Entre Bollinger et James Bond, la saga continue
Olivier Mirguet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le siège de la maison de champagne Bollinger à Ay (Marne).
Olivier Mirguet
Olivier Mirguet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le siège de la maison de champagne Bollinger à Ay (Marne).
Olivier Mirguet
Dans Mourir peut attendre, dernier épisode de la série James Bond sorti le 6 octobre, deux coupes et un seau à champagne apparaissent, à peine visibles, dans une chambre d'hôtel en Italie. En 2006, dans Casino Royale, Daniel Craig avait été plus direct en commandant "une bouteille de Bollinger Grande Année et du caviar Beluga" dans un hôtel aux Bahamas. Un grand écart, en termes de promotion sur grand écran. Au siège de Bollinger à Ay, dans la Marne, on ne s'en est pas offusqué. "Il existe un accord entre la famille propriétaire de Bollinger et la famille Broccoli, qui détient les droits sur les films de James Bond via sa société Eon. Il ne s'agit pas d'un contrat de placement de produits. Nous ne payons pas pour apparaître dans les films", explique Charles-Armand de Belenet, directeur général de Bollinger. "L'accord familial prévoit simplement que James Bond boira du champagne Bollinger, et cet accord a été respecté depuis 1979", observe Charles-Armand de Belenet, qui avoue avoir déjà vu quatre fois Mourir peut attendre.
Pourquoi Bollinger, plutôt qu'une autre maison de champagne ? "Dès la création de notre maison, en 1829, la quasi-totalité de nos exportations partaient en Grande-Bretagne. Nous étions concentrés sur la clientèle de l'establishment, les universités d'Oxford et Cambridge. A la fin du dix-neuvième siècle, nous avons obtenu le "warrant" de la famille royale britannique, dont nous sommes devenus fournisseur. Plus tard, quand Ian Fleming écrit ses premiers romans, il cite logiquement trois marques présentes sur le marché anglais, dont la nôtre", détaille Charles-Armand de Belenet.
À lire également
Au cinéma, la première apparition de Bollinger remonte à 1973 dans "Vivre et laisser mourir", premier James Bond interprété par Roger Moore. Dans les épisodes précédents, Sean Connery buvait du Dom Pérignon. "C'est à cette époque que Charles Broccoli est venu rencontrer Elizabeth Bollinger au domaine familial à Ay. L'accord s'est soldé par une poignée de main à la fin du dîner", rapporte Charles-Armand de Belenet.
Bernard Beaulieu, ancien employé syndicaliste chez Bollinger, se souvient d'une réunion du comité d'entreprise qui s'est tenue en 1979. Christian Bizot, neveu d'Elizabeth Bollinger, venait d'accéder à la direction générale de la maison de champagne. "Il nous a informés de cet accord, en ajoutant ce commentaire : "On ne prend aucun risque". C'était vraiment bon enfant", se souvient-il, amusé. "Personne n'avait la moindre idée de l'ampleur que cette histoire allait prendre. C'est devenu énorme et ça rapporte beaucoup plus que ça n'a coûté", a observé Bernard Beaulieu au fil des épisodes. Pour Mourir peut attendre, Bollinger n'aurait envoyé qu'une centaine de bouteilles sur le plateau de tournage. "Une scène a été tournée, dans laquelle Daniel Craig servait à Léa Seydoux une coupe de notre champagne. Cette scène a été coupée", rapporte Charles-Armand de Belenet.
Olivier Mirguet