Si, si le groupe émirien EDIC s'offre la PME centenaire française Manurhin

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Le tribunal de Mulhouse s'est prononcé avec pragmatisme en faveur du projet financier le plus solide pour Manurhin, a estimé le président du directoire de Manurhin Rémy Thannberger,
"Le tribunal de Mulhouse s'est prononcé avec pragmatisme en faveur du projet financier le plus solide pour Manurhin", a estimé le président du directoire de Manurhin Rémy Thannberger, (Crédits : Manurhin)
La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Mulhouse a confié la reprise du fabricant de machines de munitions Manurhin, au groupe de défense des Emirats Arabes Unis EDIC.

Manurhin, ne m'appelez plus jamais France. C'était écrit. Et depuis trop longtemps. Le fabricant de machines de munitions "Made in France" passe donc sous pavillon émirien avec les félicitations du ministre de l'Economie. Pourtant partisan d'une Europe de la défense forte, Bruno Le Maire n'a cette fois-ci en rien facilité le rapprochement avec le belge New Lachaussee en vue de créer un leader mondial européen. Pas plus qu'il n'a aidé les deux PME tricolores - le groupe familial Odyssée Technologies et la PME grenobloise ECM Technologies -, intéressées par les performances commerciales de Manurhin, qui exporte 100% de sa production.

La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Mulhouse (Haut-Rhin) a décidé d'un "plan de cession au profit de la société EDIC avec une prise d'effet à (mercredi)", a indiqué le greffe.

Entre les discours sur l'industrialisation de la France et la réalité, il y a visiblement un décalage, notamment pour les PME. Ainsi, un certain nombre de banques n'ont pas voulu suivre ECM Technologies dans cet investissement en raison de la production de Manurhin (armement). Et dire qu'il y a peu de temps encore la puissance publique détenait 43% de Manurhin : Giat-Industries (21,5% du capital) et Bpifrance (21,5%). Un gâchis qui profite à EDIC (Emirates Defense Industries Company) et à une vieille connaissance de la France, Luc Vigneron, qui a flairé la bonne affaire. Et ce d'autant qu'il est en charge de développer une industrie de la défense aux Emirats Arabes Unis (EAU). Un joli coup pour l'ancien patron de Thales et un comble pour la France. Car elle "a laissé partir à l'étranger cette entreprise", a regretté le président du directoire de Manurhin Rémy Thannberger.

Comment EDIC a mis la main sur Manurhin

"Le tribunal de Mulhouse, qui connaît l'unique cause de nos difficultés, s'est prononcé avec pragmatisme en faveur du projet financier le plus solide pour Manurhin", a estimé dans un communiqué le président du directoire de Manurhin Rémy Thannberger, beau joueur. Luc Vigneron était d'ailleurs récemment venu se faire une idée pendant 48 heures du potentiel de Manurhin. Il a alors acquis la conviction que cette PME devait être reprise par EDIC.

Ainsi, l'offre de reprise du groupe émirien, soutenu par le très puissant fonds Mubadala, prévoit de conserver 104 salariés sur les 145 que comptait l'entreprise au moment de la mise en redressement judiciaire. En outre, EDIC va apporter 10 millions d'euros en capital et va rajouter 25 millions en compte courant, ce qui va soulager la trésorerie de Manurhin en souffrance. Soutenu par les autorités des EAU, partenaire stratégique de la France au Moyen Orient, EDIC produit déjà des munitions, des armes légères et des blindés. Avec Manurhin, il va détenir la totalité de la filière.

"Edic reprend l'intégralité de notre carnet de commandes et le fait que plus des deux tiers des effectifs soient conservés à Mulhouse montre que nous avons su préserver le savoir-faire de l'entreprise, et surtout le transmettre à une nouvelle génération de collaborateurs prometteurs", a expliqué Rémy Thannberger. Toutefois, il a regretté que "la France ne croit plus en son industrie".

