David Cameron appelé à s'immiscer dans le projet de fusion Pfizer-AstraZeneca

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Le Premier ministre conservateur s'imiscera-t-il dans les affaires d'une compagnie privée, même stratégique? Pfizer a tenté sa chance...
Le Premier ministre conservateur s'imiscera-t-il dans les affaires d'une compagnie privée, même stratégique? Pfizer a tenté sa chance... (Crédits : reuters.com)
Opération séduction pour Ian Reid. Le PDG du leader mondial du médicament a écrit au Premier ministre conservateur pour plaider la cause de l'achat d'AstraZeneca. Le milliardaire David Sainsbury en appelle lui aussi à l'intervention du Downing Street.

Les médias anglo-saxons ont abondamment raillé "l'ingérence" de l'exécutif français dans le dossier Alstom... Ils risquent de devoir faire de même avec Londres. En effet, le groupe américain Pfizer, qui convoite le laboratoire britannique AstraZeneca n'a pas hésité à solliciter Downing Street pour plaider sa cause. Le laboratoire, qui vient de relever son offre à 63 milliards de livres contre 58,8 précédemment, s'est d'ailleurs vu opposer un refus net. La direction du group, jugeant encore l'offre "sous-évaluée". 

Offre relevée

 Un peu plus tôt dans la journée, Ian Read, le PDG de Pfizer a ainsi adressé une lettre au Premier ministre David Cameron, ce vendredi. Le texte est publié sur le site du groupe américain.

Un peu comme l'a fait le patron de General Electric pour convaincre François Hollande de faciliter l'acquisition de la branche énergie d'Alstom, le patron du leader mondial de la pharmacie tente de rassurer le chef du gouvernement britannique. 

Dans ce document, l'auteur explique qu'une fusion:

"rapprocherait des experts mondiaux dans des ères thérapeutiques clés comme l'oncologie, les anti-inflammatoires, ou les maladies cardiovasculaire et autres désordres métaboliques".

En outre, l'entité créée bénéficierait de la matière grise présente dans le "triangle d'or" représenté par les universités d'Oxford, Londres et Cambridge. 

Protéger l'emploi au Royaume-Uni

Surtout, il s'engage à ce que le siège de la nouvelle compagnie soit installé en Grande-Bretagne, tout comme son domicile fiscal. Il terminerait la construction du campus AstraZeneca à Cambridge, installerait son principal centre de Recherche et développement au Royaume-uni, et ferait en sorte que 20% de ses équipes de chercheurs travaillent sur le sol britannique. Il tenterait également d'installer des sites de production en Grande-Bretagne

Le dirigeant d'origine écossaise aurait déjà rencontré des membres du gouvernement le 29 avril, selon une information de Bloomberg. 

Un lord milliardaire pour défendre l'industrie pharmaceutique

Outre-Manche des voix s'élèvent d'ailleurs pour réclamer une intervention de David Cameron. Le milliardaire Lord Sainsbury, philantrope, ancien ministre travailliste chargé des Sciences et actuel président de l'université de Cambridge, a appelé le Premier ministre à bloquer la transaction afin de préserver l'emploi en Grande-Bretagne et, plus largement l'industrie pharmaceutique britannique.

"Ce serait un coup dévastateur pour notre secteur pharmaceutique. Or, il me semble que celui-ci sera crucial pour les 30 prochaines années", a-t-il confié au Financial Times. 

(Article créé le 02/05/2014 à 08:57 mis à jour à 11:37)

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Commentaires
a écrit le 02/05/2014 à 16:43 :
Il serait étonnant que UK pris à la gorge d'un point de vue économique refuse l'arrivée de 110 milliards d'argent frais! Quelques aménagements ou partages de licences devraient permettre d'accepter ce deal inespéré. d'autant que Gloxo reste un acteur d'importance. L'américain y met en effet pour un chiffre cible de moitié le sien, plus que celle de sa propre valorisation. Au surplus l'ouverture toute grande du marché américain en voie de restriction devrait convaincre l'ensemble des acteurs. Reste à compenser les autres et en particulier le français Aventis.... à moins qu'il ne reçoive à bon compte une partie des actifs américains de Pfizer ... ou d'autres bien entendu, ils s'arrangeront ensuite entre eux.
a écrit le 02/05/2014 à 15:36 :
J'ai travaillé avec Pfizer aux USA. Je ne pense pas que les affirmations de son PDG soient crédibles en ce qui concerne le siège social et les centres de recherche.
Mais ils sont entre "vertueux anglo-saxons" et pas de ces fantasques latins.
a écrit le 02/05/2014 à 10:59 :
L’interventionnisme de l'état n'a pas de limite chez eux. Et dire qu'ils nous trouve trop syndiqué. Faut dire que le RU qui soit disant affiche 8% de taux de chômage va mal car des centaines de milliers de personnes travaillent dans la précarité avec les contrats 0 heures. L'employeur a la main mise sur ses employés car les employés ne peuvent arrêter leur contrat sauf accord de l'employeur et lui peut les faire bosser quand il le souhaite. Du coup ils ne peuvent pas se pointer à pole emploi pour toucher des aides. Donc vive les stats truquées que nous vendent les english. Imaginez Astra Zeneca qui emploient + 60 000 personnes devait passer sous pavillon US, normal qui craignent pour leur emploi. Et dire qu'ils nous critiquaient sur le rachat de Alsthom par GE avec notre interventionnisme étatique. Y'a plus champion que nous !

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