Pourquoi la France lance la frégate Belh@rra

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La première frégate Belh@arra doit être livrée en 2023.
La première frégate Belh@arra doit être livrée en 2023. (Crédits : DCNS)
Cette nouvelle frégate est une nouvelle arme à l'exportation. La France n'était jusqu'ici pas présente sur ce segment de 4.000 tonnes, à mi-chemin entre les corvettes Gowind (2.500 tonnes) et les frégates multimissions FREMM (6.000 tonnes)

Et voguent les frégates Belh@rra. La France va lancer son programme de frégates de taille intermédiaire (FTI) en 2017, dans l'espoir de capter des marchés à l'export sur ce créneau très disputé, a annoncé mardi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Il a précisé qu'il notifierait la commande de l'État français au groupe naval DCNS au "premier trimestre" 2017. La Marine nationale doit acquérir cinq frégates Belh@rra au total - la première sera livrée en 2023. Le programme est estimé à 3,8 milliards d'euros, coûts de développement compris, a détaillé le ministre.

"J'ai décidé du lancement du programme FTI dès le début 2017. La réalisation commencera l'année prochaine", a expliqué Jean-Yves Le Drian en dévoilant la maquette du navire au salon Euronaval au Bourget (Seine-Saint-Denis). "Cela permettra à la France de maintenir sa flotte de 15 frégates de premier rang", a-t-il précisé, soulignant "la nécessité de renouveler (des bâtiments) très sollicités en opérations".

Pourquoi DCNS a-t-il nommé ses nouvelles frégates Belh@rra ?  C'est en référence à l'unique vague géante de toute l'Europe : la Belharra. Belharra-Perdun est un haut-fond situé sur la côte basque au large d'Urrugne (Pyrénées-Atlantiques). Ce haut-fond engendre une vague de 8 à 15 mètres très violente. Elle se forme au nord-ouest de la baie de Saint-Jean-de-Luz entre Socoa et Hendaye, à environ 2,5 kilomètres de la côte. En outre, l'arobase @ renvoie à l'aspect fortement numérisé de la frégate proposée par DCNS.

Quinze frégates de premier rang en 2030

Le lancement du programme FTI a été décidé mi-2015 lors de l'actualisation de la loi de programmation militaire. "Son objectif calendaire est ambitieux puisque la livraison de la première frégate est fixée en 2023", a souligné le ministère dans un communiqué publié mardi. Puis ce programme avait été confirmé par le ministère lors d'un comité ministériel d'investissement (CMI), qui s'est déroulé le 11 novembre 2015.

Frégates de premier rang, les 5 nouvelles FTI complèteront à l'horizon 2030 les 8 Frégates multi-missions (FREMM) et les 2 frégates de défense aérienne de type Horizon. Avec les cinq frégates Belh@rra, la Marine nationale pourra remplir son contrat opérationnel. Une FTI pourra être déployée seule ou au sein d'une force interarmées ou interalliés, comme le groupe aéronaval.

Une nouvelle arme à l'export

La France n'était jusqu'ici pas présente sur ce milieu de segment (4.000 tonnes), à mi-chemin entre les corvettes Gowind (2.500 tonnes) et les Frégates multimissions FREMM (6.000 tonnes). "On avait un trou dans la raquette", a souligné une source proche du dossier à l'AFP, ce qui peut expliquer le succès de concurrents à l'export face à la France, notamment des Italiens récemment auprès du Qatar.

D'un tonnage d'environ 4.200 tonnes, la FTI, qui offre une plateforme modulaire adaptable en fonction de la demande des marines, représente un marché potentiel d'une "soixantaine" d'unités à l'horizon 2025, a-t-on ajouté de même source. Elle peut intéresser des pays étrangers, notamment au Moyen-Orient et en Asie, pas forcément prêts à investir dans des navires plus imposants et plus chers.

Avec ces nouvelles frégates, DCNS a l'ambition de poursuivre le succès des frégates type La Fayette, "une référence", selon DCNS, sur le marché du naval de défense avec plus d'une vingtaine d'exemplaires vendus à quatre marines dans le monde : six à Taïwan puis à Singapour, cinq à la France et trois à l'Arabie Saoudite.

"La FTI permettra certainement une force à l'exportation que nous n'avons pas encore suffisamment dans ce domaine", a renchéri Jean-Yves Le Drian. "Elle disposera, sur une plateforme plus compacte que les FREMM (...), de tous les attributs d'une frégate de premier rang, avec des capacités dans tous les domaines, de la défense aérienne à la lutte sous-marine en passant par les opérations spéciales", a souligné le ministre.

Une frégate polyvalente

Pour définir cette frégate dans des délais contraints, la direction générale de l'armement (DGA) a mis en place un plateau collaboratif. Disposant des outils d'ingénierie les plus modernes, ce plateau regroupe les experts de la DGA, de la marine et de l'industrie, principalement DCNS et Thales. "Son efficacité est aujourd'hui avérée puisque les grands choix d'architecture et d'équipements du programme ont été entérinés lors de la présentation en comité ministériel d'investissement le 5 octobre dernier", a précisé le communiqué du ministère.

D'un tonnage d'environ 4.200 tonnes, mise en œuvre par un équipage de 125 personnes, détachement aéronaval compris, la FTI, qui est polyvalente, dispose de capacités dans tous les domaines de lutte : anti-sous-marine, anti-aérienne, anti-navire, projection de forces spéciales. Elle peut accueillir un hélicoptère et/ou un drone aérien. Son radar de nouvelle génération à panneaux fixes, entièrement numérique, est intégré au sein d'une mâture unique. Premier bâtiment tout numérique et doté d'équipements de dernière génération technologiquement innovants, la FTI est conçue de façon modulaire afin de pouvoir être évolutive et déclinée selon les différents besoins de marines étrangères.

Une nouvelle frégate fortement armée

DCNS complète sa ligne de produits en positionnant un navire de dernière génération entre le segment des frégates multimissions (FREMM) de 6.000 tonnes et celui des corvettes gowind de 2.500 à 3.000 tonnes. Avec la frégate Belh@rra, DCNS répond aux attentes des marines qui recherchent une frégate compacte, capable d'assurer des missions à large rayon d'action, opérant seule ou intégrée dans une force navale, en haute mer ou pour des missions de surveillance des côtes dans un environnement dense et hostile.

Équipée du système de management de combat Setis de DCNS (FREMM et corvettes Gowind), cette nouvelle frégate "offre une intelligence opérationnelle inégalée sur le marché, à laquelle s'ajoutent une modularité, une robustesse et une simplification à l'usage", a assuré DCNS dans un communiqué publié mardi. Dix ans après les premières études de conception de la FREMM, la frégate Belh@rra bénéficie en outre du retour d'expérience de la Marine nationale sur les FREMM sur un grand nombre de théâtres d'opération.

Première frégate pour les "digital natives"

Résolument tournée vers les futurs opérateurs aux commandes des navires au-delà de 2020, la frégate Belh@rra bénéficie des technologies numériques les plus modernes, a expliqué DCNS. Elles lui confèrent une plus grande performance dans le traitement de l'information et dans la détection des menaces tout en permettant à l'équipage de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

"Le développement des technologies numériques garantit une capacité d'évolutivité du navire pendant toute sa durée de vie. Pendant près de quarante ans, équipements et systèmes verront leur capacité modernisée de manière incrémentale pour s'adapter aux évolutions du contexte d'emploi, aux menaces futures ainsi qu'à l'arrivée de nouvelles technologies", a souligné DCNS.

Le meilleur du "Made in France"

D'ores et déjà, DCNS propose une version France de la nouvelle frégate Belh@rra. Elle est conçue pour satisfaire les besoins nationaux. Frégate de premier rang à vocation de lutte anti-sous-marine, elle est dotée de capacités d'autodéfense élargies et de projection de commandos. Enfin, elle intègre le radar multifonctions entièrement numérique doté de quatre antennes planes Sea Fire de Thales et est équipée de missiles Aster 30 de MBDA.

Outre le radar Sea Fire adapté à la conduite d'engagement des missiles Aster, Thales fournira le sonar remorqué ultra compact CAPTAS-4, le système de communications navales intégré Aquilon ainsi qu'un nouveau système de guerre électronique entièrement numérique, Sentinel. Concrètement, le groupe d'électronique lance une nouvelle version compacte et modulable du sonar CAPTAS-4, qui équipe actuellement les FREMM. Ce sonar offre la même détection ultra-longue portée tout en ayant une surface réduite de 50% et un poids allégé de 20%. "Avec ce sonar en version compacte, la FTI sera équipée de la meilleure capacité de détection anti sous-marine du marché", assure Thales.

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Commentaires
a écrit le 11/12/2016 à 20:21 :
3,8 milliards divisés par 5, ça fait 760 millions par frégate, alors que les FTI seront plus petites que les FREMM qui elles coûtent 650 millions l'unité.
Je cherche l'erreur.
a écrit le 19/10/2016 à 19:26 :
Bonjour Mr Cabirole,

Les articles sur le marché de la défense sont généralement dans votre journal de bonne facture. Mais celui-ci n'est qu'une brochure commerciale! (pour pas dire une suite de vérité "fausse"). Pourtant ce dossier mérite vraiment d'être traité au vue de son absurdité que ce soit sur le plan fonctionnel économique et peut être aussi industriel.

Pour les gens que le sujet intéresse vous pouvez consulter les billets publiés sur ce dossier sur le site du fauteuil de Colbert qui une fois n'est pas coutume sont de qualités notamment celui-ci(http://lefauteuildecolbert.blogspot.fr/2016/10/la-fregate-de-taille-intermediaire.html)
Réponse de le 19/10/2016 à 22:53 :
@Jeremy : bonjour et merci pour le lien. En effet, le fauteuil de Colbert rentre davantage dans les détails financiers et opérationnels de l'opération, c'est un bon complément à l'article ci-dessus.
Néanmoins, parler d'absurdité à propos des FTI est peut-être un raccourci. Je parlerais plutôt de compromis. Par exemple, le fauteuil de Colbert omet presque complètement les aspects industriels et commerciaux, abordés en détail ici. Tout considéré, cette FTI n'est peut-être pas une si mauvaise idée.
Nous verrons bien, mais le programme ne paraît pas trop risqué, et si Jean-Yves Le Drian l'a décidé, je suis disposé à croire qu'il y a de bonnes raisons.
a écrit le 19/10/2016 à 6:34 :
Au moins on sait de quelle région le ministre de la défense a été élu président
a écrit le 18/10/2016 à 20:30 :
Sea Fire 500, Aster 30 et VL MICA... sacrées bêtes de défense anti-air.
a écrit le 18/10/2016 à 20:19 :
En attendants les blindés de l'armée de terre on 30 ans de service.... ( VAB,AMX10RC, ERC)... Mais tous vas bien. Si les barbus marché sur l'eau , notre marine sera prête à ce battre..... Aller honte à çe gouvernement . Incapable d'équipe correctement nos soldâts et qui achète la paix sociale dans certaine region....
Réponse de le 18/10/2016 à 21:57 :
@Rogger : programme Scorpion? Programme AIF?
Réponse de le 19/10/2016 à 9:17 :
De la critique pour faire de la critique, ce gouvernement a aussi lancer des programmes pour remplacer tous les véhicules que vous citez: Griffon et Jaguar.

Le gouvernement a récupéré la défense dans un état lamentable laissé par Sarkozy qui peut bomber le torse autant qu'il veut mais à tranché dans la défense comme jamais.
a écrit le 18/10/2016 à 18:53 :
Je comprend mieux a quoi sert mes impôts .....
Réponse de le 19/10/2016 à 1:09 :
Et vous feriez bien de vous réjouir, vos impôts pourraient bien vous sauver la vie un jour !
Réponse de le 20/10/2016 à 6:15 :
Contre qui ? Poutine ? Si on faisait la guerre contre la Russie, ces navires ne serviraient à rien, car ils enverraient des bombes H par avion au dessus des pays.
Réponse de le 20/10/2016 à 13:12 :
Non, en fait vous n'avez rien compris...
a écrit le 18/10/2016 à 17:20 :
trop cher mon fils Invendable sauf pour les Rustoffs

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