Les banques aux abonnés absents

La direction de Manurhin explique les difficultés du fabricant par l'impossibilité à financer ses commandes à l'export en ayant accès au crédit bancaire. La PME ne pouvait plus  "depuis des mois, obtenir des banques françaises privées ou publiques, le moindre euro de crédit, et ce en dépit d'un historique bénéficiaire en 2013, 2014 et 2015", avait-elle expliqué en juin 2017 dans un communiqué. En conséquence, le chiffre d'affaires a chuté à 12,1 millions d'euros en 2017, soit moins de la moitié de 2016, alors que son carnet de commandes s'établit à 100 millions d'euros. La perte nette 2017 avait atteint 16,7 millions d'euros. Ce qui devait arriver, est arrivé avec la mise en redressement judiciaire et la reprise de la PME mulhousienne par un groupe étranger.

Pourtant l'ancien ministre de la Défense de François Hollande, Jean-Yves Le Drian, actuellement au Quai d'Orsay, avait eu la volonté de créer une filière de munitions de petit calibre "Made in France" à laquelle devait participer Manurhin. Ce projet, qui aurait pu être les prémices d'une solution pour Manurhin, a finalement été abandonné en rase campagne par la nouvelle équipe au pouvoir. Un vrai gâchis à la française.

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Commentaires
a écrit le 07/08/2018 à 22:14 :
Les émirats unis Ons compris que la vrais capacite dè defence vient par le fait de fabriquer s'est armes et munition.... Maintenant cette entreprise passe sous pavillon étranger... Rien de bien surprenant , notre pays par mesure d'économie équipe nos soldat de fusil acheté à l'étranger , donc tout vas bien, notre pays à abandonner toute volonté de defense , se qui e se fort regrettable ...
Un president socialiste a dit que tous vas bien ....
a écrit le 03/08/2018 à 23:35 :
la France n'est plus dirigée, elle est administrée par des technocrates qui ne comprennent rien à l'industrie, aux années d'efforts qu'il faut pour sortir un produit, ils bradent au lieu de sauver, font table rase il ne restera plus rien.
a écrit le 03/08/2018 à 10:22 :
Les politiques aiment bien détruire le tissus industriel français. Nos énarques sont fortiches, ils ont ruiné l'ex CGE(Alcatel) , Général des eaux(vivendi), Alstom, Thomson( technicolor)
l'acier avec Arcelor etc.... Maintenant Manurhin. Finalement on a ce qu'on mérite, on navigue dans la médiocrité.
Réponse de le 03/08/2018 à 14:14 :
Au lieu de raconter n'importe quoi., dites nous combien d'actions avez vous acquis. Dites nous comment vous participez à la réappropriation de l'industrie Française. Certainement en investissant dans l'immobilier ou à la caisse d'épargne. Les boites privées appartiennent aux actionnaires qui sont libres de les vendre. L'état n'y peut rien. Si les Français ne veulent pas mettre leurs économies dans l'industrie, tant pis pour eux.Mais alors vous ne pouvez pas vous plaindre que d'autres (étrangers) plus rusé en rachètent.
a écrit le 03/08/2018 à 9:14 :
Entierement d'accord.
J'attends les prochaines élections. ..pour ne plus avoir des godillots...mais des personnes qui aiment les Français et la France
a écrit le 03/08/2018 à 0:06 :
Lamentable. Encore un coup dans le dos des Français par ce gouvernement aux ordres du chef de benalla. On ne gardera rien du capital de la France? A force de brader nos bijoux de famille. Lamentable
a écrit le 02/08/2018 à 22:10 :
C'est de l'ideologie néoliberale.... Le marché décide de tout... Doctrine Macronienne à l'oeuvre... Après avoir sacrifié Alstom, Manurhin, c'est peu de chose !
Réponse de le 03/08/2018 à 8:49 :
"C'est de l'ideologie néoliberale.... Le marché décide de tout..."

Non, vous ne comprenez rien mais n'hésitez pas à venir nous le dire.

SI c'était le marché qui décidait de tout ce serait du libéralisme, la finance associée au pouvoir étatique c'est du néolibéralisme.

Soit vous n'y connaissez rien mais aimez vous la raconter soit vous le faites exprès pour tromper, bref c'est moche.

"Tenez pour vous instruire:" L’essence du néolibéralisme" https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609

Bon ya beaucoup de mots c'est sûr, c'est bon vous tiendrez ?
a écrit le 02/08/2018 à 19:59 :
Les banques ne sont pas là pour perdre de l argent et ont encore la liberté de choisir leur investissements. Je doute que l industrie (y compris militaire) soit l avenir de la France. Nous n avons ni les écoles, ni les moyens, ni l appétit de former de pmi digne de ce nom. Revendons nos « merdes » à nos alliés ou ennemis avant qu elles ne valent plus rien et blanchissons l argent des pays qui nous achètent.
Bradons aussi notre drapeau et laissons les s essuyer avec, de toutes manières il a perdu ses couleurs, La Marseillaise n est bonne que pour les footeux qui n en n ont jamais compris le sens.
Il est temps d aller de l’avant et de faire preuve de réalisme.
La France est une chimère, seuls les attardés mentaux rêvent encore d un grand retour sur la scène. Mais même au théâtre nous ne faisons plus recette.
Pourvu que le Qatar, la Russie ou le Zimbabwe nous rachète qu on en finisse.
Je roule en Tesla (usa), j ai un iphone (usa-asie), ma maison est à credit, ma nourriture bio vient de loin, ma nourriture commune de restauration n est pas d une grande qualité malgré des prix sympas, mes vêtements de marque ne sont pas français, qu edf, l éducation (endoctrinement) est de piètre qualité, mais il me reste le monde.
Et si le monde est trop petit, je regarde le ciel dans l espoir que mes enfants et petits enfants puissent aller coloniser, exploiter un autre endroit. Parasites que nous sommes.
Réponse de le 03/08/2018 à 10:50 :
Commentaire dur, mais réaliste.
Les anciens empires ne sont plus rien, ainsi va le monde.
a écrit le 02/08/2018 à 17:41 :
Rien de nouveau en France, On n'aime pas les entrepreneurs ni les actionnaires, On leur préfère des élus incompétents et démagos.
Réponse de le 02/08/2018 à 17:51 :
Tout est dit.
a écrit le 02/08/2018 à 17:15 :
"Ainsi, l'offre de reprise du groupe émirien, soutenu par le très puissant fonds Mubadala, prévoit de conserver 104 salariés sur les 145".

Et hop, 41 salariés sur le carreau pour remplir les poches de ce Luc Vigneron.Encore un baby-boomer CSP+ (64ans) qui brade notre pays à vitesse grand V pour accentuer son train de vie et celui de sa famille.Il doit pas être loin d'avoir voté LREM.
a écrit le 02/08/2018 à 16:04 :
35 millions..... remettre au pot pour accompagner une boîte dans sa croissance, parceque c est de cela qu il s' agit......la France de Macron n' aime ni l industrie ni les usines.....il y a les belles paroles et la réalité....et la réalité est catastrophique
aucun fond f'cais n a voulu mettre 80 pauvre petit millions pour stx, la c est 35......pour des boîtes avec des carnets de commandes pleins......
par contre...les sommes mirobolante dans la tech...de toute nature n etonne personne!
a écrit le 02/08/2018 à 11:48 :
Il semblerait que tout a été fait pour couler la boite, en empêchant une production qui semblait rentable. Pourquoi les banque n'ont elles pas prêté d'argent à Manurhin? L'article en dit trop peu sur la rentabilité des commandes qui n'ont pas pu être prises du fait du manque de liquidité. De loin, cela ressemble à une magouille visant à mettre en péril les possibles velléités d'indépendance de la France, au cas il y en aurait dans le futur, puisque la France ne doit plus être la France mais un ensemble de région de l'Union Européenne. En sabotant la défense du pays, on l'empêche de pouvoir voler de ses propres ailes s'il venait à décider d'un Frexit.
a écrit le 02/08/2018 à 9:52 :
Je n ai pas compris, Manurhin déménage de France ou elle a seulement un nouvel actionnaire ?? (sic) M.Caribol la CdM est fini, vous pouvez ranger votre drapeau.
a écrit le 02/08/2018 à 9:06 :
Quelle honte...

Quand est-ce que ça s'arrête svp ? C'est quand les élections !?
Réponse de le 04/08/2018 à 21:38 :
Au lieu d'être blasé, vous feriez mieux de mettre vos économies dans l'industrie par le biais des achats d'actions.Cela permettrait aux Français d'être propriétaire de leurs entreprises et donc d'être maître de leur devenir. Votre commentaire sinon ne vaut rien. seul les propriétaires ont voix au chapitre. L'industrie dite française n'appartient pas aux Français depuis belle lurette, car ils préfèrent du placement sans risques tout en voulant le beurre et l'argent du beurre.

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