Les hypermarchés affaiblis par le coronavirus
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"D'habitude il y a foule, mais là c'était très fluide", constate Colette, 77 ans, en revenant de l'hypermarché où elle fait ses courses hebdomadaires. Déjà fragilisés, les hypermarchés sont en difficulté en cette période de confinement.
Celles des hypermarchés de taille modeste (moins de 7.500 m2) ont baissé de 7%. En revanche, tous les autres modèles de distribution sont "en forte hausse", selon l'expert.
Plus précisément, "il y a eu deux périodes pour les hypermarchés", explique un porte-parole d'Auchan: "une période pré-confinement avec des chiffres exceptionnels, +138% de moyenne nationale sur les quelques jours qui ont précédé le confinement", puis "une baisse très nette de la fréquentation". Un porte-parole du groupe Casino évoque aussi ces clients en moins:
"Depuis le début du confinement, j'ai privilégié les commerces de proximité", reconnaît Jean-Michel, 52 ans qui, avant, avait l'habitude de faire ses courses en hypermarché. Yves Marin, associé de Bartle, une agence de conseil en distribution, explique que "dans la situation actuelle, les gens préfèrent les courts déplacements à pied, ce qui favorise les supermarchés et les commerces de proximité par rapport aux hypermarchés". Or, seuls 6% des Français vivent à moins de 5 minutes d'un hypermarché - qu'on trouve majoritairement en périphérie des villes -, contre 28% à moins de 5 minutes d'un supermarché et 32% d'un magasin de proximité, selon l'étude Nielsen.
Au-delà de cette réalité géographique, les très grandes surfaces pâtissent aussi de l'étalement des courses sur toute la semaine et de la volonté des consommateurs d'éviter les foules. C'est le cas pour Jean-Michel, qui considère que les hypermarchés sont une "zone de contamination". "Je n'y vais pas car j'essaie d'éviter l'affluence", explique-t-il.
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Outre des clients, le confinement a fait perdre aux hypermarchés l'un de leurs principaux leviers de trafic: les promotions. "En ce moment, les Français ne sont plus à la chasse aux promos", explique Yves Marin.
Au Carrefour Auteuil, un hypermarché de 5.300 m2 logé dans le 16e arrondissement de Paris, en bordure de périphérique, la boucherie est fermée par manque de personnel, mais au rayon chocolats de Pâques, des monceaux d'œufs colorés, de lapins, de poules et de boîtes en tous genres s'empilent. Certains articles sont déjà en promotion, pour écouler le stock. A Auchan, on indique qu'en mars, "malgré un léger recul, la baisse de fréquentation a été compensée par l'augmentation de la taille du panier et par les journées exceptionnelles réalisées juste avant le confinement. Mais avril risque d'être nettement plus compliqué."
Cette crise "s'ajoute à la mauvaise fortune des hypermarchés depuis plusieurs années", analyse Yves Marin.
Pourtant, si la situation est "difficile pour les hypermarchés", "il n'y a pas de raison de s'inquiéter outre-mesure", selon Daniel Ducroq:
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Pour Casino, les hypermarchés représentent ainsi "moins de 20% de l'activité totale du groupe". "Les formats de proximité et l'e-commerce sont particulièrement sollicités", dit le groupe. Idem à Auchan: "On constate une très forte hausse sur l'activité 'drive', de l'ordre de 60%", détaille un porte-parole.
Et après? Yves Marin refuse les conjectures sur une sortie du confinement.
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