leurs capitaux. Car comme son nom l'indique, l'ONG s'attaque à ce monde complexe, souvent teinté d'imaginaire, qu'est la finance. Complice, selon elle, de certaines entreprises climaticides et des projets qu'elles font vivre.
Alors, pour « décrypter les pratiques réelles » en la matière des banques, assureurs et autres gestionnaires d'actif, Reclaim Finance met à exécution une tactique claire : alerter l'opinion publique sur certains investissements « néfastes » pour la planète, de manière à couper le robinet à l'économie carbonée, et ainsi l'éteindre à petits feux. « Notre rôle, c'est de les pousser à faire beaucoup plus », explique la militante à La Tribune. A coups de rapports étayés et d'outils accessibles à tous.
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Le dernier en date, le « scan de la finance fossile », a été publié le 12 mai. Il analyse et compare les politiques sectorielles adoptées par 56 acteurs de la finance français sur le pétrole et le gaz dit « non-conventionnel » - c'est-à-dire ceux qui « concentrent le plus de risques pour le climat » - les « champions de la course à la destruction de l'environnement », torpille Reclaim Finance. Et plus précisément sur cinq secteurs : le pétrole issu de sable bitumineux, les gaz et pétrole de schiste, les forages en Arctique, en eau profonde ou encore le gaz naturel liquéfié (GNL).
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