Défense : le budget des armées est gravé dans le marbre, selon Jean-Yves Le Drian

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Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian Copyright Reuters
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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian est convaincu que le budget de la défense pour les trois prochaines années sera maintenu à 31,4 milliards d'euros. Et assure que les recettes exceptionnelles seront au rendez-vous.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian en est convaincu. Et ne veut pas en démordre. Le budget de la défense pour les trois prochaines années sera maintenu au niveau actuel de 31,4 milliards d'euros. Le ministre a précisé avoir "obtenu de haute lutte" cet effort en faveur de la défense lors des discussions budgétaires. "En clair, a-t-il résumé, la participation de la Défense à l'effort de redressement des comptes publics égale l'inflation". Le ministre a rappelé que la loi de programmation militaire (LPM), qui échelonnera les crédits de défense pour les années 2014-2019, contiendrait une clause de révision à l'été 2016, pour tenir compte de l'évolution des perspectives économiques. Il espère que cette clause lui permettra d'obtenir de nouveaux crédits si l'économie se redresse mais concède qu'il "y a un risque" dans le cas contraire. La LPM sera examinée en conseil des ministres "fin juillet" et devrait être déposée au Parlement "à l'automne", a-t-il averti.

Pour autant, le budget de la défense reste aussi très lié à l'obtention de recettes exceptionnelles, les fameuses REX.  "Les recettes exceptionnelles seront au rendez-vous", a assuré à plusieurs reprises Jean-Yves Le Drian, très déterminé. "J'ai besoin de 1,3 milliard en 2013, je les ai, et j'ai besoin de 1,8 milliard en 2014, je les aurai". Sachant toutefois que la construction du budget 2014 arrive dans trois mois. Tout en rappelant que le président de la République s'était engagé sur ces REX, il a souligné qu'il n'y avait pas de plan B si elles n'étaient pas au rendez-vous. Car pour le ministre, c'est inenvisageable. Dont acte. Pour maintenir ce niveau de 31,4 milliards, Jean-Yves Le Drian avait demandé 1,3 milliard de recettes extra-budgétaires en 2013, et 1,8 milliard en 2014, puis 2015 et 2016. Soit 6,7 milliards d'euros au total, dont 5,4 milliards pour les trois prochaines années.

Quelles recettes exceptionnelles ?

Sans entrer dans le détail de ces recettes, le ministre a indiqué qu'elles proviendraient encore en 2013 et l'année prochaine de la vente de biens immobiliers appartenant à l'Etat et de fréquences de transmission restantes. Il n'a pas été très disert. Tout au plus, a-t-il précisé, il y aura des cessions d'actifs.  "Qu'il y ait des cessions d'actifs potentielles dans les recettes exceptionnelles, cela me semble une hypothèse possible mais c'est complètement indépendant", a souligné Jean-Yves Le Drian, faisant référence à d'éventuelles ventes de participations de l'Etat dans des groupes publics. L'Etat détient 27 % des groupes rs Thales et Safran, 12 % d'EADS, la maison-mère d'Airbus, 74 % du groupe naval DCNS et, enfin, 100 % de Nexter, le constructeur du char Leclerc. Pour autant, Jean-Yves Le Drian a réfuté tout lien entre ces recettes exceptionnelles et une éventuelle consolidation du secteur. Dans le passé, le ministère de la Défense n'a pas toujours réussi à recueillir le produit de telles ventes à temps pour boucler son budget. Et a été récemment sermonné par la Cour des comptes, qui regrette la construction d'un budget à partir de recettes exceptionnelles aléatoires.

L'heure des arbitrages

L'heure des arbitrages a sonné. Jean-Yves Le Drian a révélé qu'il n'avait pas encore procédé aux arbitrages exigés par la LPM. "Je n'ai pas commencé les arbitrages lourds, nous sommes dans la phase préparatoire des arbitrages", a-t-il expliqué. Une fois les décisions prises, il ira présenter la LPM au Premier ministre, puis en conseil de défense dans "quelques semaines". Il a cependant réaffirmé qu'aucun des grands programmes, comme l'acquisition de frégates Fremm ou la modernisation de l'armée de terre, ne seraient supprimés. "Aucun programme majeur ne sera supprimé, dans l'état de mes informations, j'espère que je n'aurais pas à arbitrer autrement", a indiqué Jean-Yves Le Drian. Des discussions sont en cours avec les entreprises concernées qui opposent leurs plans de charge de production aux impératifs budgétaires du gouvernement.

