Qui pour remplacer le PDG du groupe naval DCNS ?

 |   |  683  mots
Le gouvernement cherche un successeur au PDG de DCNS, Patrick Boissier
Le gouvernement cherche un successeur au PDG de DCNS, Patrick Boissier (Crédits : DCNS)
Hervé Guillou, un ancien d'Airbus Group (ex-EADS) tiendrait la corde pour succéder à l’actuel PDG de DCNS, Patrick Boissier.

Alors que le mandat de Patrick Boissier au conseil d'administration du groupe public DCNS (3,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2013 pour 13.648 équivalents temps plein) s'achève le 21 décembre 2014, le recrutement de son successeur s'est accéléré ces dernières semaines. C'est un ancien d'Airbus Group, Hervé Guillou, passé par le groupe naval et par la direction générale de l'armement (DGA), qui tiendrait actuellement la corde. L'ancien patron des activités de défense en France d'EADS, puis de la cybersécurité, a même été reçu par le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, qui a également vu Dominique Mockly, directeur exécutif du Business Group Aval (recyclage, valorisation, assainissement, transport) du groupe Areva.

D'autre part, Laurent Giovachini, ancien numéro deux de la direction générale de l'armement (DGA) et actuel conseiller du président de Sopra, Pierre Pasquier, a retiré sa candidature tandis que celle du numéro deux de DCNS, Bernard Planchais, a peu de chance. Parallèlement aux grands oraux passés par Hervé Guillou et Dominique Mockly au ministère de l'Economie, le ministère de la Défense a mandaté un cabinet de recrutement, Progress présidé par Alain Prestat, ancien PDG de Thomson Multimedia, pour trouver la perle rare. Une tâche compliquée au regard du salaire proposé : moins de 450.000 euros par an pour un patron d'une entreprise publique.

Et Thales ?

L'actionnaire privé de DCNS (35 %), Thales a pris la décision, selon nos informations, de ne pas proposer de candidats à la succession de Patrick Boissier, qui se serait bien vu continuer un demi-mandat supplémentaire. Ce qui a bloqué les éventuelles candidatures de Pascale Sourisse, directeur général en charge du développement internationale, et de Pierre-Eric Pommellet, directeur général adjoint en charge des systèmes de mission de défense. Avant la décision de Thales de ne pas proposer de candidats, Pascale Sourisse aurait été approchée par la DGA pour le job. Mais vu le salaire proposé, pas sûr qu'elle se serait lancée....

Pourquoi une telle décision de la part de l'électronicien ? Parce que le PDG Jean-Bernard Lévy aurait trouvé maladroit, dans le cadre de la réflexion du ministère de la Défense sur une éventuelle montée de Thales au capital de DCNS, de présenter un candidat à la tête du groupe naval. Par ailleurs, certains observateurs du milieu industriel de la défense estiment que le renoncement de Thales serait la conséquence d'un veto de l'Hôtel de Brienne à sa montée au capital de DCNS avant la fin du quinquennat de François Hollande. A suivre.

Chasse aux sorcières ?

La succession de Patrick Boissier arrive au plus mauvais moment pour DCNS, qui aborde une année cruciale à l'export. La deuxième partie de l'année pourrait être complètement parasitée, voire paralysée, par la course à la présidence. Et beaucoup craignent enfin que l'arrivée d'un nouveau président soit une occasion pour déclencher une chasse aux sorcières néfaste à l'obtention de contrats proches d'être signés ou nuisible à des campagnes très importantes pour l'avenir du groupe, voire de la loi de programmation militaire (LPM), notamment celles concernant les frégates multimissions FREMM.

Le groupe naval est actuellement proche d'un contrat avec l'Egypte (4 corvettes Gowind), et en Uruguay (trois patrouilleurs Gowind dont l'Adroit). Surtout le groupe naval lorgne un contrat en Arabie Saoudite de plus de 15 milliards d'euros (Sawari 3). L'Arabie Saoudite et la France négocient un projet de vente de six frégates multimissions FREMM et de cinq à six sous-marins dans le cadre du programme Sawari 3. Un mégacontrat estimé à plus de 15 milliards d'euros. Il fait tourner les têtes des principaux groupes concernés : DCNS, Thales, le missilier MBDA et l'hélicoptériste Eurocopter (EADS). La France a signé une LoI (Letter of intent), elle attend maintenant la signature de Ryad où des changements au plus haut niveau au sein du ministère de la Défense ont perturbé le processus de ratification.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 28/05/2014 à 9:01 :
Je suis naïf, mais ne pouvait-on pas reconduire le mandat du PDG actuel (est-il trop vieux, pas dans la ligne du "parti", autre) ? Plutôt que de semer la zizanie a des moments cruciaux.
a écrit le 27/05/2014 à 14:31 :
la DCNS était en grève, comme toutes les sociétés étatiques de bras cassés et les employés récupèrent les heures de grève non payées en EFFECTUANT 1mn20 par jour pendant 2 ans! Sauve qui peut ;-(
Réponse de le 14/06/2014 à 19:55 :
Quelle prétention de votre part. Vous vous prenez pour qui pour juger les salariés de droit privé de DCNS ?
a écrit le 27/05/2014 à 10:15 :
DCNS sort de plus en plus du statut d'entreprise public pour devenir une multinationale. Non seulement l'offre se diversifie pour intégrer de plus en plus l'énergie (cf OpenHydro) mais des unités de productions sont développées à l'étranger (par exemple au Brésil). Il faut un PDG qui accompagne cette transition. Mais on ne peut exclure le danger d'un repli sur soi, auquel cas la situation économique pourrait dégénérer. DCNS courre le risque de se retrouver re-confiné au marché de la défense nationale mais en pleine période de restrictions budgétaires... n'oublions pas, par exemple, que l'une des dernières frégates françaises est généreusement mise à disposition gratuitement par la DCNS.
Réponse de le 27/05/2014 à 11:19 :
Petite précision : Ce n'est pas une frégate mais une corvette de classe Gowind qui a été mise à disposition de la Marine Nationale par DCNS. Et c'est aussi une excellente opération " publicitaire " pour DCNS plus qu'un cadeau offert à une Marine Nationale confrontée à la contrainte budgétaire.
Réponse de le 14/06/2014 à 19:56 :
Pas une corvette, mais un patrouilleur hauturier
a écrit le 27/05/2014 à 9:24 :
Il faudrait quand même arrêter de déconner, chers amis journalistes. 450 000 euros c'est un salaire net d'environ 30 000 euros par moi soit 1,5 SMIC par jour travaillé. Si avec ça on arrive pas à avoir des gens de qualité, il faut mieux chercher, il a des tas de chômeurs !
Donc expliquer qu'avec ce niveau de salaire on aura pas de candidats c'est se moquer du monde. Merci de faire attention à vos papiers....
Réponse de le 27/05/2014 à 14:25 :
Benoît, reconnaissez qu'il serait ridicule de recruter le premier footballeur venu pour l'équipe de France ! Eh bien, là c'est pareil...
Réponse de le 27/05/2014 à 16:17 :
Yves, à 450K€, on ne parle pas du premier venu non plus... Et puis, la comparaison avec les footballeurs ne fonctionne que quand ces derniers veulent bien descendre du bus.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :