"L'ammonitrate génère 90 % d'émissions d'ammoniac en moins par unité d'azote que l'urée. Si tous les agriculteurs les substituaient à l'urée, on éviterait 63 % des pertes globales d'ammoniac liées à l'application d'engrais en Europe", calcule Yara.
Reuters
Depuis un an, les importations dans l'Union européenne d'urée venant de pays tiers s'envolent, alerte le producteur norvégien d'engrais Yara. Un type d'engrais qui pollue davantage l'air que l'ammonitrate, plus cher, dans lequel l'industrie européenne s'est spécialisée.
Déjà depuis 2017, on observe en effet une augmentation des importations d'urée, engrais azoté moins cher et produit essentiellement en dehors de l'UE, aux dépens de son principal concurrent, l'ammonitrate, spécialité plus coûteuse de l'industrie européenne. Mais ce mouvement s'est nettement accentué depuis un an, quand les prix du gaz ont commencé à croître vertigineusement : entre juin 2021 et juin 2022, les importations d'urée ont triplé, observe -un document de l'association Fertilizers Europe à l'appui- le leader mondial des engrais Yara -qui en France et en Europe vend surtout de l'ammonitrate et domine le marché.
La production d'engrais européenne pénalisée par les prix du gaz
Ce phénomène intervient en parallèle de la fermeture des usines européennes d'engrais, produisant traditionnellement surtout de l'ammonitrate, dont les coûts de fabrication s'envolent avec la hausse des prix du méthane -inférieurs hors Europe.
« A cause de l'envolée des prix du gaz, la production européenne d'ammoniac est devenue deux fois plus chère par rapport à son achat sur les marchés internationaux », expliquait le directeur général France de Yara, Nicolas Broutin, le 20 septembre lors d'une conférence de presse.
Chez Yara, ainsi, 65% des capacités sont désormais à l'arrêt sur le Vieux Continent « pour une durée indéterminée », déclarait à la même occasion Nicolas Broutin, en annonçant une nouvelle fermeture « dans les prochains jours » d'un site en Belgique. Les deux usines françaises qui produisent de l'ammonitrate (à Montoir de Bretagne et Ambes) peuvent continuer de fonctionner à plein seulement parce qu'elles importent l'ammoniac, précisait le directeur général.
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