Essai auto : Mini Countryman 4x2, une "maxi" Mini très sympa mais chère

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Ce (faux) 4x4 de poche est une vraie Mini... à cinq portes et surélevée. Sans aucune aptitude hors bitume. Original, agile, charmeur, mû par un petit diesel suffisant, il est plutôt confortable et pratique. L'ambiance à bord se révèle délicieusement rétro. Mais c'est hors de prix !

La Mini Countryman est un... "SUV", affirme le constructeur britannique, filiale de BMW. Ce vocable marketing américain, qui ne veut strictement rien dire en Europe, est synonyme de 4x4 à vocation routière. Autant dire qu'ici l'appellation est usurpée. En version 4x2 (traction avant), avec une garde au sol basse, "notre" Countryman d'essai n'a pas plus de vocation hors bitume qu'une Renault Clio ou une Peugeot 207, malgré les bourrelets en plastique genre baroudeur ! Il faut donc considérer la belle comme une simple version à cinq portes légèrement surélevée de la fameuse Mini. Cela dit, cette "maxi" Mini est une réussite.

Une bouille charmeuse

C'est la plus grosse Mini jamais produite. Mais la bonne bouille rondouillarde demeure. Malgré le grossissement, la carrosserie n'a pas perdu de son charme délicieusement rétro, avec le pare-brise vertical, les portières à angles droits, des touches de chrome par-ci par-là. Bref, on retrouve bien les lignes du modèle originel de 1959. Bravo aux designers pour avoir fait du neuf sans déparer le style maison. Du coup, on l'identifie immédiatement comme une voiture de la marque. Pourtant, ce n'était pas évident.

Ambiance inimitable

Et, à l'intérieur, c'est pareil. Le gros cadran central reste présent. Les adorables touches des commandes (peu pratiques) rappellent les petites palettes de l'original. Tout est à l'avenant, comme autant de clins d'?il à l'ancêtre. Y compris les rétroviseurs arrondis dans lesquels on... ne voit pas grand-chose. Quel bon goût ! A côté de ça, toutes les autres concurrentes paraissent impersonnelles, insipides, moches. Une ambiance inimitable, qui évoque le passé mais n'empêche pas d'embarquer la technologie et les fonctions les plus modernes, comme le rappel de la vitesse de l'illisible compteur central sur un cadran juste devant les yeux du conducteur. Si le style nous séduit, les plastiques auraient pu être de meilleure qualité, à ce prix. Tout comme le tissu des sièges.

Un sens pratique inédit

Au fond, c'est une Mini, avec une position de conduite haute paradoxale, une habitabilité convenable, une très bonne accessibilité, une fonctionnalité inédite avec des sièges coulissants à l'arrière pour agrandir un coffre réduit. Ce que nous n'avons pas du tout apprécié, par contre, c'est le système de démarrage, absurde. Il faut enfoncer une fausse clé en plastique dans une fente en biais non éclairée la nuit, en la mettant dans le bon sens. Nous défions quinconque d'y parvenir en moins de trois ou quatre fois. Totalement irritant!

Petit moteur alerte, sans plus

Le nouveau diesel de 90 chevaux n'est pas un foudre de guerre. Les accélérations sont assez poussives au démarrage. Mais, après, ça s'arrange. Dès que le compte-tours s'envole, la mécanique devient même plutôt vive. En tous cas, elle ne perd jamais de sa docilité ni de sa douceur. En revanche, les reprises ne sont pas terribles. Il ne faut jamais hésiter à rétrograder pour relancer le petit moteur, tant les rapports supérieurs sont longs - pour moins consommer. Il n'y a rien là de désagréable puisque la boîte de vitesses est précise, juste un peu dure comme sur les Mini traditionnelles. Et l'embrayage se révèle bien plus plaisant que... sur les BMW. En tous cas, cette Mini ne donne jamais l'impression d'être sous-motorisée et elle se débrouille très bien sur petite route, même sur autoroute, mais le niveau sonore oblige à monter fortement le son du système audio ! Seule vraie fausse note (grave) : on confond trop facilement première et marche arrière ! Ca nous est arrivé plusieurs fois ! Si le bilan mécanique reste positif, même avec cette petite motorisation, nous serons plus sévères pour la consommation. Plus de 8 litres aux cents (avec peu de parcours urbains), ce n'est pas vraiment économique !

