A six mois de l'élection présidentielle française, le bilan de la coopération entre la France et l'Allemagne est bel et bien mitigé. Cette coopération entre Paris et Berlin, rejointe par d'autres pays - l'Espagne pour le SCAF, l'Eurodrone et le Tigre ; l'Italie pour l'Eurodrone - a toutefois engendré quelques déceptions, qui ont été masquées par l'avancée de deux programmes, le Système de combat aérien du futur (SCAF) et le drone MALE européen (Eurodrone). Deux programmes qui restent pourtant en attente d'une notification des contrats industriels, dont ceux pour le SCAF d'une valeur de 2,5 milliards d'euros (phase 1B). En revanche, trois autres projets (MGCS, Tigre Mark 3 et MAWS) sur les cinq lancés par Angela Merkel et Emmanuel Macron à l'occasion du conseil des ministres franco-allemand du 13 juillet 2017, sont à l'arrêt, voire pour certains en grand danger.
"S'agissant des programmes franco-allemands, on m'a récemment demandé si je voyais le verre à moitié plein ou à moitié vide. J'ai répondu que je préfère le voir à moitié plein, au moins pour leprogrammeEurodrone", a expliqué le délégué général pour l'armement, Joël Barre, le 14 octobre à l'occasion d'une audition à l'Assemblée nationale.
Fin août, l'Allemagne, l'Espagne et la France ont signé l'accord intergouvernemental pour la poursuite du programme SCAF, les phases 1B et 2 qui doivent aboutir en 2027 au premier vol d'un démonstrateur. Actuellement, la direction générale de l'armement (DGA), en tant qu'agence contractante, prépare la notification du contrat au nom des trois pays et qui doit être signé par les maîtres d'œuvre des cinq principaux piliers du programme : avion, moteur, cloud de combat, effecteurs déportés et capteurs.