 

L'enveloppe pour ces grands programmes est de l'ordre de 5,7 à 5,9 milliards d'euros par an. Mais les commandes devront être étalées pour tenir compte des contraintes budgétaires et de l'acquisition de capacités nouvelles, comme des drones MALE et des ravitailleurs MRTT, qui ont cruellement manqué lors des opérations Harmattan en Libye et Serval au Mali. Le ministre a annoncé qu'il était en train d'acheter douze drones d'observation Reaper aux Etats-Unis. En outre, l'Etat a prévu l'acquisition de 12 avions ravitailleurs multirôles dans son Livre blanc de la défense publié fin avril et le ministre a précisé que des discussions étaient déjà en cours avec leur constructeur Airbus Military. Pour autant, il n'est pas sûr que les douze appareils soient mis en service lors de la prochaine LPM.

11 Rafale seront livrés en 2014, 2015 et 2016

Il a par ailleurs estimé qu'à l'échéance 2016/2017, l'avionneur Dassault Aviation devrait compter sur les exportations pour soutenir la production de son avion de combat multirôle Rafale. "Dassault est installé sur un concept de rente (...) On va continuer le rythme de livraison dans l'immédiat et, après, il faut que l'exportation joue son rôle", a-t-il expliqué. En d'autres termes, des commandes à l'exportation devront permettre à la Défense de ralentir les livraisons de Rafale qui pèsent lourd sur son budget. L'hypothèse privilégiée est de poursuivre la livraison de 11 Rafale en 2014, puis 2015 et enfin en 2016. "Ce n'est pas arbitré, a expliqué le ministre. Nous n'avons pas fini de discuter avec Dassault Aviation". 

Des discussions "dans un bon état d'esprit" qui portent également sur la commande de la cinquième tranche de Rafale. L'armée de l'air l'espère à l'horizon 2016-2017. Jusqu'à présent, 180 Rafale ont fait l'objet d'une commande ferme par l'État français, sur un besoin exprimé avant la publication du Livre blanc de la défense par les forces armées françaises de 286 (228 pour l'armée de l'air et 58 pour la marine). Quelque 118 appareils ont été livrés à fin décembre 2012. A raison d'une livraison de 11 Rafale par an entre 2013-2016, Dassault Aviation aura livré 162 appareils fin 2016. Il sera alors temps de passer la commande de la cinquième tranche. Reste à savoir combien car le livre blanc s'appuie sur un modèle d'armée comprenant 225 avions de combat (air et marine) sans aucune autre précision.

Jean-Yves Le Drian s'est montré confiant dans les perspectives d'exportation du Rafale. L'Inde a engagé en janvier 2012 des négociations exclusives avec Dassault Aviation en vue d'équiper son armée de l'air. Dassault espère conclure les négociations pour la vente de 126 appareils cette année, avant que les élections législatives de 2014 ne gèlent le processus de décision en Inde. Pas sûr qu'il y parvienne, selon plusieurs observateurs, en dépit de la volonté de New Delhi de signer avant al fin de l'année.

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Commentaires
a écrit le 02/08/2013 à 12:16 :
si c'est pour que la France continue ses ingerences comme pour le mali, pour que nous soyons hai de partout, les 31 milliards on s'en passe. quand je pense que nous avons organisé les elections maliennes que ns sommes contents de nous alors que la moitié des maliens n'ont pas voté, c ca la democratie,
ce sont les maliensqui rigolent, comme ils disent ce n'est pas parce qu'hollande nousmet unpresident dans les pattes que ca ira mieux, la famine restera la famille, seul le president sera plus riches, mais il favorisera les entreprises francaises.
a écrit le 19/06/2013 à 12:31 :
La France n'a plus les moyens de soutenir une armée digne de ce nom. LUE devrait prendre la relève sur les Etats pour l?armée : une (vraie) armée européenne serait aussi crainte que l?armée américaine.
Peut-être que ça pourrait accessoirement éviter qu'on se fasse envahir par les chinois quand ils auront fini de tuer notre economie
a écrit le 12/06/2013 à 20:35 :
Quand on voit que les uniformes sont commandés à l'étranger, on peut se demander s'il n'est pas opportun de comparer le montant de l'offre des fabricants français écartés, déduction faite des taxes et charges sociales, à celle du producteur étranger choisi. En tout état de cause la différence à la charge du budget de l'armée pourrait être compensée par un prélèvement, au bénéfice de celle-ci, sur l'assurance chômage.............Calculer global!
a écrit le 12/06/2013 à 16:16 :
Une armée d'échantillons, comme pour nos impôts ou nos aides sociales ou notre gastronomie( ou même la diversité de nos paysages ), nous essayons d'avoir un peu de tout mais en faible quantité, cela ne serait-il pas lié à notre universalisme ? notre façon de penser, notre langue qui a aggloméré tant de vocabulaire étranger, notre éducation ? Au final, cela certes contribue à notre richesse, mais n'est-ce pas la limite fondamentale que nous pouvons atteindre ? une armée qui peut tout faire mais en mini-opérations, nous avons totalement perdu la capacité de combattre à un contre un contre un autre état souverain, c'est aussi cela qu'il faut bien comprendre et assimiler en conséquences, notre dissuasion qui n'est que du bluff au final, notre dépendance aux états-unis, la recherche d'une europe palliant notre faiblesse numérique par plus de quantitatif ou au moins une sorte de zone tampon, la taille de plus en plus réduite de notre champ d'action au niveau mondial dans des pays instables aux armées ridicules.
Au final, les romains le disaient déjà, faire la guerre ce n'est rien d'autre qu'une histoire d'argent, on trouvera toujours les hommes pour la faire. Ce n'est pas parce que nous manquons d'argent, que comme nous avons perdu la capacité monétaire de faire la guerre, que cette dernière s'est réellement éloignée.
Nous sommes dans ces période de l'histoire propices aux petites armées et aux armées privées comme celle( pour la dernière) entre 1815 et 1870. Napoléon III se fiait trop à une armée de mercenaires, capable certes, mais petite( 400000h), et incapable de grossir si le danger devenait trop important, nous faisons face à des révolutions dans de pays du sud surpeuplé( aucune autarcie alimentaire ), nous avons de moins en moins de capacité de résilience si la situation dérape( l'industrie mets trop longtemps à construire un blindé ou un avion et nous n'avons plus assez d'ingénieurs), surtout si elle dérape en guerre de conscription.
N'ayons pas une guerre de retard.
Réponse de le 12/06/2013 à 21:04 :
A la veille de la guerre Franco-Prussienne, parfaitement conscient de l'importance du "nombre" Napoléon III avait conçu un projet de conscription généralisée qui aurait permis à la France d 'aligner 880.000 hommes au lieu des 380.000 fournis par le régime en cours. Ce fut un beau tollé à la Chambre où opposants de tous bords se trouvèrent d'accord pour rejeter le projet (trop cher). A cette infériorité numérique s'ajouta celle de l'armement, manifeste dans l'artillerie, une arme pourtant chère à l'empereur. Notre "Dictateur" s'inclina devant la volonté des représentants du peuple... (Biographie par P. Milza)
Réponse de le 12/06/2013 à 21:28 :
Napoléon III est un des mal-aimés de notre histoire( la faute à Victor Hugo et à la IIIème république qui devait vilipender le prédécesseur pour se légitimer), je trouve cela assez injuste car, en tant que dictateur éclairé et libéral, il avait des projets très ambitieux pour le pays et son empire, qui auraient pu devenir grandioses si mieux préparés et suivis.
Entre le génie et la folie, seul l'échec décide, il avait les idées mais pas l'étoffe.
a écrit le 12/06/2013 à 15:11 :
les commentaires que je viens de lire sont ce que je pense aussi je les suis car ce qu ils disent c'est des vérites que l on ne plus contestées
a écrit le 12/06/2013 à 14:35 :
Je n'aime pas cet humour malsain
a écrit le 12/06/2013 à 13:03 :
il s'agit de marbre funéraire
Réponse de le 12/06/2013 à 20:53 :
Du marbre en stuc...comment pouvoir prétendre parler de marbre alors que ces budgets dépendent d'alea de recettes exceptionnelles donc incertaines... c'est ça le marbre???
a écrit le 12/06/2013 à 12:56 :
Gravé dans le marbre comme sur les tombes des soldats morts en général pour rien.
a écrit le 12/06/2013 à 12:04 :
Deutschland leben allmächtig. Die Französisch Liebe Deutschland.
a écrit le 12/06/2013 à 11:34 :
le marbre c'est comme le granit ça finit en sable, qu'un simple coup de vent emporte.
Le rafale? excellent avion au demeurant, en 20 ans Dassault n'a pas réussi à en vendre un seul; sans doute a-t-il comme commerciaux ceux qui ont en charge le TGV....sinon tout va bien
Réponse de le 12/06/2013 à 15:10 :
Qu'attendre des promesses de flanby et de ses sbires ? Des démentis dans la semaine qui suit !
a écrit le 12/06/2013 à 10:22 :
Besoin de 1.3 Milliards exceptionnels...et curieusement une étude publiée par une marionnette de l'Etat annonce le "coût caché" du BAC à 1.5 Milliards...tsss tsss...on en conclue que Bercy va déshabiller Paul pour habiller Pierre, pendant que Pépère 1er sirote une bud dans son bureau à Paris?...
a écrit le 12/06/2013 à 10:18 :
Dans le marbre?
C'est un peu maladroit comme expression...

