Boeing : un 737 MAX de convoyage atterrit en urgence

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(Crédits : Matt McKnight)
Un 737 MAX 8 de Southwest, qui se rendait en Californie afin d'y rester stationné du fait de l'interdiction de vol frappant ce modèle d'avion, et qui ne transportait pas de passager, a dû effectuer un atterrissage en urgence mardi, en raison d'un problème moteur.

Nouveau coup dur pour Boeing et son 737 MAX. Alors que l'avionneur doit présenter aux autorités les correctifs apportés au système anti-décrochage MCAS de cet avion suspecté d'être à l'origine de l'accident d'un appareil de ce type de Lion Air en octobre et d'un autre, le 10 mars dernier d'Ethiopian Airlines (346 victimes au total), un B 737 MAX de la compagnie américaine Southwest, qui se rendait à Victorville en Californie sans passagers à bord afin d'y rester stationné a rencontré un problème de moteur l'obligeant à atterrir d'urgence à Orlando (Floride), a indiqué l'Agence fédérale de l'aviation (FAA). Un problème mécanique, selon Southwest, sans aucun lien avec le logiciel anti-décrochage.

"L'équipage a suivi le protocole et a atterri en toute sécurité à l'aéroport" international d'Orlando, d'où l'appareil avait décollé, après avoir constaté un problème avec l'un des moteurs, a précisé Southwest.

Lundi, Boeing a testé en vol une version corrigée du MCAS

Ce vol de convoyage traduit la situation critique en termes de stockage des avions à laquelle est confrontée Boeing à cause de cette crise. En effet, les livraisons de 737 MAX neufs sont suspendues, mais la production continue pour permettre à l'avionneur, une fois que la solution à ses difficultés sera validée, de pouvoir l'installer sur les appareils déjà construits et de les livrer le plus rapidement aux clients.

Lire aussi : Boeing stocke ses B 737 MAX, oui mais "les murs ne sont pas extensibles"

Depuis, Boeing a procédé à des essais en vol pour tester une version corrigée de son système anti-décrochage. Ces essais se sont déroulés lundi après des tests sur simulateurs de vol effectués samedi à Renton, près de Seattle, par des pilotes d'American et de Southwest, deux compagnies clientes du 737 MAX, ont précisé à l'AFP mardi ces sources, sous couvert d'anonymat.

Les méthodes de certification de la FAA examinées par le Congrès

Ce mercredi, le Congrès américain va auditionner des responsables de la direction de l'aviation civile américaine, la FAA (Federal Administration Agency), dont la procédure de certification du 737 MAX fait l'objet d'un audit et suscite des interrogations du fait de la proximité de cette administration avec Boeing. La FAA entend défendre ses méthodes de certification tout en reconnaissant qu'elles doivent "évoluer", selon le discours de Dan Elwell, le patron par intérim de la FAA, dont l'AFP a obtenu une copie.

La FAA a été critiquée pour avoir tardé à prendre la décision d'interdiction de vol, alors que ses homologues dans le monde entier l'avaient devancée. Des soupçons de collusion entre l'agence et l'avionneur américain ont alors émergé.

La FAA, qui a délégué une partie du travail de certification à l'avionneur, "a été directement impliquée" dans l'approbation du MCAS, doit toutefois affirmer Dan Elwell devant une commission du Sénat.

"Des ingénieurs et des pilotes d'essais ont été impliqués dans l'évaluation opérationnelle du MCAS", va-t-il dire, tout en expliquant que, "comme c'est toujours le cas dans la certification de nouveaux produits, ce sont les données dans le temps qui permettent d'analyser en continu [le système] et de l'améliorer."

"Alors que le système aérospatial et ses composants deviennent incroyablement plus complexes, nous savons que notre approche en termes de supervision doit évoluer pour garantir que la FAA demeure le leader mondial de la sécurité aérienne", va-t-il également concéder.

Il va par ailleurs assurer que la FAA n'autorisera pas le Boeing 737 MAX à reprendre les airs tant que toutes les données techniques et l'analyse des événements ne démontreront pas qu'il est "approprié" de le faire.

Il est revenu sur la certification du MAX qui a pris cinq ans au total. "Le processus a inclus 297 vols d'essais de certification dont certains pour tester les fonctions du MCAS".

Au cours de son témoignage, il apparaît enfin que Boeing avait soumis à la FAA le 21 janvier, soit avant l'accident d'Ethiopian, une demande de certification de la mise à jour de son logiciel MCAS. La FAA a testé "cette amélioration du système de contrôle de vol du 737 MAX à la fois sur simulateur et sur l'avion".

Lire aussi : Le Boeing 737 MAX, l'avion qu'Airbus a poussé à faire

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 27/03/2019 à 17:35 :
ces journalistes sont des agitateurs ignorants ; quotidiennement des avions ont des pannes , avalent un piaf ...Quand on les écoutent on a aussi vendu 300 Airbus , nous on a pas encore vu un yuan ! Ils seront pour la plupart construit en Chine qui dispose d'une chaîne de montage . Vivement que Xi remplace Macron .
Réponse de le 27/03/2019 à 22:42 :
oui, il y a tous les jours des incidents mais rarement ....sur des avions censés être immobilisés....arrêtez donc avec l'anti-journalistes.
a écrit le 27/03/2019 à 13:26 :
Merci de relire votre article afin de supprimer les nombreuses fautes
Réponse de le 27/03/2019 à 18:47 :
il y a quelques semaines un moteur d'un A 380 d' AF a rendu l'âme au dessus d u Niger .L'appareil a du faire demi tour sur Abidjan . Faut-il suspendre tous les vols de A 380? Très mal placé pour faire la leçon , d'autant plus que ce n'est pas la 1° fois qu'un A380 a des pb moteurs
a écrit le 27/03/2019 à 9:32 :
Espérons que la corruption politico affairiste qui entâche ces drames sera sévèrement punie et que les hommes d'affaires et les hommes d'états impliqués dans ce scandale seront traités sans ménagement.

A surveiller comme le lait sur le feu.

D'ailleurs alors que les américains, à raison, se mêlent des affaires internationales de ce genre quand ça les touche même indirectement, pourquoi l'UE ne demande elle pas des comptes à Boeing ?

On parle d'un constructeur de fers à repasser volants, bref d'avions, là, les trucs qui nous passent au dessus de la tête en permanence. Parce que même en poussant le bouchon de la responsabilité le plus loin possible à savoir les clients savent connaissent les risques qu'ils prennent, déjà limite comme argument, mais de quel droit fait on prendre des risques aux gens en dessous !

Les américains à raison se permettent de faire la leçon à tout le monde, tout le monde devrait leur faire la leçon sur ce scandale.
Réponse de le 27/03/2019 à 15:25 :
Quand l'idéologie politique se pique de faire la leçon aux fabriquants d'avions, le mélange peut être détonnant. Et dévastateur. Laissez donc l'idéologie aux politiques et aux syndicats, et l'aéronautique aux techniciens et aux industriels. Ce sont deux monde totalement disjoints. Il est préférable qu'ils ne se mélangent pas.
Réponse de le 28/03/2019 à 10:59 :
@ multipseudos:

MAIS DE QUELLE IDÉOLOGIE TU PARLES ENCORE ?

Tu déformes, tu trolls.

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