Renault ne va pas signer sa montée au capital du russe Lada avant mai

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La date a été encore reportée. Le 4 avril, Avtovaz (Lada), le constructeur russe dont Renault détient 25 % des parts, inaugurera la nouvelle chaîne des véhicules sur base de Dacia Logan. Mais Vladimir Poutine ne veut pas parapher l'accord sur l'augmentation de la participation du français avant d'être intronisé président.

La date a été encore reportée, au gram dam de l'Alliance Renault-Nissan! Carlos Ghosn, double PDG, devrait maintenant signer l'accord tant attendu pour prendre 50 % et une action du constructeur automobile russe Avtovaz (Lada) en... mai ou juin. L'accord aurait dû initialement être paraphé en fin d'année dernière. On a ensuite évoqué le mois de mars, puis précisément fixé la date du 28 et enfin celle du 4 avril. A cause des élections en Russie. Mais Vladimir Poutine vient de faire savoir qu'il voulait signer en tant que président de la République, selon nos informations. Or, l'actuel Premier ministre ne sera de retour au Kremlin que le 7 mai prochain, d'après le quotidien RBK-Daily. Chez Renault, on assure toutefois que les parties "sont d'accord sur tout". Les reports successifs ne correspondent qu'aux arcanes parfois impénétrables d'un calendrier politique byzantin. 

La firme au losange détient aujourd'hui 25 % du fabricant des Lada, selon un premier accord de février 2008. Mais son partenaire Nissan devrait aussi entrer dans le capital du constructeur. Renault restera néanmoins majoritaire au sein d'Avtovaz. Le français pourrait passer à environ 35 % tandis que le japonais acquerrait 15 % des parts. Le chef de file demeura le groupe automobile de Boulogne-Billancourt.

400 millions d'euros d'investissements

Le 4 avril, néanmoins, Vladimir Poutine, en tant que Premier ministre, doit bel et bien inaugurer la nouvelle chaîne d'assemblage du premier constructeur local Avtovaz à Togliatti (un millier de kilomètres au sud-est de Moscou), capable de produire des modèles sur plate-forme Renault. Fort du soutien du groupe français,  le constructeur des bords de la Volga va fabriquer des modèles sur la fameuse plate-forme "B zéro" (celle à bas coûts des Dacia Logan, mais aussi des Sandero, Duster, Lodgy). La chaîne flambant neuve, installée à l'aide des ingénieurs de Renault, a d'ailleurs déjà commencé à assembler le break Logan restylé et vendu sous le nom de Lada Largus. D'autres modèles suivront, y compris sous le label Nissan fin 2012 et Renault en 2013. Investissement pour cette plate-forme : 400 millions d'euros.

Ambitions à l'export

Avtovaz a d'ailleurs de grandes ambitions. Le russe veut pénétrer notamment les marchés d'Amérique latine, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, a indiqué mardi dernier son président, Igor Komarov, cité par l'agence Itar-Tass. Avtovaz écoule aujourd'hui ses véhicules en Russie et dans les pays de l'ex-URSS. Ce serait un grand retour. Dans les années 70 et 80, le constructeur automobile exportait en effet vers le Moyen-Orient, l'Amérique du sud (le Chili notamment) et même vers l'Europe occidentale. Il remportait alors un succès certain avec ses véhicules à bas coûts dérivés de la... berline Fiat 124 de 1966.

Mais, la piètre fiabilité de ces modèles, le marasme dans l'entreprise qui a suivi la chute du communisme et l'arrivée des modèles coréens à la qualité supérieure ont sonné le glas des ses exportations à la fin des années 90. Grâce notamment aux modèles développés sur la base des Dacia Logan, mais aussi à l'amélioration de la fiabilité des autres produits Lada comme la petite Kalina ou la nouvelle Granta concoctée avec l'aide de Renault, un renouveau de l'export devient possible.

L'Alliance, troisième constructeur mondial

Avtovaz a vendu 575.000 véhicules l'an dernier (contre 523.000 l'année précédente et 354.000 en 2009). La firme demeure toutefois loin des 640.000 ventes de 2008, avant la crise. Avtovaz est redevenu bénéficiaire en 2010, après une perte de 1,2 milliard d'euros en 2009. La consolidation des ventes d'Avtovaz dans celles de l'Alliance Renault-Nissan propulse l'ensemble franco-japonais au troisième rang de l'industrie automobile mondiale. Les deux alliés ont vendu, en intégrant Avtovaz, plus de 8 millions d'unités en 2011, doublant Toyota et talonnant Volkswagen.

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