"Ci gît le budget de la défense nationale 1959-2013
RIP"
Réponse de le 12/06/2013 à 15:09 :
Ci gît la défense nationale...
a écrit le 12/06/2013 à 9:45 :
Il ne peut pas dire l'inverse!!!!
Mais les "crédits de paiement" seront ils ouverts??
et les effectifs !!!!
GM
a écrit le 12/06/2013 à 8:48 :
Du moment que le budget n'est pas gravé dans autre chose on peut respirer.
a écrit le 12/06/2013 à 8:30 :
Budget maintenu = perte de fait à cause de l'inflation...
Réponse de le 12/06/2013 à 10:31 :
C'est faux. Une bonne gestion financière de la trésorerie couvre largement l'inflation qui est actuellement extrêmement faible. De plus, et dans un autre domaine, j'ose espérer que d'année en année, nous apprenons à mieux faire les choses et qu'un soucis d'amélioration permanente et continue nous permet comme dans toute bonne entreprises d'améliorer notre productivité d'1% par an au moins ...
Réponse de le 12/06/2013 à 14:40 :
Mecatroid vous dites que le budget n'est pas affecté parce qu'une bonne gestion le compense?

Genre si on a pas de problème de budget on peut se permettre une mauvaise gestion...
Réponse de le 12/06/2013 à 15:13 :
Mecatroid : serait ce le nouveau surnom de celui qui se dénommait "élu PS" ?
a écrit le 12/06/2013 à 8:26 :
1) On peut diminuer ce budget de 670 millions , c'est le cout que vont couter les 10 drones acheter aux US.
je propose d'en injecter 600 millions pour soutenir la creation d'emplois en france. et 70 millions pour espionner la racaille qui sevit a bruxelles .

2) si la parole de Mr Le Drian a autant de valeur que celle de Mr Hollande quand ils disait vouloir faire la transparence sur les declarations de fortune des deputes on est mal barre ...

3) si la paraole de Mr le Drian a autant de valeur que celle de Mr Hollande quand il disait vouloir s'attaquer la finance on es mal barre aussi

Messieurs les deputes , a vouloir sauver vos miserables petits avantages , vous risquez un jour de ne pas etre réélu !!!!
Réponse de le 12/06/2013 à 10:35 :
Ce serait une grossière erreur. Nous avons besoin de ces drones, et comme nos fameux "capitaines d'industrie" (comme ces clowns aiment à se nommer), les patrons et stratèges de nos grands groupes privés du secteur de la défense, ont été incapables de produire ce dont nous avions besoin (quel manque de vision stratégique, cela fait pitié), nous voilà contraints de faire appel à nos allié. Il a fallu du courage politique pour prendre cette douloureuse décision. Dieu merci, le gouvernement actuel ne manque pas de courage pour aller contre les préjugés et les corporatismes. Prochaine réforme : Les retraites (y compris le secteur public).
Réponse de le 12/06/2013 à 11:39 :
En France dans le secteur de l'armement ,nous avons quatre interlocuteurs,Bercy (finance),la DGA (maitre d'oeuvre),le constructeur(concepteur),l'Armée (le client),vous voyez tout de suite
la difficulté pour la mise en oeuvre d'un programme,chacun améne sa touche musicale.
Réponse de le 12/06/2013 à 15:14 :
Mecatroid ? Il fait parti de quelle cellule de comm de quel ministère ?
Réponse de le 13/06/2013 à 0:04 :
@ kirk: confusion classique entre MOA et MOE. La DGA est le maître d'ouvrage, l'armée l'utilisateur, Bercy le payeur et l'industriel (constructeur) le maître d'oeuvre. Normalement, il n'y a que 2 interlocuteurs le MOA qui représente l'utilisateur et le payeur et le maître d'oeuvre. Si les 4 se mettent de la partie, c'est qu'il y a problème...
a écrit le 12/06/2013 à 8:12 :
Avec ce budget on ne pourra pas maintenir les dépenses nécessaires au titre de l'équipement et continuer à payer les militaires puisqu'on veut absolument garder un encadrement "mexicain". Il fallait que Mr hollande tienne les promesses du PS sur le retrait des structures de l'OTAN, c'était là un moyen de ne plus dépenser hors de France dans cette période de disette. On va donc sacrifier les achats d'armements nouveaux liés directement à nos emplois dans les industries d'armement.
a écrit le 12/06/2013 à 7:46 :
Combien de personnes innocentes sont mortes ces dernières années à cause des services secrets du ministère de la défense et du ministère de l'intérieur?
Réponse de le 12/06/2013 à 12:52 :
Hors sujet !!!!!

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