Train avant un peu flou

La maniabilité reste sympathique, tout comme l'agilité. Et, franchement, c'est plaisant... Dans certaines limites, cependant. Cette version à deux roues motrices n'est certes jamais dangereuse, mais le train avant n'accroche pas autant qu'on le souhaiterait sur route sinueuse et mouillée. Comme si l'élévation du centre de gravité le rendait un peu flou. Et, malgré la puissance modeste, la motricité sur sol gras n'a rien d'extraordinaire. On perd nettement en précision par rapport à la Mini deux portes. Nous avions gardé un bien meilleur souvenir de la Countryman à quatre roues motrices, essayée l'an dernier, qui virait beaucoup mieux. Le freinage ne donne pas non plus l'impression d'être extrêmement puissant. Nous n'en avons pas moins pris du plaisir à conduire cet engin. Mais on ne retrouve pas la tenue de route millimétrique des Mini plus basses.

Confort satisfaisant

Talon d'Achille des Mini historiques, le confort... se montre ici satisfaisant. Ca reste typé ferme, mais, même sur une chaussée en mauvais état, on n'est jamais secoués. La version à quatre roues motrices nous avait paru plus dure. Voilà enfin une Mini (relativement) douce aux vertèbres. Ca, c'est nouveau.

Personnalité

Oui, d'accord, c'est irrationnel. Mais nous avons succombé au pouvoir de séduction de cette voiture à l'atmosphère envoûtante, qui rappelle tant la vieille Mini, les défauts en moins. De la personnalité à revendre. Ca change des Opel-Renault-Kia-Toyota-Ford plus ou moins interchangeables. Il n'y a que la Fiat 500 qui soit vraiment comparable. Oui, on aime passionnément.

Prix très élevés

Mais BMW sait tirer profit des charmes de ses Mini. Certes, une Mini, c'est exclusif. Et l'actionnaire munichois n'est pas réputé pour brader sa production. Mais, là, franchement, d'un point de vue purement rationnel, c'est très onéreux. Même s'il est difficile de comparer la Countryman avec des concurrentes qui, en fait, n'existent pas. Notre version One D de base est à 22.750 euros. Une Countryman Cooper D (112 chevaux) avec une transmission aux quatre roues se monte à 26.950 euros ! Tout cela pour une voiture de 4,10 mètres seulement... Hors innombrables options et packs. Bref, pour les riches. La bonne note de 14,5 sur 20 que nous donnons est très subjective, avouons-le !

Prix du modèle d'essai : Mini Countryman One D : 22.750 euros
Puissance du moteur : 90 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,10 mètres (long) x 1,79 (large) x 1,56 (haut)
Qualités : lignes charmeuses, ambiance intérieure inimitable, agrément de conduite, confort acceptable, bonne position de conduite, ensemble moteur-boîte sympathique....
Défauts : ...mais pas très sobre, première vitesse qui se confond avec la marche arrière, train avant un peu léger, niveau sonore, démarrage exaspérant, tarif élevé
Concurrentes : Citroën C3 Picasso 1,6 HDi 90 Confort : 19.650 euros ; Nissan Juke 1,5 dCi Acenta : 19.990 euros ; Toyota Urban Cruiser D-4D Life: 21.500 euros

Note : 14,5 sur 20

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Commentaires
a écrit le 03/10/2011 à 13:48 :
Subjectif est un qualificatif des plus justes pour ce type de jouet.
a écrit le 02/10/2011 à 23:04 :
chère et moche.
Réponse de le 03/10/2011 à 9:02 :
Un jaloux? Allez conduire une Mini et revenait nous voir ensuite...
Réponse de le 05/02/2013 à 16:46 :
Oh que vous avez raison!!! que des jaloux....j'ai une mini "normale" et rève d'une "country".
Ce n'est pas une voiture mais un objet rare et extraordinairement agréable à conduire au quotidien, un jouet pour grand!! Laissez vous donc séduire au lieu de critiquer.

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